Couvre-feu : Les employés des bars et restaurants en chômage technique à Bamako

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Pour éviter la propagation du coronavirus (COVID-19) au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keïta, dans une adresse à la nation décrétait le couvre-feu en mars 2020. Depuis cette date, des mesures de restriction dans les maquis, bars et restaurants sont édictées. Des restrictions qui ont entrainé certains bars de la ville des trois caïmans à l’arrêt de leurs activités et mettre leurs employés au chômage.

Rabi, âgée de vingt ans environ, est une hôtesse d’un maquis- restaurant dans la ville de Bamako. Elle gagne sa vie à la tâche, c’est-à-dire en fonction du travail fait. Avec le couvre-feu pris par le chef de l’Etat, IBK, pour éviter la propagation de la pandémie du coronavirus (COVID-19), son lieu de travail a mis la clef sous le paillasson. La jeune adolescente s’est retrouvée du jour au lendemain sans emploi. Les jours se suivent et se ressemblent avec son corolaire de misère pour l’hôtesse de bar qui confie traverser une période difficile, voire pénible. Le visage attristé, les yeux hagards et pleins d’interrogations, Rabi, ne cache pas son amertume et la misère qu’elle vit à la suite de la fermeture du maquis-restaurant dans lequel elle travaille. « Je n’ai plus de travail. Par conséquent, pas de revenus pour me prendre en charge. Souvent, je passe par des acrobaties pour avoir de quoi manger », confie-t-elle presque larmoyante. Tout comme la vingtaine, ils sont nombreux les employés des maquis et bars et restaurants qui confient traverser une période de désert en ces temps de COVID-19.

« La situation est dure à tel point que nous n’avons pas de quoi manger ni payer nos loyers.», renchérit Safi, une autre hôtesse de maquis. Cuisinier dans un restaurant de la place, Jack, confie vivre péniblement cette fermeture de son lieu de travail. « En temps normal, on pouvait faire des recettes de plus de cent mille F CFA la journée, mais aujourd’hui avec l’arrêt des activités, c’est la galère. En dehors de quelques commandes qui ne nous permettent même pas d’avoir dix mille F CFA, il n’y a pas de ventes », lance tout déboussolé le cuisinier Jack.

Même si ces acteurs vivent difficilement ces mesures « drastiques » qui ne visent qu’à stopper la propagation du COVID-19, ils reconnaissent dans leur ensemble que ce n’est la faute à personne. « Individuellement, l’on ne peut pas nous plaindre du moment où c’est une question de santé publique qui concerne tout le monde entier », admet le gérant du maquis. Tout de même, ces victimes collatérales du coronavirus souhaitent une assistance qui pourrait leur permettre de traverser dignement cette période difficile de leur vie. De nos jours, Bamako, la capitale malienne «abrite» plus de 500 bars sans compter les restaurants. Une véritable industrie du plaisir, qui est en train de prendre de l’ampleur, transformant la ville en un far West au sud du Sahara, un haut lieu de débauche où argent, drogue, alcool et sexe coulent à flot. Ils se la coulent douce, ces gérants et tenanciers d’établissements avec un chiffre d’affaires journalier avoisinant ou même dépassant les 500.000 F CFA. Enquête sur l’essor économique d’un milieu en pleine prospérité aux dépens de nos us et coutumes.

Mahamadou YATTARA

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