Après sa tournée en France et aux USA : Amkoullel ouvre une structure de production

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Cela fait quelques jours que le jeune rappeur malien, Amkoullel, est de  retour d’une longue tournée qui l’a conduit en France, Angleterre et USA.  A peine revenu à Bamako, il ouvre sa propre structure de production  pour venir en aide aux jeunes musiciens en leur facilitant la production et l’enregistrement de leurs albums. 

C’est un Amkoullel  très décontracté et souriant qui nous a rendu visite, le vendredi dernier, 22 juillet 2011. Histoire de faire le bilan de sa tournée qui a commencé par  les Etats Unis où il s’est produit dans le Connecticut à  New Jersey,  puis  à UCLA  et à Los Angeles. Il était invité par l’université d’UCLA. Il a terminé par New York où il a donné quelques concerts à Brooklyn, Harlem  et dans le Bronx.

Après cette première étape aux USA, il était revenu à Bamako avant de partir pour le périple britannique et français. En France, il n’a pas animé de concert, il a juste rencontré des promoteurs de spectacle, des structures de communication et des médias  qui évoluent dans le domaine de la culture. 
Amkoullel a fait trois dates à Londres et une autre à Liverpool,  au festival Africa Hoyé. C’est après tout cela qu’il est venu créer, au Mali, sa propre structure de production, dénommée Barka prod. Dans cette structure, il y a un studio d’enregistrement, de montage de clip. Ce n’est pas tout, précise-t-il en ces termes : ”Je fais également de la vidéo. Il y a longtemps que des jeunes viennent me voir, des petits, pour que je puisse faire leur production. Je leur  expliquais  que je ne pouvais pas parce je n’avais pas encore de studio.  Mieux je m’occupais de ma propre carrière. Là maintenant, Dieu merci, j’ai pu acheter du matériel que j’ai ramené de la France. J’ai loué un coin, j’ai mis les matériels là-bas, j’ai commencé à faire des sons et des vidéos  ”.

C’est Amkoullel qui a fait le clip du titre ”Ankoubougnéna” de Tata Pound  tiré de leur dernier album, ainsi que ”Lékéssé”  qui sera mis uniquement sur internet  ”parce que les paroles étant trop engagées, ça ne passera pas à la télé”, dit-il. Aujourd’hui, la force d’Amkoullel,  c’est aussi ces spectacles en live. Une idée qu’il a eu quand il travaillait avec Cheick Tidiane Seck. Ça lui a permis d’être sollicité car ces textes et paroles ne concernent pas que le Mali. Il parle du Mali, mais son souhait est que les Maliens parlent du Mali aux autres en s’ouvrant au monde. Ça peut permettre aux jeunes rappeurs de faire des tournées. En effet, Amkoullel se livre sans détour : ”Avant, je jouais avec un DJ, avec  Cheick Tidiane Seck. J’ai pris goût à la prestation en live. J’ai profité de son savoir-faire et sa générosité,  à savoir comment être avec des musiciens sur scène. Maintenant, j’essaye d’adapter ça au hip hop. Parce que je pense que la prochaine étape c’est ça, pour que le hip hop malien puisse s’exporter, s’internationaliser.

C’est surtout ce côté live qui m’a permis d’avoir des dates à l’étranger. Avant je faisais quelques concerts avec l’accompagnement d’un DJ, mais ça n’a pas la même ampleur. Maintenant, je suis à un niveau tel que les professionnels de la musique respectent mon travail. Cela m’a permis de participer au festival au désert. Une première pour un rappeur malien. Ça veut dire que le hip hop est la bienvenue partout. Maintenant ça dépend de la manière dont ça se fait. Seulement, il faut dire que la présence des instruments traditionnels est très importante”.   A la suite de ses tournées, Amkoullel s’est rendu compte que la musique malienne est très admirée en dehors de nos frontières.

Son souhait est que ce respect soit ressenti sur place au Mali, jusqu’au niveau du ministère de la Culture. " Je parle des rappeurs qui ne sont pas pris en compte dans les activités organisées par le ministère de la Culture. Nous ne bénéficions pas d’aide, ni de subvention à la création. Maintenant,  peut être qu’ils aident les autres domaines de la culture, mais aussi on a besoin de soutien, et qu’on mette en place des systèmes pour que les artistes puissent vivre de leur art. Notamment par le respect des droits d’auteurs, tout ce qui est redevance  radio et télé. Il faut que nos œuvres soient protégées pace que c’est ce qui nous permet de vivre. Sinon, tous les grands artistes vont s’installer à l’étranger. Au Mali, ils ne feront des concerts que tous les 6 mois”.
Kassim TRAORE

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