Ce Que Je Pense… Les leçons à tirer de la fin tragique d’ATT

25 Avr 2012 - 00:01
Mis à jour: 14 ans
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Pendant que la scène politico-sociale est en ébullition et que beaucoup d’acteurs et autres observateurs de l’échiquier politique malien semble s’accorder sur le fait qu’il faille donner la priorité à la construction du futur, je pense que tirer les leçons de la débandade rocambolesque d’ATT pourrait permettre à nos futurs dirigeants de ne pas commettre les mêmes erreurs absurdes qu’à commis celui qui aurait creusé sa propre tombe avec ses  copains de conseillers, de super Ministres et autres députés sans scrupules ni vergognes. Certains spécialistes de la scène politique africaine se sont posés la question et continueront à le faire pour très longtemps : « Pourquoi un coup d’Etat alors qu’ATT s’apprêtait à passer le témoin à un nouveau Président ». Ils ont pu penser que les putschistes auraient mieux fait d’attendre tout simplement l’élection d’un nouveau Président qui allait prendre le problème du Nord-Mali à bras le corps. Hélas !  Cela n’a pas du tout été le cas. Pour pouvoir mieux appréhender les tenants et les aboutissants des événements du mercredi 22 mars 2012, jour du coup de force perpétré contre le pouvoir d’ATT, il faut une rétrospective dans le contexte d’élection et de l’acheminement du 1er et 2e mandat du Président déchu. ATT élu en 2002 avec beaucoup d’espoir du peuple malien Rares son les hommes politiques en Afrique qui auraient connu un début de carrière identique à celui d’ATT. Cet officier des commandos parachutistes qui a été à l’avant poste du mouvement insurrectionnel de mars 1991, a pu faire à l’époque ce que beaucoup ont qualifié d’exploit. « Faire un coup d’Etat, en libérant le peuple des griffes d’un dictateur, organisé l’élection d’un nouveau Président dans la transparence, et transmettre le pouvoir au Président élu ». Durant les 10 années qu’auraient duré les mandats d’Alpha Oumar Konaré, ATT n’est pas resté de tout repos. Il s’est investi, avec l’apport de l’ex-Président américain Jimmy Carter, dans la lutte contre la draconculose et autres maladies tropicales liées à la pauvreté. Ainsi, il acquit une popularité à nulle autre pareille dans l’opinion publique malienne notamment auprès des enfants qu’il avait pris l’habitude d’appeler « ses amis ». Après la chute spectaculaire du Général Moussa Traoré, nombreux étaient les maliens qui pensaient que l’instauration de la démocratie allait tout régler. Jusqu’à ce qu’un ex-Ministre de la République a pu dire dans un de ses ouvrages : « Les maliens doivent se dire qu’on ne mange pas la politique dans nos plats ». Une façon de dire que la démocratie n’est pas une fin en soi. A l’échéance de l’élection présidentielle de 2002, les maliens se sont presque naturellement tournés vers « le libérateur et bienfaiteur ATT » avec l’espoir qu’il allait rééditer ses exploits entamés depuis mars 1991, mais cette fois-ci sur une plus grande échelle. L’étonnement de la communauté internationale fut grande de voir un homme sans portefeuille politique supplanté tous les partis politiques pour devenir Président de la République. Les premières erreurs d’ATT Sans nul doute que le peuple en élisant ATT en 2002 s’attendait à un changement radical de conditions de vie, mais aussi et surtout à un virage complet quant aux modes  de gestion des affaires publiques. ATT en venant au pouvoir n’a pas voulu comprendre cela. Pour lui, l’essentiel était de donner de nouvelles infrastructures au pays (des routes, ponts, hôpitaux…) au détriment du changement de comportements des dirigeants et dirigés. ATT, un Président mal entouré et mal conseillé L’une