Mise en œuvre de l’Accord : Vers une nouvelle dynamique

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La session du Comité de suivi, tenue hier, a salué les avancées notables enregistrées, notamment dans le cadre du DDR qui touchera plus de 26.000 ex-combattants

Le Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger (CSA) a tenu, hier au siège de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), sa 45è session ordinaire. L’ouverture des travaux a été présidée par le tout nouveau président du CSA, par ailleurs envoyé spécial de l’Algérie pour le Sahel et l’Afrique, Delmi Boudjemaa, en présence du ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué.

L’on notait également la présence du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Mali et chef de la Minusma, El-Ghassim Wane, du Haut représentant du président de la Transition pour la mise en œuvre de l’Accord, Inhaye Ag Mohamed, des représentants des mouvements signataires ainsi que ceux de la communauté internationale.

Cette session intervient quelques jours après la reprise du processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) à Gao, Kidal et Ménaka. Dans ses propos liminaires, le président du CSA a rappelé que l’Accord a produit des effets positifs en termes de restauration de la paix et depréservation de la sécurité. Cependant, pour Delmi Boudjemaa, il reste beaucoup à faire pour une mise en œuvre ordonnée et équilibrée de ses quatre piliers. Le diplomate algérien a ensuite précisé que, dans le cadre de la mise en œuvre du document, le Comité doit tout faire pour préserver l’unité du Mali, sa souveraineté et son intégrité territoriale. Mais aussi pour respecter «le choix de son peuple souverain».

Demandant l’aide de ses proches collaborateurs pour mener à bien sa mission, le président du CSA a félicité son prédécesseur, Boualem Chébihi, pour le travail abattu.

Au terme des travaux, tenus à huis clos, Delmi Boudjemaa s’est réjoui de l’ouverture d’esprit qui a prévalu au cours des échanges. Mais aussi des engagements qui ont été pris par des parties signataires de l’Accord. «Je crois que le sentiment qui a prévalu dans cette salle est à la fois celui de satisfaction et d’optimisme», a exprimé le diplomate algérien qui a signalé que la communication faite par le ministre Ismaël Wagué lors de la réunion a été bien accueillie par les membres du CSA. Ces derniers ont pu toucher du doigt «des avancées notables et des acquis du processus».«Je pense que nous avançons lentement, mais sûrement. Tout le monde est convaincu que l’Accord est en train d’être mis en œuvre de manière ordonnée et équilibrée », s’est félicité Delmi Boudjemaa. Qui reste optimiste que d’ici la prochaine réunion, d’autres progrès vont être enregistrés au bénéfice des populations, toutes tendances et régions confondues.

DÉBATS FRANCS ET SINCÈRES- Au cours de cette rencontre, le Comité de suivi et la médiation internationale ont promis de faire en sorte que les progrès qui ont été réalisés jusque-là, puissent être renforcés et consolidés par d’autres engagements et réalisations. S’agissant de ses priorités dans l’application du texte, le président du CSA n’est pas allé par quatre chemins : c’est sa mise en œuvre dans tout son dispositif. Pour cela, le Comité a l’ambition d’accompagner ce qui est décidé par des signataires de l’Accord. L’objectif étant de n’imposer quoi que ce soit, mais, de faire en sorte que ce qui est décidé par les signataires, puisse se réaliser.

La partie gouvernementale s’est dite également satisfaite de la tenue de cette session au cours de laquelle les débats ont été «francs» et « sincères ».

Concernant les acquis de l’Accord, le secrétaire général du ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale a indiqué qu’aujourd’hui, le processus de DDR a atteint 26.000 combattants, dont 13.000 «déjà prêts».

D’après Sidi Camara, l’autre moitié sera gérée «au niveau décisionnel». Sur le plan du développement, il a annoncé le lancement imminent de 16 projets des collectivités territoriales avec un coût d’environ 38,4 milliards de Fcfa. Réaffirmant la volonté politique des autorités de la Transition de mettre en œuvre le document, le représentant du ministère en charge de la Réconciliation a assuré que les difficultés, qui existent, seront surmontées.

Pour sa part, le président sortant du CSA a demandé de préserver les acquis de l’Accord et les rendre irréversibles. Mais également de les parachever. Soulignant la complexité de l’environnement dans lequel le texte est mis en œuvre, Boualem Chébihi a estimé que la Transition offre une excellente opportunité pour avancer dans le processus de manière irréversible. Il a enfin encouragé les parties à rester «soudées» autour de la mise en œuvre de l’Accord.

Bembablin DOUMBIA

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1 commentaire

  1. Cet Accord ne peut pas être appliqué tel qu’il est. Car il n’a pas été réellement négocié pour rétablir la paix; il a plutôt été imposé par la France pour diviser notre pays et piller nos ressources naturelles. Nous l’avons dit et nous le répétons. Le peuple Malien ne laissera pas 1cm carré de son territoire entre les mains des terroristes et narcotrafiquants de Kidal manipulés par les autorités françaises pour atteindre leurs objectifs dans le Sahel.
    Certes il faut préserver les acquis, s’il y’en a un, bien sûr, mais nous n’accepterons jamais la partition de notre pays déguisée entre les lignes d’un accord. Tout gouvernement Malien qui emprunterait cette voie sous le dictat de je ne sais qui court à sa propre perte.

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