Tunisie : Qui succèdera à Béji Caïd Essebsi ?

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Le président de la Tunisie est mort à la fin du mois de juillet 2019 et l’élection, initialement prévue en novembre 2019, a été avancée au 15 septembre dernier. Sept millions de Tunisiens ont été appelés aux urnes. Au choix : 26 candidats. Deux d’entre eux se sont désistés. Selon les résultats préliminaires du premier tour, l’universitaire conservateur sans parti Kais Saied arrive en tête devant l’homme d’affaires toujours en prison, Nabil Karoun.

Kais Saied contre Nabil Karoui, ce sera  donc l’affiche du second tour de la présidentielle en Tunisie. Le candidat ultra-conservateur est arrivé en tête devant le magnat de la presse et de la publicité, emprisonné depuis le 23 août 2019. Les résultats officiels ont été publiés le mardi dernier.

Avec 18,4 %, Kais Saied est l’invité surprise de la présidentielle en Tunisie. Ce score lui permet d’être en tête du premier tour. Il aura face lui Nabil Karoui qui récolte 15,6 % des voix. Le candidat Ennahdha est éliminé en prenant la troisième place (12,9%).

Ce premier tour marqué aussi par une très faible participation : 42% des électeurs se sont rendus aux urnes.

Les électeurs tunisiens auront donc le choix entre, d’un côté, un constitutionnaliste austère habitué des médias mais novice en politique. Pour sa campagne, Kais Saied a misé sur la proximité, parcourant le pays pour aller à la rencontre des gens. Son programme est, sur les questions sociétales, extrêmement conservateur. Celui que l’on surnomme “Robocop” est contre la dépénalisation de l’homosexualité ou encore contre l’égalité dans l’héritage. Il refuse également l’abolition de la peine de mort.

De l’autre côté, un magnat des médias et de la publicité. Nabil Karoui. Flamboyant chef d’entreprise, Nabil Karoui a créé le groupe privé Nessma TV. Lui aussi, et bien avant le lancement de la courte campagne électorale, a joué la proximité. Depuis trois ans, il s’est lancé dans l’aide aux plus démunis. Particularité, et non des moindres, Karoui a fait campagne en prison. Depuis le 23 août 2019, il est incarcéré après une inculpation pour “blanchiment d’argent” présumé.

En fonction des recours, le second tour pourrait être organisé le 6 octobre prochain, le même jour que les législatives, ou le 13 octobre 2019.

MS

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