Front pour la sauvegarde de la démocratie dénonce : « L’armée est victime de la gabegie… »

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La série d’attaques contre l’armée malienne au Centre et au Nord continue de faire de nombreuses victimes. La dernière (à Indelimane) a fait plus d’une cinquantaine de morts. Le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), lors d’une conférence de presse, a dénoncé la gestion de la crise par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Aussi, le FSD déplore l’absence des moyens de combats aériens et exige « un audit financier et comptable sur l’utilisation des 1230 milliards FCFA votés par l’Assemblée nationale dans le cadre de la loi de programmation militaire ».

Etaient face à la presse, le chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé ; le président du Ligue pour la démocratie, Moussa Sinko. Coulibaly ; le président MPR, Dr Choguel Kokala Maïga ; le président du parti CNID, Me Mountaga TALL ; le président du Modec, Konimba Sidibé et Aboubacar Abdoul Touré.

Pour le président de l’URD, Soumaïla Cissé, l’évolution meurtrière de la situation sécuritaire dans le  pays  qui impose,  aujourd’hui, de dénoncer entièrement la responsabilité du président de la République et de son gouvernement dans la gestion de la crise

« Nommé six ministres de la défense et presqu’autant de Chefs d’Etat-major des armées en six années dans un pays en guerre; fermer les yeux et couvrir des détournements de deniers publics à large échelle et à ciel ouvert sur les allocations budgétaires destinées à l’achat d’équipements et de matériels militaires ;ne rien entreprendre pour enrayer la corruption qui règne en maître à tous les niveaux et en particulier au niveau de certains hauts gradés de nos Forces de Défense et de Sécurité ou de responsables politiques ou étatiques connus de tous », relèvent, selon le FSD, de la responsabilité du Chef de l’Etat.  Le principale aile de l’opposition (FSD) reproche au Chef suprême des armées de banaliser la mort de milliers de victimes civiles et militaires en  cachant  le nombre réel, d’être incapable d’avoir une couverture aérienne performante et le minimum d’équipements pour l’engagement et la protection des troupes.

«Un audit financier et comptable dans les plus brefs délais sur l’utilisation des 1230 milliards votés par l’Assemblée Nationale dans le cadre de la loi de programmation militaire, une enquête sérieuse sur la livraison, l’état et la disponibilité des équipements militaires, sur l’absence de points d’eau dans la plupart des postes de sécurité; la corvée d’eau étant la cause de multiples morts », exige le FSD.

 Mauvaise gouvernance en cause

Le président du groupement des partis de l’opposition, M. Cissé, a précisé que la corruption et la mauvaise gouvernance entravent la construction d’une armée forte  font que les forces armées de défense et de sécurité malienne sont l’objet de cibles quotidienne des terroristes.  Lesquelles, ajoute-t-il, multiplient tant les exactions, les agressions que les massacres afin de saper le moral de toutes les populations maliennes et les fondations mêmes de notre République : « L’armée n’est pas un  électron libre. L’armée n’est pas un corps isolé, différent des autres corps de la société. Non, l’armée, notre vaillante armée est victime de l’insouciance et de la gabegie du régime. Cette maladie, nous la connaissons tous : elle s’appelle la mal gouvernance ».

« Nous reprochons à IBK sa mauvaise gestion de la crise marquée par la corruption et la mauvaise  gouvernance qui a eu des répercussions sur la construction de notre armée », a martelé Me Mountaga Tall tout en poursuivant que le Chef de l’Etat a mis une semaine avant de tenir un conseil de défense après la double attaque de Mondoro et de Boulkessi.

Le président du MPR, Dr Choguel Kokala Maïga a mis l’accent sur le soutien du peuple envers l’armée nationale : « L’armée malienne n’a jamais manqué de soutien de la part du peuple. Il n’y a aucune composante de la classe politique ou de la société civile qui a vilipendé l’armée. Au contraire, c’est le régime qui le fait à travers ses discours ».

Quant au président de Modec, Konimba Sidibé, il estime que la stratégie choisie par le président IBK est mauvaise dans ce combat contre l’insécurité : «Le cantonnement des troupes, la sous-traitance de la sécurité avec les milices et la communauté internationale ». Or, dit-il, on ne peut pas faire la guerre en cantonnant les troupes. « La sécurité des populations ne devrait jamais être sous-traitée par les milices et la communauté internationale… Le président IBK doit rendre compte de ses échecs militaires. Il doit changer ses stratégies de lutte contre l’insécurité  ».

Pour sa part, Moussa Sinko Coulibaly a indiqué que le régime actuel a assez montré son incapacité à gérer les affaires publiques. « Le régime est incapable de dire ce qu’il veut. C’est pourquoi, nos soutiens ne savent pas comment nous aider. Donc, il est temps que les maliens se débarrassent de ce régime », ajoute-t-il.

Par ailleurs, le FSD propose d’ériger un cimetière national pour accueillir nos soldats morts pour la patrie. Ce cimetière national servira de lieu de recueillement et de souvenir. Ensuite, l’opposition propose d’ériger  « un carré des martyrs » à chaque fois que cela est utile et un « mémorial de souvenir ». Enfin, les soldats doivent bénéficier d’un statut social : le statut de mort pour service à la nation.

Mohamed Sylla

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