CENI / l’opposition déboutée / Réaction de la classe politique

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* Dr Oumar Mariko, après la décision de la cours suprême : « Il n’est pas question pour nous d’accepter cette CENI »

Ce qui s’est passé le 11 octobre 2011 dénote de ce qu’on fait de la démocratie en République du Mali. La culture démocratique n’est pas une chose aisée lorsqu’on est habitué à gouverner seul. Nous avons assisté à une situation très cocasse pour la justice malienne. Le Président de la Cour suprême a lu un rapport, la tête presque basse, avec certains bégaiements comme s’il n’avait pas foi en cette lecture. Mais, il faut noter que la majorité présidentielle vient, encore une fois, de payer le peuple malien par le mépris. Le Commissaire du Gouvernement a été on ne peut plus clair. Il a déclaré en substance qu’ « on ne peut pas être au pouvoir et donner de l’espace à des opposants qui vous critiquent à longueur de journée ». Il a fait preuve de franchise qui devait desservir leur cause en lâchant ce gros morceau. Cette décision de la cour suprême n’a aucun fondement d’un Etat de droit. C’est simplement une décision politique qui consacre en réalité le partage dans l’iniquité des postes de la CENI. Nous allons nous rencontrer pour analyser la situation. Mais, d’ores et déjà, une chose est claire : les partis de l’opposition ne se laisseront pas faire. Nous n’allons pas nous laisser intimider par cette action de la justice. Nos avocats disent qu’il y a un recours possible. Mais nous nous demandons, si nous n’allons pas vers le dilatoire programmé par le Gouvernement : mettre en place la CENI et nous amener à aller de procès en procès jusqu’à la fin des élections. Nous sommes conscients de leur tactique et nous donnerons la forme de lutte appropriée à cette situation là. Il n’est pas question pour nous d’accepter cette CENI. Si elle devait rester en l’état, c’est-à-dire constituée que par les représentants du pouvoir en place, alors il faut la dissoudre. Dans ces conditions, la CENI n’a aucune signification. J’avais dit à la sortie des élections de 2002 et 2007 que la CENI n’avait aucun sens parce que pilotée par des présidents qui n’étaient vraiment de la société civile comme on voulait le faire croire. Toutes ces CENI dirigées pas des représentants de la société civile ont pris en compte le regard des princes du jour dans les conclusions de leurs missions de supervision. Je pense qu’il faut laisser à l’administration toute la responsabilité d’organiser les élections. Cela faciliterait la situation des responsabilités en cas de défaillance. Nous allons faire comprendre que nous sommes aussi des citoyens de ce pays prêts à nous battre pour faire tomber les masques qui présagent des élections truquées en 2012.                   

* Pérignama Sylla, secrétaire général du Bara

Pour le secrétaire général du Bara, c’est un déni de justice. A son avis, les institutions issues de ces élections ne devraient pas être reconnues. Ils s’organiseront en conséquence, a-t-il affirmé, pour faire des manifestations.

* Boubacar Touré, Premier secrétaire à la communication du Rpm

Le Premier secrétaire à la communication du Rpm et ancien député a laissé entendre qu’en République, force reste à la loi. Il a souligné : ‘’ quand le verdict est donné, on peut avoir son avis mais on reste collé à la décision. ‘’ Il a fait remarquer qu’on devait avoir le respect de la chose jugée. Il a cependant fait observer que des voies de recours sont toujours possibles. Il a ajouté : ‘’ je ne fais aucun commentaire sur une décision de justice. ‘’

* Dajie Sogoba, secrétaire chargé des élections et des élus du Parena

Le cadre du Parena a estimé que la répartition des sièges de la Ceni suivant le critère de 9 pour la majorité et 1 pour l’opposition est équitable. Il aurait toutefois souhaité que ce soit le parti Sadi qui représente l’opposition.

* Mahamadou Sissoko, secrétaire général adjoint de l’Urd

Mahamadou Sissoko qui figurait aussi parmi les experts désignés pour le fichier électoral consensuel a soutenu qu’il n’a pas eu connaissance de l’arrêt de la cour suprême. De ce fait, il attend d’entrer en possession de la décision de justice pour donner son point de vue sur la question.

* Boubacar N’golo Tangara, secrétaire chargé des questions électorales et de l’encadrement des élus du Pids

Boubacar N’golo Tangara a reconnu qu’il n’est ni membre de la Ceni, ni magistrat. Donc, il n’est pas bien placé pour donner son avis sur un sujet qu’il a notamment appris à travers la presse. Il a pourtant estimé que l’opposition devait interjeter appel et persister afin que les choses soient davantage clarifiées et qu’il en sorte quelque chose de consistant qu’ils puissent expliquer, car, a-t-il ajouté ‘’c’est encore vague. ‘’

* Oumar Kanouté, secrétaire général du Mouvement patriotique pour le renouveau (Mpr)

« Bon, je crois qu’il n’y a rien à dire de particulier par rapport à cette décision. L’opposition a attaqué le décret du gouvernement par rapport à la mise en place de la Ceni. La justice a tranché. Il faut forcément respecter le verdict de la cour.»

* Modibo Sangaré, président de l’Unpr

Le président de l’Union nationale pour la renaissance a fustigé le jugement aussi bien du point de vue de la forme que du fond. Il a surtout rejeté la qualité du membre de l’opposition désigné par le Matcl. Il a soutenu que le partage des postes de la Ceni a été fait de façon inique et que le gouvernement a refusé le dialogue. Il a toutefois proposé, au nom de l’opposition, un mouvement sans arrêt.

* Sidi Ongoïba, administrateur de Sadi

L’administrateur et membre du comité central du parti Sadi a annoncé qu’une réunion d’urgence des membres de l’opposition devait se tenir, hier, pour déterminer la conduite à suivre. Ils consulteront aussi leurs avocats, a-t-il signalé. Il a ajouté que ‘’les raisons évoquées par la Cour suprême ne tiennent pas. ‘’ Les magistrats, selon lui, ont ignoré la loi, car ils se sont basés sur des faits mineurs.

Propos recueillis par Baba Dembélé, Assane Koné et Hadama Fofana

 

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