Crise au Nord du Mali : Et si les jeunes de kidal aussi haussaient le ton !

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Au moment où à Bamako, les leaders s’adonnent à des actes de vandalisme, aux injures publiques graves, à l’agression systématique sur la personne du Président de la République intérimaire ; les trois importantes villes du Nord Tombouctou, Gao et Kidal quant à elles  restent à la merci des Djihadistes d’Ansar Dine qui les font vivre les plus durs moments de leur existence.

 

Loin de céder à la fatalité, des jeunes des régions de Gao et de Tombouctou décident de relever le défi, les mains nues.

Après le putsch du 22 Mars 2012, une psychose indescriptible s’installe au Nord Mali. Les forces de l’ordre et les autorités administratives vont plier bagages le plus rapidement possible pour sauver leur vie. Les intégristes islamistes, assaillants du jour vont s’installer confortablement dans les locaux administratifs. Dans leur souci d’appliquer la charia, ils vont se lancer à des actes ignobles comme la profanation du mausolée de la ville avant de vandaliser le Centre Universitaire Ahmed Baba de Tombouctou où étaient conservés les plus importants documents considérés comme la mémoire du pays et  à ce titre classé patrimoine mondial par l’UNESCO. A Gao, le tombeau des Askia, un lieu saint, a été visité. Dans leur radia suivront d’autres faits gravissimes dont la mise en sac de l’église, le pillage  des magasins, des bras coupés pour  flagrant délit de vol, sans compter les  scènes quotidiennes d’enlèvement de femmes, des filles, de viols  collectifs.

Après avoir commis tous ces crimes, aujourd’hui Ansar Dine ordonne à la population les règles de conduite selon leur fantaisie.  Les dames ne doivent pas porter de pantalon, ni de mini-jupe. Elles doivent porter des robes couvrant le cou jusqu’au pied. Leur tête, visage et poignet de main doivent être couverts. Quant aux jeunes garçons, le port de pantalon Jean ou d’habits sexy est formellement interdit. Ils doivent s’habiller en grand boubou, la tête enturbanné, chapelet en main.   Il est interdit à des jeunes garçons de se promener en compagnie des jeunes filles dans la rue. Les jeunes se sont vus empêcher d’organiser des soirées dansantes modernes, de boire de boisson alcoolisée. D’ailleurs les hôtels et bars sont restés fermés. Il ne leur est pas permis aussi de jouer au ballon ou de pratiquer tout autre sport sauf autrement indiqué par les maîtres des lieux.

Face à ses contraintes, les jeunes de Tombouctou et de Gao se sont organisés et formés un front uni pour dire non et non à ces pratiques contraires à l’idéologie d’un pays laïc comme le Mali. Ils ont fait une démonstration de force. Enervés, indignés,  ils ont mené une marche pour manifester leur colère et leur indignation en bradant des banderoles sur lesquelles on peut lire des slogans hostiles aux intégristes avec des jets de cailloux. Ces manifestations ont contraints les insurgés à mettre un peu de l’eau dans leur vin, à faire acte de retenu au risque de se voir bouter hors du territoire par ces jeunes décidés de ne pas se laisser faire.

Un appel pressant est lancé aux  jeunes de Kidal pour qu’à leur tour, ils suivent  le même pas que ceux de Tombouctou et Gao dans le but de mettre à l’abri la population contre les exactions faites par ces insurgés sans loi, ni foi. Ainsi, face à la force de tous ces jeunes, ces islamistes pourraient être obligés d’abandonner les lieux illégalement occupés pour certainement  aller planter leurs choux  sous d’autres cieux, comme ils savent bien le faire. Le Mali reste un pays laïc, envers et contre tout en restant un et indivisible.

Youssouf Guiré

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