Guerre des sigles au sein formations politiques : La CARE du fils de Moussa Traoré et le Pdes de Séméga contestés

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Pour près de 150 formations politiques, annonce-t-on actuellement, le Mali fait déjà face à plusieurs conflits liés à l’homonymie ou du moins la paronymie (très forte ressemblance) des noms des entités socio-politiques qui se créent chaque jour que Dieu fait. D’ores et déjà, les responsables de Care, le mouvement politique créé récemment par le fils du Général Moussa Traoré et le Pdes, ainsi que d’autres  organisations font face à des contestations d’identité.

Si  le président ATT a été réélu en 2007 pour son second et  dernier mandat sur la base du Projet ou Programme de développement économique et social (PDES), ses dignes héritiers ou du moins ceux qui s’en réclament comme tels ont cherché à créer un parti dont le nom a conservé ce même acronyme PDES, Parti pour le développement économique et la solidarité. Ceci sans compter qu’une autre formation politique porte le nom ADES… Le mouvement politique  que vient de créer le fils de Moussa Traoré, la Convergence  Africaine pour le Renouveau (Care) fait déjà face aux protestations des responsables de Care, une organisation internationale humanitaire créée aux Etats-Unis après la 2ème guerre mondiale. Cette organisation américaine est bien connue dans le domaine de la lutte contre la pauvreté.

Selon nos informations, des responsables de Care international accusent le fils de l’ancien président de la République du Mali d’avoir usé "d’un choix intelligent du nom "care" pour semer la confusion dans les esprits des gens, convaincu de la justesse de la lutte contre la pauvreté traduite par d’innombrables actions de Care en faveur des populations ".

Certains observateurs reprochent à Boukadary Traoré de n’avoir  pas, tout au moins, adjoint un autre suffixe au nom du mouvement politique  qu’il a créé. " Un suffixe bambaraphone du genre " Care-horonya Ton ou Care Faso Jigui, etc. Ce qui créerait une différence notoire et prouverait la bonne foi de celui-ci à ne pas vouloir créer de confusion dans les esprits ", ajoutent certains analystes du microcosme politique.  Cet épisode rappelle les récents griefs que le président de l’ADES, Mamadou Papa Sidibé avait soulevés à l’encontre du nom PDES que Séméga et ses amis avaient choisi pour le nouveau parti qui se voulait héritier du président de la République.

En effet, avant même le lancement du parti (17 juillet 2010), dont le bureau provisoire est dirigé aujourd’hui par le ministre de l’Equipement et des transports, Ahmed Diané Séméga, le chef de file de l’Alliance pour le développement économique et social (ADES) avait brandi la menace d’une saisine de la justice pour que le juge administratif refuse le nom PDES au nouveau parti.

Dans cette optique, il évoquait la jurisprudence selon laquelle il a été interdit à feu Mamadou Tiéoulé Konaté  d’utiliser l’acronyme PRDA (Parti pour le rassemblement démocratique africain), parce qu’il existait déjà l’US-RDA. Mamadou P. Sidibé annonçait qu’il saisirait la justice de cette action dès les lendemains du congrès de l’ADES prévu pour le 24 juillet 2010. Après moult essais, hier, afin de le joindre au  téléphone pour savoir la suite de ces menaces, le premier responsable de l’ADES nous a expliqué que ses griefs contre le PDES et ses responsables sont toujours d’actualité. Il a assuré qu’après le Congrès de Markala, les dirigeants du parti ont estimé qu’il est nécessaire de saisir le juge pour que celui-ci se prononce sur la validité du PDES (Parti pour le développement économique et la solidarité). Un nom qui ressemble, à plusieurs égards, à celui de l’ADES.

Il faut reconnaître que la multiplicité des entités politiques fait que, aujourd’hui,  entre, Pds et Cds, Prd et Ard, Codem et Padem, Pcr et Fcr… la paronymie est  assez réelle et souvent source de confusions regrettables. Quid de leurs emblèmes ?

Là aussi, on a toutes les chances de se marcher sur les pieds. La charrue ou la charrette, le cheval ou le bœuf (culture attelée), l’abeille ou la fourmi, le bélier ou le bouc…on ne manque pas d’imagination pour conserver une différence qui peine à se faire voir.

Ces faits actualisent la question des chevauchements dans la nomenclature des organisations politiques et associatives où il semble qu’il y a une très grande propension à créer des partis politiques et associations.

Surtout que les problèmes auxquels on doit s’attaquer s’appellent souvent  " développement social, économique, démocratie, solidarité, liberté, justice, travail… ". Et ce sont ces substantifs qui servent souvent de substrat à la nomenclature des formations politiques, des projets de société ou des associations qui se créent chaque jour un peu plus.

Tout ce qui précède conduit à appeler à un peu plus d’imagination et d’originalité des différents acteurs et homme politiques afin qu’on assiste à la création d’entités aux noms et emblèmes plus atypiques.  

C’est peut-être ce qu’à compris l’ex-maire, Moussa Mara, le président de la benjamine des formations politiques du Mali, YELEMA (le changement), en faisant paraître une dose de particularités et d’innovations pour  ce parti.

Bruno Djito SEGBEDJI

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