Il a utilisé cette expression contre les élues démocrates Jasmine Crockett, Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib, Maxine Waters et Ilhan Omar, une députée originaire de Somalie, pays dont les habitants ont été qualifiés par Donald Trump de «personnes à faible QI» en général.
Le président américain s'en est aussi pris au représentant démocrate Al Green, au maire afro-américain de Chicago Brandon Johnson ou au podcasteur noir Charlamagne tha God.
Des personnalités blanches ont aussi fait les frais de ces attaques mais plus rarement, ainsi le commentateur de droite radicale Tucker Carlson ou Marjorie Taylor Greene, ancienne trumpiste devenue féroce critique du président républicain.
En visant surtout des Afro-américains ou des Américains d'origine hispanique, africaine ou arabe, le dirigeant use d'un «langage codé raciste qui a une longue histoire aux Etats-Unis», explique à l'AFP Karrin Vasby Anderson, professeure de communication à la Colorado State University.
Pseudo-sciences
«Pendant l'ère coloniale, les élites masculines blanches partaient du principe qu'elles avaient une supériorité cognitive sur les femmes et les personnes de couleur, et qu'elles étaient donc destinées, par Dieu, à commander», poursuit-elle.
Cette idéologie raciste se nourrit de théories pseudo-scientifiques aujourd'hui largement démenties par les chercheurs. Parmi elles, la phrénologie, en vogue au XIXème siècle, qui associait forme du crâne et facultés intellectuelles pour conclure, notamment, que les personnes noires avaient pour des raisons biologiques une intelligence moindre.
Un livre publié en 1994, «The Bell Curve», est aussi considéré comme très influent parmi les suprémacistes blancs. Cet ouvrage, dont les conclusions ont été réfutées par la communauté scientifique, soutient que les différences de quotient intellectuel entre groupes sont en partie d'origine héréditaire.
Indicateur «faible»
Les chercheurs rejettent l'idée d'une origine purement génétique de l'intelligence, et nombre d'entre eux appellent à manier avec prudence la notion même de QI.
«Demander quel pourcentage, dans les différences entre individus, est héréditaire et quel pourcentage est dû à l'environnement, c'est mal poser la question. Les deux interagissent constamment», explique à l'AFP Robert Sternberg, professeur de psychologie à l'université Cornell.
«Le QI a une certaine pertinence. Il mesure la pensée abstraite et analytique et certaines formes de savoir», ajoute l'universitaire, pour qui il s'agit toutefois d'un indicateur «faible» qui ne devrait pas être «mis sur un piédestal».
«Si l'on s'attache à ce qui explique la réussite des gens dans leurs vies (...), alors l'intelligence sociale et pratique sont très importantes. La créativité est vraiment importante», tout comme la «sagesse», conclut le professeur.
Certains adversaires de Donald Trump ont réagi en mettant en doute les capacités intellectuelles du président. Hakeem Jeffries, chef de file des démocrates à la Chambre des représentants, a lui aussi été décrit par le républicain comme une personne au «faible QI».
«Ce qui est tellement ironique là-dedans, c'est que Donald Trump est clairement la personne la plus bête à avoir jamais occupé le 1600 Pennsylvania Avenue», l'adresse de la Maison Blanche à Washington, a répliqué l'élu afro-américain.
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