Focus : Contrer l’ingérence
L’heure est au resserrement des rangs. L’architecture géopolitique du Sahel, portée par la Confédération des États de l’Alliance pour le Sahel (AES), vient de franchir un palier décisif de maturité.
Entre le second sommet des chefs d’État tenu à Bamako les 22 et 23 décembre 2025 et la rencontre bilatérale entre les autorités nigériennes et algériennes à Alger les 15 et 16 février 2026, un message clair se dessine : la solidarité sahélienne doit être désormais un bloc monolithique, imperméable aux tentatives de déstabilisation extérieure. Quant à notre pays, le Mali, il a toujours été fidèle à ses engagements internationaux : vis-à-vis de lui-même et de ses voisins, en tant que chantre du panafricanisme.
Dans cet ordre d’idées, l’histoire récente nous a appris que certains accords, à l’instar de celui d’Alger de 2015, ont parfois servi de paravent à des intérêts étrangers plutôt qu’à une paix authentique et souveraine. Aujourd’hui, le collège des pairs chefs d'État a acté une rupture : aucune solution ne sera acceptée si elle n'est pas endogène. Cette volonté de fer est le premier rempart contre les puissances qui tentent, par le biais d’une médiation de façade, de maintenir une influence déclinante sur nos territoires.
La solidité de l'Alliance se mesure également à sa capacité à ignorer l'esprit de chicane politique savamment entretenu par certaines capitales voisines ou lointaines. L’hébergement de figures contestataires, ou le soutien aux cadres du FLA et aux leaders terroristes, ne sont plus perçus comme des incidents isolés, mais comme des manœuvres de division délibérées. En resserrant leurs liens sécuritaires et politiques, le Mali, le Burkina Faso et le Niger privent ces acteurs de l'ombre de leur levier principal : la discorde entre frères d'armes.
Contrer l’ingérence, c’est aussi assumer une parole commune. Face aux tentatives de "diviser pour régner", l’AES répond par une intégration économique et sécuritaire renforcée. L’objectif est clair : rendre le coût de la trahison politique trop élevé pour quiconque souhaiterait s'opposer au bloc. Cette solidarité organique est notre meilleure arme contre ceux qui, par nostalgie coloniale ou calcul cynique, cherchent à ressusciter les vieux démons de la rébellion et du séparatisme.
En définitive, le chemin tracé par les sommets de Bamako et les consultations d'Alger confirme une certitude : l’AES ne doit plus une simple alliance de circonstance, mais un destin partagé. En restant soudés, les peuples du Sahel transforment leur espace en une forteresse inexpugnable, où les ambitions étrangères viennent se briser contre le mur d’une fraternité retrouvée. Le front de l’unité doit suivre, car le Sahel de demain se construit aujourd'hui, dans l'unité absolue et le refus catégorique de toute tutelle. Pour sûr !
La Rédaction