des choses qu’ATT n’a jamais su faire durant son mandat et demi, est de bien choisir ses collaborateurs les plus proches. L’incompétence, l’inexpérience, l’affairisme et le non sérieux qui caractérisaient la cohorte de conseillers et autres Chargés de Mission qu’il avait pris le soin maléfique de promouvoir  sautaient aux yeux. S’il est de coutume que les conseillers d’un Chef d’Etat soient des personnalités rompus à la tâche, de très grande influence et surtout indépendantes, capables de dire certaines vérités à qui que ce soit fut-il Président de République sans se soucier de leur poste, ceux qui entouraient ATT faisaient tout sauf leur job. Deux simples observations pour s’en rendre compte : ATT, le Rois des gaffes médiatiques Beaucoup sont les maliens qui se sont demandés si « ATT écoutait ses conseillers en communication ? ». Avec du recul, je pense que la bonne question aurait été de se demander «  s’il avait de bons conseillers en communication ? ». Car, à chaque fois que le premier magistrat du pays, père de la Nation passait sur les antennes de la télévision nationale, le peu de téléspectateurs qui prenaient leur courage à deux mains pour le suivre, étaient systématiquement affublé des propos du genre : « Bè Bi Babolo, N’té fè ka mogo lamaloya… » en d’autres termes « chacun pour soi, Dieu pour tous, je ne veux pas punir les voleurs de deniers publics… ». Même s’il est possible que ces propos traduisent la franchise d’un homme ordinaire, il faut dire qu’il est inacceptable et complètement débile voire stupide qu’ils soient prononcer par un Chef d’Etat dans un contexte de crise mondiale. Le pire dans tout ça, c’est qu’il a fallu que le Président lui-même récole les morceaux de sa gaffe en disant encore pire que la dernière fois. Alors que cela est ordinairement le rôle de l’un de ses nombreux collaborateurs (conseillers ou Ministres). Après tout, c’est à cela que les collaborateurs du Président dans le régime semi-présidentiel servent, c’est-à-dire : « des fusibles ». Autrement dit : « des pions sacrifiables que détient le joueur d’échecs ». ATT, toujours le consensus et le dialogue à n’importe quel prix ATT avait tout à sa disposition pour être un Président de poigne. Un Président qui, s’il le faut, se serait départi de ses proches et amis pour réaliser l’intérêt supérieur de la Nation. Un Président qui aurait pris des mesures révolutionnaires et surtout égales pour tous en matière d’éducation, d’emplois, de réforme de l’armée et surtout de bien être des enfants qu’il avait pris le malin plaisir d’appeler ses « amis ». Il suffit de regarder la multiplications des enfants de la rue et autres petits mendiants sans fortune laissés à eux-mêmes pendant que d’autres super Ministres engloutissent 11 millions de FCFA dans le thé sur l’espace d’1 mois (vérité ou pas tout le Mali a été au courant de cette salle affaire sans qu’un démenti digne de foi ne vienne de quelques autorités que ce soient). Je le dis et je le répète ATT avait tous les avantages du monde pour amorcer une dynamique révolutionnaire qu’aucun Président malien n’avait pu faire jusque là. Tenez-vous bien, Général 4 étoiles, ayant un passé glorieux de mars 1991, un carnet d’adresse garnit, médiateur dans plusieurs conflits de la sous-région et africains, n’ayant pas de contrainte d’appartenance à un parti politique et surtout bénéficiant d’un régime politique et institutionnel qui fait du Président un véritable Roi sans égal pouvant faire toutes les réformes qu’il veut. Il faut se rendre à l’évidence qu’ATT devait avoir moins d’égards pour les consensus et autres dialogues forcés et tirés par les cheveux. Sa folie de consensus était devenue exécrable jusqu’au point de saturer le champ politique national par ses amis et autres alliés politiques qui suscitent le ressenti d’une frange non négligeable de l’opinion nationale. Des partis politiques fantoches et des dizaines de mouvements associatifs crées en son nom ou pour son soutien s’en sont ajoutés aux cocktails explosifs. La conséquence est qu’ATT a cru qu’il était intouchable et toujours populaire  auprès des maliens. ATT et la crise du Nord-Mali : la dernière bêtise La logique aurait voulu qu’un Président Général, qui a pu apaiser beaucoup de situations de conflits dans d’autres pays, disposant d’un Gouvernement bourré d’autres Généraux, ait les moyens et la volonté de faire face à l’éternelle rébellion du Nord de notre pays. Toujours fidèle à sa propension «  au tout dialogue » ATT a pu engendrer ce qu’un Président pourrait craindre le plus dans le monde : « des rumeurs de collision avec l’ennemi national ». Par ailleurs, là où d’autres pays moins fortunés que le notre s’en sont tirés, le Mali a lamentablement échoué. En effet, le Niger et le Tchad ont pu désarmer les ex-alliés de Kadhafi qui ont fuit la Libye après la chute du guide. De surcroit, il ont informé tous les Gouvernements de la sous-région plus précisément le notre, de l’avancée de centaines d’hommes armés jusqu’au dent. Qu’à fait ATT et sa bande de conseillers et Généraux de Ministres ? Dérouler le tapis rouge pour accueillir des gens qui ont pour seul métier « faire la guerre ». Comme si cela ne suffisait pas, ils leur ont offert gracieusement 50 millions de FCFA comme prime d’encouragement pour occuper le Nord-Mali. ATT se prélassait dans son palais pendant que les fils du peuple se faisaient égorger faute de munitions S’il y’a une leçon à retenir par le prochain Président du Mali ce serait : « ne jamais se tenir à l’écart du champ de bataille et ne jamais se taire comme si rien n’était pendant que des fils de la Nation et l’intégrité territoriale sont à mal ». Si le sociologue allemand Max Webber disait : « que les rumeurs peuvent faire tomber le plus puissant des Gouvernements du monde à condition qu’elles persistent et ne soient pas démenti par des preuves convaincantes qui ne sont d’ailleurs pas forcement véridiques », ATT est apparu durant tout son mandat n’avoir aucune cure des rumeurs aussi effrayantes les unes que les autres. Le fait que des épouses de soldats morts sur le champ de bataille soient allées jusqu’ au palais présidentiel pour dire « qu’ATT lui-même est le Chef de la rébellion » laissait présager l’état psycho-social qui régnait à l’époque.  Ajouter à cela celles selon lesquelles les soldats ne mangeraient pas à leur faim, il était sans doute prévisible que ses derniers se mutinent dans le meilleur des cas. En conclusion, le futur Chef d’Etat devrait faire gaffe aux choses suivantes : Ne pas s’entourer de n’importe qui, faire tout pour limiter son cercle d’amis, écouter ses conseillers en communication (s’ils sont bons), s’occuper des problèmes réels de l’heure, être le plus souvent sur le terrain, ne négocier avec personne pendant que l’intégrité du territoire est atteinte et faire usage systématiquement de la force, traquer les leaders de toutes rébellions et les juger comme il se doit, faire pleinement application des prérogatives constitutionnelles qui lui sont réservées notamment les articles 41, 42, ,50… de la Constitution du 25 février 1992. « Après tout le Président reste le Président ! »   Daouda Kinda    

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Commentaires (25)

User
sambou
sambou 14 ans
Se faire entourer "de n'importe qui" CMD est entrain de faire la même erreur en gardant ce monsieur ex-conseiller d'att: des gens qui l'ont induit sans soute dans l'erreur...
