Visite de Manuel Valls à Bamako : «Négocier avec les jihadistes, c’est trahir les signataires de l’accord»

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Le Mali et la France font face à un ennemi commun, le terrorisme
Manuel Valls, Tiéman Hubert Coulibaly et Jean-Yves le Drian à Gao (Crédit AFP

Le Premier ministre français Manuel Valls était en visite de deux jours au Mali (les 18 et 19 février 2016),  au cours de laquelle, il a été question essentiellement de défense, de sécurité et de développement économique. Après le cérémonial d’accueil, les deux chefs de gouvernement sont montés au Palais présidentiel de Koulouba où les attendait le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita.

C’est à 19h35 que l’avion du chef du gouvernement français s’est posé sur le tarmac de l’Aéroport international Modibo Kéïta Sénou. Il a été accueilli par son homologue Modibo Kéïta, en présence d’autres membres du gouvernement. Avec IBK, à Koulouba, il a été question de lutte contre le terrorisme, le renforcement des relations entre le Mali et la France dans les domaines économiques. Ils ont aussi parlé du Sommet Afrique-France que le Mali abritera en 2017.

Plus de 7000 Français vivent au Mali. Manuel Valls  en a profité pour rencontrer certains d’entre eux afin de discuter de l’état d’urgence en France ; de la révision constitutionnelle et de la protection des Français partout dans le monde.

La dernière étape de cette visite était Gao où il a rendu visite aux commandements des différentes forces  en place. Là, à propos de la lutte anti-terroriste, Manuel Valls dira que c’est un combat à mener dans la durée car cela peut prendre des années, voire une génération.
S’adressant aux troupes françaises stationnées au Mali, Manuel Valls était déterminé. Le symbole de cette détermination a porté sur Iyad Ag Ghali, le patron du groupe Ansar Eddine. Pour M. Valls, Iyad est un ennemi de la paix car il est, selon lui, la cible N°2 de Barkhane ; Moctar Belmoktar étant la cible N°1. La fermeté du Premier ministre français s’explique par le fait qu’il y a 9 mois que l’accord pour la paix a été signé et pour les Français, sa mise en œuvre devait se dérouler normalement. Ils sont (les Français) comme argument le début du processus de  cantonnement des groupes armés du Nord. C’est pourquoi Manuel Valls ne veut pas de négociation avec les jihadistes, car, selon lui, ce serait trahir ceux qui ont signé les accords d’Alger.

Au terme de cette visite, le Premier ministre français, qui dit bien connaître IBK, pense qu’il est sincère dans sa volonté de faire la paix avec les groupes armés au Nord du Mali. Pour le chef du gouvernement français, le processus de réconciliation est en train de s’accélérer. Il pense aussi que malgré les deux attentats de l’année dernière à Bamako, la menace jihadiste recule globalement au Mali. «Le Mali pourra bien organiser en janvier 2017 le Sommet Afrique-France, quatre ans après l’Opération Serval : un magnifique symbole», dira-t-il. Manuel Valls a fait un pari sur l’avenir : la France veut devenir le premier partenaire économique du Mali cette année. Pendant ce voyage,  certains ministres maliens ont eu des grades, tout comme le Premier ministre. Et IBK a aussi participé au dîner offert par le Premier ministre malien à son homologue français.

Kassim TRAORE

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