Le train annoncé à Kayes n’existe qu’en gadget

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C’est sans doute le train le plus lent de la planète et sa tragédie continue depuis plus d’une année dans la Cité des Rails où les justifications chaque rendez-vous raté suscitent de nouvelles attentes. Les espoirs se multiplient en définitive et grossissent au point d’atteindre la taille d’une chimère. Le plus grand engouement avait été suscité par la ministre des Transports à coups de parades jubilatoires à bords d’une locomotive dans plusieurs gares ferroviaires du train. L’assurance en avait été donnée aux riverains en son temps que le trafic ferroviaire allait prendre un nouvel envol plus régulier à compter de novembre dernier. Ce premier rendez-vous raté, les populations, au nombre desquelles des nostalgiques comme des potentiels usagers socio-économiques du trafic, n’ont de cesse de s’abreuver à une succession d’illusions. La dernière trouvaille en date, après l’injection de millions de nos francs dans le branding des différentes gares, consiste à exposer une locomotive flambant neuve à la vue des habitants dans de la ville de Kayes et qui effectue périodiquement des tours d’essai en sifflotant pour raviver chaque jour l’espoir que la reprise du train est imminente. Sauf que le canular n’a que trop duré et les plus candides commencent s’interroger sur ce qui est de plus en perçu comme une entourloupette.

Ces coupures et pièces de monnaie bannies du marché

Au Mali, il ne suffit plus d’avoir de l’argent, il faut aussi de battre farouchement pour pouvoir le consommer. Et pour ce faire, il faut franchir les velléités d’une certaine race de commerçants si capricieux au point de choisir leurs catégories de coupures ou de pièces éligibles à l’échange. Il arrive ainsi qu’un pauvre consommateur sans le sous parcourt des dizaines de kilomètres pour faire accepter leurs misères par les commerçants et vendeurs. Ces derniers en veulent de plus en souvent à l’état des billets qu’ils rejettent pour la moindre anomalie, tandis que certaines pièces comme les 250 francs CFA sont totalement bannies en plusieurs endroits à cause de leur rareté sur le marché ou d’un simple lissage. Faute de mesures de rétorsion de la part des instances communautaires responsables des émissions bancaires, leurs détenteurs doivent déployer tout un talent de persuasion pour convaincre de la teneur monétaire de leurs maigres bourses. Il va sans dire que certains meurent plus d’anxiété que de faim sur leur long chemin de croix. Leur sort n’a pour autant l’air de préoccuper les plus hautes autorités, qui ont visiblement choisi de les abandonner à la merci de ceux qui déterminent la «monnayabilié» des pièces et coupures de billet au gré de leurs humeurs et caprices.

Rassemblées par la Rédaction

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