L’ACCORD D’ALGER PASSE À L’ASSEMBLÉE NATIONALE:IBK CONTRE MAUVAISE FORTUNE BON CŒUR

Après plus d’une demie journée de débats, les parlementaires maliens se sont retrouvés, la semaine dernière, pour la poursuite de la séance plénière consacrée à l’Accords d’Alger. L’étape finale de leurs travaux à huis clos, comme préalablement annoncée par certains...

24 Juillet 2006 - 10:10
24 Juillet 2006 - 10:10
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Après plus d’une demie journée de débats, les parlementaires maliens se sont retrouvés, la semaine dernière, pour la poursuite de la séance plénière consacrée à l’Accords d’Alger. L’étape finale de leurs travaux à huis clos, comme préalablement annoncée par certains indices, a été marquée par la vive protestation du Groupe parlementaire RPM. Les Tisserands, une fois de plus, ont claqué la porte, laissant IBK seul dans le gênant rôle de président de toutes les composantes de l’institution parlementaire.
Un seul projet de loi figurait à l’ordre du jour, jeudi dernier, à l’Assemblée Nationale où les rapports de forces, contradictions et manifestations d’hostilités l’emportaient manifestement aux missions fondamentales des parlementaires. Ainsi, après avoir délibéré sur le PADEC (le projet ayant succédé au Projet de Réduction de la Pauvreté), adopté une motion sur le Moyen-Orient, les députés maliens ont abordé la problématique la plus préoccupante de l’instant : la question relative à l’Accord d’Alger, pour laquelle une commission avait été mise en place, au tout début des débats, pour élaborer un projet de résolution. Il s’agit d’un acte par lequel l’Assemblée nationale devait exprimer sa position vis-à-vis du ‘gentlemen agreement’ ayant sanctionné les pourparlers entre le gouvernement et les combattant de l’Alliance démocratique du 23 Mai 2006. Ainsi, comme on pouvait s’en douter, la résolution de l’institution législative réaffirme l’adhésion inconditionnelle d’une écrasante majorité de parlementaires au document connu sous l’appellation d ’Accord d’Alger. Et pour cause, pour les députés, non seulement il préserve l’intégrité territoriale et l’unité nationale, mais traduit également la volonté de l’Exécutif de consolider la stabilité par lequel le pays se distingue dans la Sous-Région.
Par ailleurs, le texte adopté par les composantes dominantes de l’Assemblée Nationale laisse entendre, au demeurant, que l’Accord d’Alger tire aussi sa légitimité d’une résolution antérieure où les mêmes représentants du Peuple recommandaient à l’Exécutif une gestion pacifique de la crise survenue dans la Région de Kidal. Ces arguments n’étaient visiblement pas suffisants pour convaincre le Groupe minoritaire charrié par le RPM et qui ne s’accommodent visiblement pas d’un règlement de la sorte. Aussi, après s’être montré très critique au cours de débats, le Groupe dirigé par Banconi Ballo a finalement choisi de s’illustrer par un abandon massif de la salle de délibération, laissant le Président du RPM seul parmi la kyrielle de voix adverses. Aussi, cet acte de protestation a-t-il été assorti d’une déclaration qui fait le réquisitoire de l’Accord d’Alger taxé d’anti-démocratique. Par la même occasion, les parlementaires du RPM ont affiché une solidarité sans faille aux instances dirigeantes du parti qui appelaient les élus à ne pas cautionner l’Accord d’Alger.
C’est après avoir lu de vive voix leur protestation que les élus du ‘Métier à Tisser’ ont vidé la salle dans une atmosphère semblable à celle qui avait marqué la mise en place, en Octobre dernier, du Bureau de l’Assemblée Nationale boudé par le même parti. Confondant visiblement son devoir militant et ses prérogatives régaliennes, celui qui se complaît dans les attributs d’homme d’Etat, en l’occurrence le Président du RPM et non moins de l’institution parlementaire, à peine n’était tenté par un abandon de poste. IBK, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’apprêtait à emboîter le pas à ses camarades lorsqu’il fut ramené à la raison par l’ancien détenteur de la chaise qu’il occupe. Ali Nouhoum Diallo lui signifia, en effet, qu’il est président de tous les députés, en dépit même de son appartenance à la minorité hostile à une décision démocratique de l’Assemblée. C’est ainsi que l’ancien Premier Ministre d’Alpha O. Konaré, toujours désireux de conduire les destinées de la Nation, a été contraint à tolérer la différence et d’assister, contre son gré, au processus d’adoption d’une résolution favorable à l’Accord qui marque sa sortie de consensus.
 
 
  1. Keïta