AGUELHOC : Difficile cohabitation entre les habitants et le contingent tchadien de la MINUSMA

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 Les ressortissants de la localitéexigent à la mission onusienne, la délocalisation, sans délai de son camp.

Pour informer l’opinion nationale et internationale sur la situation difficile qui prévaut à Aguelhoc par la proximité du camp du contingent tchadien de la Minusma avec les habitations située à moins de 200 mètres, avec ses corollaires à chaque attaque, le Collectif des ressortissants d’Aguelhoc a tenu le vendredi 18 juin dernier, à l’hôtel olympe, une conférence de presse. Les responsables du collectif demandent à la Minusma de délocaliser son camp sans délai loin des habitations. Car ils estiment que la vie de leurs frères et sœurs sont en danger. La conférence était animée conjointement par Dada Ag Agaly, président du Collectif, Malick Ag Elymit et Mohamed Ag Biga, tous membres dudit collectif.

A cette occasion, le Collectif,  à travers son président a rendu une pensée particulière à Attiyoub Ag Alhousseini, Aklil Ag Issouf, Baye Ag Aklil capturés par le contingent tchadien de la Minusma et exécutés au sein même de leur camps à l’attaque du camp UN le 02 Avril dernier. Ainsi qu’à Almoustapha Ag Intisniekene capturé et exécuté devant son fils et son neveu à Marat en mai 2016 par le contingent tchadien de la Minusma, alors qu’il était derrière son troupeau. Le Collectif  réclame la justice pour ces victimes, qu’il considère comme des innocents.

Le Collectif, dans sa déclaration, précisera, qu’à chaque attaque les civils sont pris entre les feux et subissent les représailles des casques bleus (exécutions, arrestations arbitraires, intimidations, tout le monde est accusé de terrorisme, démolitions des habitations jugés trop encombrant).

La dernière attaque du 02 avril a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, avec son lot de représailles.N’en pouvant plus de tout ça, la population a quitté la ville en exigeant pour la énième fois la délocalisation du camp, a expliqué le président du collectif.

Selon Dada Ag Agaly, cette cohabitation n’est plus possible. « La Minusma a été saisie par tous les canaux possibles pour trouver une solution urgente, afin que les populations regagnent leurs domiciles, jusqu’à la aucune réponse rassurante », a déploré le président du Collectif.

« Le représentant spécial du SG de l’ONU, chef de la Minusma Elghassim Ouane s’est rendu sur place le 17 mai 2021. Pendant sa visite il a rencontré les autorités locales, la société civile qui lui ont tous demandé de délocaliser le camp, loin des habitations. Mais, à la grande surprise, de retour ici à Bamako dans un 1er communiqué le chef de la Minusma a estimé que la délocalisation du camp était complexe, ce qui a choqué les populations d’Aguelhok, vu le calvaire qu’elles vivent, qui n’ont pas arrêté de manifester leur mécontentement. M. Ouane ne s’est pas soucié de ces familles déplacées en comparant leur vie à un coût financier, alors que ce camp n’est fait que de préfabriqués. Il est allé plus loin jusqu’à qualifier les déplacées de manipulateurs de et complices de terroristes : « les déplacements sont le fait de manipulations et de menaces émanant d’ennemis de la paix…. » a t-il dit.

Aucune réponse satisfaisante n’a été donnée jusqu’à la », a regretté le président du Collectif. Toutefois, « nous demandons une fois de plus à la Minusma de délocaliser son camp, car la survie de notre ville en dépend. Nous interpelons le gouvernement de la transition à prendre les mesures nécessaires pour que nos frères et sœurs soient dans leurs droits en demandant à la Minusma de délocaliser son camp. Nous ne sommes pas contre la présence de la Minusma, mais nous lui demandons de rester dans la logique de son mandat qui est le maintien de la paix et la protection des civils en zone de guerre », a exigé Dada Ag Agaly. Avant de remercier leurs frères et sœurs de kidal, TinAoukart et Tessalit qui se sont levés pour  soutenir  le Collectif dans cette légitime lutte.

AMTouré

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