Ilandra 14 ans
Excellent article, et excellente citation de Max Webber! Je vous en propose une de Goethe pour completer le tableau: « La majorité se compose d'un petit nombre de meneurs énergiques, de coquins qui s'accommodent, de faibles qui s'assimilent et de la masse qui suit cahin-caha, sans savoir le moins du monde ce qu'elle veut. »
Boune
Boune 14 ans
QUI A DIT QUE LES HOMMES POLITIQUES DU MALI SONT CORROMPUS? MOI JE DIRAI PLUTOT QUE C’EST LE PEUPLE MALIEN QUI EST CORROMPU ET OU CORRUPTEUR ! Les hommes politique d’un pays ne sont que l’image de ce pays. Au Mali, 90% des chefs de famille dépensent plus que leurs salaires chaque mois. Puisque les dépenses en général sont à l’échelle du niveau sociale, le policier vol a l’échelle du policier, le douanier pareil, le militaire pareil. l’élite vole a l’échelle de l’élite ce qui va de soit. Chers compatriotes, Nous voulons que notre classe politique arrête de voler ? 1) Arrêtons de corrompre, le petit policier du carrefour, le douanier de la frontière, le gendarme de la campagne et autres. 2) Nous vivons tous au dessus de nos moyens. Beaucoup de chef de famille gagnant 200.000fca par mois dépensent 500.000, 600.000 voir 1 million chaque mois. Personne ne leur demandera dans leur alentour d’où vient leurs sous ou leur donnera des conseils. Car notre pays on ne fait pas l’éloge d’un homme pour ce qu’il gagne mais on fait son éloge pour ce qu’il dépense. Alors que pour dépenser il faut gagner. Comme chaque malien est gourmand d’éloge (nous sommes aux manding) nous aimons dépenser. Le Mali est un pays de frime, de vanité, et de façade. Le quotidien de chacun de nous est tiré de la. Quel vêtements nous portons , qu’est ce qu’on dit sur nous et quelle image les autres ont de nous sur le plan matériel. Cher compatriotes notre pays ne pouvais que crouler! J’ai appris que pour être recruter dans l’armée il fallait payer, la police pareil, même a l’hôpital il y’a la corruption. MES CHERS FRERES ON NE PEUT PAS METTRE TOUT SUR LE DOS DE NOTRE CLASSE POLITIQUE ! Je vous écris ce texte parce que moi-même je vis en Europe. Mais quand je viens au mali je suis étonne du train de vie de mes amis sur place alors que je gagne 2 ou trois fois plus qu’eux. Quand l’eau qui entre dans le marigot est moins que l’eau qui y sort, le marigot finira par sécher. La corruption est a tous les niveaux de la vie au Mali. Dans toutes les couches de la société ou on est corrompu ou en est complice car on est corrupteur. Et tant que vous et moi ne changeons pas de comportement, ce sera rebelote même si on chasse toute la classe politique, la prochaine classe politique ferra pareil. Car, la classe politique ne vient d’autre part que de la population. La corruption est dans le sang du malien. Il va falloir une grande prise de conscience dans la population pour remédier notre mal. Donc ce n’est pas la classe politique au mali qu’il va falloir remplacer pour que les choses aillent mieux, c’est une prise de conscience des 15.000.000 de maliens qu’il nous faut. Et si cette prise de conscience ne se fait pas, on sera obligé d’attendre que ce soit ces 15 millions de maliens qui soit remplacés par une nouvelle génération pour que le mali s’en sorte. Le remplacement de la classe politique ne suffira jamais ! Car c’est la population qui engendre la classe politique la classe politique n’engendre pas la population ! J’aimerai bien former un club de réflexion sur le sujet pour ceux qui sont intéressés me contacter : [email protected] Boune Zouboye
paul
paul 14 ans
ATT merite la pendaison, sa descendance sera maudite à jamais
sikne
sikne 14 ans
A celui qui perd son pouvoir on l'accable des tous les maux ATT n'a pas une baguette magique pour resoudre tous les problèmes du monde.Nos adminitrations sont occupés par beaucoup des gens malhonetes qui vivent sur le dos de leurs compatriotes: la compassion; la pitié la fraternité n'existe plus, tout cela a un nom"l'argent""que tout le monde veut en avoir coûte que coûte.
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