EID 2015 : 206 demandes d’interpellations

0

206 demandes d’interpellations dont 21 interpellations retenues «pour ĂŞtre lues» ; 103 interpellations retenues «pour suite Ă  donner» ; 82 demandes non retenues. C’est du moins ce que l’on peut retenir de la 20ème session de l’Espace d’interpellation dĂ©mocratique (EID) qui s’est tenue le jeudi 10 dĂ©cembre 2015 au Centre international de confĂ©rence de Bamako.

Cette session, Ă©dition 2015, s’est tenue en prĂ©sence du Premier ministre Modibo KeĂŻta et de quelques membres du gouvernement; du MĂ©diateur de la RĂ©publique, Baba Akhib HaĂŻdara ; de la prĂ©sidente du jury, Mme Laurence Ndadaye, une Burundaise, militante des droits de l’homme, et aussi de la prĂ©sidente de la Fondation Melchior Ndadaye des droits de l’homme dont le siège est Ă  Bruxelles (Belgique); des membres du jury, des interpellateurs et des interpellĂ©s.

Pour cette 20ème session de l’Espace d’interpellation dĂ©mocratique (EID), les services du MĂ©diateur de la RĂ©publique ont enregistrĂ© 206 demandes d’interpellations, dont un peu moins de 40% Ă©manant du District de Bamako et un peu plus de 60% des RĂ©gions qui font de plus en plus recours Ă  l’EID.

«Nous dĂ©plorons la très faible participation de nos compatriotes rĂ©sidant Ă  l’extĂ©rieur du pays et ce, malgrĂ© les efforts que nous dĂ©ployons ; des efforts qui sont largement soutenus par le ministre en charge des Maliens de l’extĂ©rieur», a introduit le MĂ©diateur de la RĂ©publique Baba Akhib HaĂŻdara. Ainsi, la Commission prĂ©paratoire, après dĂ©pouillement des dossiers reçus, a arrĂŞtĂ© le classement suivant : 21 interpellations retenues «pour ĂŞtre lues» ; 103 interpellations retenues «pour suite Ă  donner» ; 82 demandes n’ont pas Ă©tĂ© retenues, au motif qu’elles ne sont pas conformes aux critères de l’EID. Le MĂ©diateur a expliquĂ© que «ces demandes non satisfaites rĂ©vèlent, encore une fois, de la part de nombre de nos concitoyens, une comprĂ©hension incorrecte ou insuffisante des objectifs de l’EID et une mauvaise perception de sa finalitĂ©. Il y a donc lĂ , pour nous, un besoin de retravailler pour une meilleure clarification du concept de l’EID et pour plus de pertinence dans ses modalitĂ©s».

Ă€ cet Ă©gard, a-t-il ajoutĂ©, il est nĂ©cessaire de poursuivre nos efforts visant Ă  mieux mettre en exergue la diffĂ©rence entre les questions qui peuvent faire l’objet de rĂ©clamations relevant de la mission première du MĂ©diateur de la RĂ©publique, et celles qui peuvent fournir matière Ă  interpellation des pouvoirs publics dans le cadre de l’EID.

Selon le MĂ©diateur de la RĂ©publique, pour examiner tous les aspects et d’autres problĂ©matiques liĂ©es Ă  l’EID, il y a eu la mise en place d’un Groupe de rĂ©flexion. «Ce Groupe fonctionne depuis le mois d’aoĂ»t de cette annĂ©e. Il rĂ©unit des compĂ©tences issues des services du MĂ©diateur de la RĂ©publique et aussi des compĂ©tences issues des services de la Primature, de l’Assemble nationale, de la Commission nationale des droits de l’homme, de la Cafo, de l’Institut des sciences humaines et de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung».

Ă€ l’en croire, les recommandations et les propositions de ce Groupe de rĂ©flexion permettront, entre autres, de mieux ajuster les critères de sĂ©lection des interpellations aux objectifs de l’EID. «Après avoir cĂ©lĂ©brĂ© ses vingt ans l’an dernier, l’EID continue ; il continue pour conforter la dĂ©mocratie jeune, dynamique, toujours Ă  la recherche d’une originalitĂ© qui convienne au tempĂ©rament de son peuple», a-t-il affirmĂ©. Avant de rĂ©affirmer que l’efficacitĂ© de l’EID requiert toujours plus de clartĂ© dans ses objectifs et plus de pertinence dans ses modalitĂ©s. «Chacune de ses sessions est enrichie d’une expĂ©rience dont seul le peuple participant dĂ©tient les ingrĂ©dients», a-t-il martelĂ©.

Rappelons que l’EID est un lieu oĂą les citoyens lĂ©sĂ©s dans leurs droits et après avoir Ă©tĂ© dĂ©pouillĂ©s, escroquĂ©s de leurs biens, viennent exprimer leurs dolĂ©ances, leur chagrin devant le jury, les autoritĂ©s compĂ©tentes, ”les ministres concernĂ©s”. Ceux-ci donneront par la suite des rĂ©ponses et des explications aux interpellateurs.

Bruno E. LOMA

PARTAGER