Gouvernance et crise sécuritaire : Le stratège Premier ministre peut-il échapper à son rôle de fusible ?

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Le Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga
Le Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga le 13 octobre 2018 à Mopti, dans le nord du pays. © MICHELE CATTANI / AFP

Pour une difficulté remarquable dans la maitrise du climat sécuritaire du pays, IBK prendra-t-il le risque de limoger son cinquième  Premier ministre et le ministre saint-cyrien de la sécurité intérieur, le Général Salif Traoré ?

Maliweb.net -La crise sécuritaire que traverse notre pays semble s’exacerber ces derniers mois avec la recrudescence des cas d’affrontements intercommunautaires et des cas de violences meurtrières en particulier à Bamako. Ces événements malheureux poussent certains acteurs politiques à exhiber la responsabilité politique du chef du gouvernement et à demander même sa tête.

C’est ainsi que depuis quelques jours, Bamako bruit de rumeurs persistantes d’une probable motion de censure contre le gouvernement Soumeylou Boubèye Maïga.

En effet, de discrètes sources proches de certaines chapelles politiques de la majorité présidentielle, une motion de censure serait en préparation pour déposer le Premier ministre Soumeylou Boubèye  Maïga auquel le parti présidentiel aurait suggéré une démission en douce. Ces mêmes sources laissent entendre que le ministre de la Sécurité intérieure, le Général Salif Traoré serait sur une chaise éjectable du fait de ce climat aggravé d’insécurité dans le pays et surtout à Bamako. Certains détracteurs du Général Salif Traoré citent les cas d’assassinats dans la capitale la semaine passée pour crier leur déception. Il s’agit de l’assassinat d’un imam en pleine rue de Bamako, celui d’un apprenti chauffeur en commune VI et de l’attaque d’un supermarché samedi dernier.

A ces événements malheureux s’ajoutent des cas d’attaques terroristes comme ceux ayant récemment occasionné la mort de soldats tchadiens de la MINUSMA et de violences intercommunautaires notamment dans le centre du pays. Ce triste spectacle met l’opinion dans un certain émoi et poussent les acteurs politiques à évoquer un certain échec de la gouvernance au plan sécuritaire.

Or, il est de toute évidence que le gouvernement actuel n’est sûrement pas responsable de cette situation de dégradation du contexte sécuritaire dans le pays. L’on peut noter qu’après la nomination de Soumeylou Boubèye Maïga, il y a eu une phase d’accalmie sur le terrain des attaques terroristes. L’on a senti que la crise sécuritaire a un tant soit peu baissé d’intensité baissé d’intensité en nombre d’attaques et s’est finalement déplacée du septentrion vers le centre avec des affrontements entre Peuls et Dogons.

A partir de ce constat, l’on se demande si une initiative de motion de censure peut prospérer. L’on peut en douter surtout que le Premier ministre apparaît aujourd’hui et depuis plusieurs mois comme le « sauveur » du président de la République, en ce sens que les observateurs s’accordent à noter le rôle important joué par Boubèye dans la réélection du chef de l’Etat.

En outre, il est probable que si IBK et ses amis politiques du RPM tentent de se mettre à dos le locataire de la primature, celui-ci ne se fera pas prier pour dérouler son « agenda personnel pour 2023. Ce qui pourrait compliquer la gestion du pays pour le locataire du palais de Koulouba.

C’est en effet un secret de polichinelle que Boubèye est parvenu à un niveau de notoriété et d’aura politique que si IBK le laissait renverser par une motion de censure, il se sentira humilié et n’hésitera pas à vouloir prendre sa revanche sur l’histoire. Comme il le fait actuellement sur les événements de Kidal qui ont conduit à son limogeage en mai 2014, alors qu’il était ministre de la Défense.

En outre, ayant devant lui un chantier engorgé de réformes, de dialogue politique et de consultations électoral, une quelconque motion de censure émanant de la majorité présidentielle fragilisera sûrement l’alliance Ensemble pour le Mali (EPM) bien entrepris par le parti du Premier ministre, l’ASMA-CFP. Sans compter que l’opposition guette un éventuel faux pas de l’alliance au pouvoir pour se repositionner et reprendre l’initiative de la contestation. Surtout que cette opposition pourrait bénéficier d’un soutien populaire provenant des déçus de la société civile et des organisations religieuses, cela risque de constituer un puissant cocktail molotov pouvant… faire mouche.

Boubou SIDIBE/ Maliweb.net

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3 COMMENTAIRES

  1. Si motion de censure devrait faire partir SBM,ce serait pour régler des comptes politiques,pas pour améliorer la situation sécuritaire de notre pays.
    La dégradation de la situation sécuritaire est liée à l’incompétence du président de la république IBRAHIM BOUBACAR KEITA.
    Ce qui se passe dans notre pays n’est ni géré par un ministre de la sécurité,ni par le premier ministre ,ni même par le président de la république car le Mali a perdu sa souveraineté avec la présidence IBK.
    C’EST UN CHOIX POLITIQUE QUE DE TROUVER LA SOLUTION À LA DIMENSION INSÉCURITAIRE QUE CONNAÎT NOTRE PAYS.
    Quand IBK est venu au pouvoir en juillet 2013,il avait plusieurs choix à effectuer pour apaiser notre pays affecté par le terrorisme et la menace sécessionniste.
    Chaque choix a ses conséquences.
    1~Soit il décide d’appliquer L’ACCORD de Ouagadougou signé avant son arrivée.
    2~Soit il décide d’engager une lutte armée pour consolider la position de l’ ARMÉE avant d’engager une discussion afin de négocier en position de force.
    3~Soit il décide de laisser la communauté étrangère s’occuper du cas malien avec toutes conséquences sur notre souveraineté et notre dignité.
    Il faut reconnaître qu’ IBK avait fait le deuxième choix pour pouvoir renégocier l’accord de Ouagadougou.
    Mais il n’a pas laissé le temps à son armée de se préparer afin d’engager une lutte de longue haleine contre les séparatistes au terme de laquelle,il devrait être bien positionné dans la région de kidal avant d’entamer les négociations.
    Il a non seulement échoué,mais il a été pathétique car il n’a pas voulu reconnaître sa responsabilité d’engager la lutte contre les séparatistes,ensuite il s’est précipité à demander un cessez-le-feu alors qu’ il pouvait continuer à se battre pour révéler au monde le rôle réel de la France.
    À cet instant précis IBK a fait un choix qui fait qu’ aucun chef de gouvernement ne peut ressoudre la situation d’insécurité de notre pays.
    Ce choix a mis notre pays sous l’autorité des séparatistes à travers la France.
    Ce choix empêche toute autorité malienne d’avoir d’autres méthodes de résoudre l’insécurité que celle que veux la France.
    Ce choix fait que le Mali n’est plus souverain.
    C’est IBK le problème ,pas SBM,ni aucun autre qu’ il aura nommé .
    IBK doit dégager pour que les maliens puissent choisir quelqu’un qui fera un autre choix..
    Si IBK avait fait le premier choix c’est à dire appliquer l’accord de Ouagadougou,le Mali serait il entrain de gérer la situation du centre du pays?
    L’ administration ne serait elle pas sur toute l’étendue du territoire?
    Les séparatistes auraient ils autant de pouvoir de nuisance?
    OSER LUTTER ,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue .

  2. En tout cas il y a beaucoup d’inquiétudes pour le futur de ce pays car les velléités actuelles laissent présager une situation extrêmement dangereuse pour notre pays que dieu nous préserve

    • Les honorables députés faites vite le pays souffre trop et le risque de kao pointe à l’horizon avec une vitesse de fusée et ne soyez pas aussi complice de ce PM avec ses macabres de division et de génocide.
      Vous avez pris trop du temps pour la Motion de censure faite vite le peuple sera reconnaissants.

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