Mali: quatre présidents africains attendus pour une médiation jeudi à Bamako

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Les présidents de quatre pays d’Afrique de l’Ouest se rendront jeudi à Bamako pour tenter de trouver une issue à la crise socio-politique que traverse le Mali, après plusieurs semaines de contestation du pouvoir du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Mahamadou Issoufou (Niger), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Macky Sall (Sénégal) et Nana Akufo-Addo (Ghana) “sont attendus jeudi à Bamako”, a déclaré à l’AFP un responsable de la présidence malienne sous le couvert de l’anonymat.La durée de cette mission n’a pas été précisée.

Lundi, alors que quelques barricades érigées dans les faubourgs de Bamako par des opposants au président Keïta, alias “IBK”, ont été rapidement démantelées par les forces de l’ordre, les pourparlers diplomatiques se sont poursuivis en coulisses.

L’imam Mahmoud Dicko, sorte d’autorité supérieure, à la fois politique et spirituelle de la contestation, a reçu en fin d’après-midi les ambassadeurs au Mali de la France, des Etats-Unis et de l’Union européenne, a-t-on appris de sources diplomatiques.

L’imam, l’une des personnalités les plus influentes du pays et bête noire du régime, a déclaré aux diplomates que les portes du dialogue n’étaient pas fermées mais que la gouvernance au Mali devait radicalement changer, selon des participants à la rencontre interrogés par l’AFP.

– Montée en puissance –

La venue à Bamako en fin de semaine des quatre chefs d’Etats marque la montée en puissance de la médiation menée depuis des semaines par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), dont la présidence tournante est actuellement assurée par le président nigérien Mahamadou Issoufou.

Jusqu’ici, les efforts diplomatiques de l’organisation ouest-africaine n’ont pas permis d’apaiser une situation qui inquiète les partenaires du Mali, pays pauvre confronté depuis des années à des violences multiformes, notamment jihadistes et intercommunautaires, malgré la présence de forces françaises, africaines et de l’ONU.

Les pourparlers menés de mercredi à dimanche à Bamako par une délégation de diplomates et d’experts, conduite par l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan, n’a pas permis d’aboutir à une solution de consensus.

La mission a recommandé la mise sur pied “de toute urgence” d’un gouvernement d’union nationale, comme l’a déjà suggéré le président Keïta, et la nomination d’une nouvelle Cour constitutionnelle chargée d’examiner en priorité le litige électoral autour des résultats des législatives de mars-avril, considéré comme l’élément déclencheur de la crise actuelle.

Mais ces recommandations se sont heurtées, avant même leur publication officielle, au refus des dirigeants du M5-RFP, alliance hétéroclite de chefs religieux et de personnalités du monde politique et de la société civile à l’origine des manifestations contre le pouvoir, qui réclame en priorité le départ du président Keïta.

Or, les envoyés de la Cédéao, s’ils prônent un partage des responsabilités gouvernementales entre la majorité présidentielle, l’opposition et la société civile, ont souligné dans leur communiqué qu’’aucune forme de changement non constitutionnel d’accession au pouvoir ne sera acceptée par la Cédéao”.

– “Dialogue pas rompu” –

La médiation a produit “des résolutions importantes”, avait estimé dimanche Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la Cédéao.”Malheureusement, nos frères du (…) M5 n’ont pas accepté ce plan, mais le dialogue n’est pas rompu.Nous allons continuer à travailler”, avait-il confié à l’AFP.

Au pouvoir depuis 2013, le président Ibrahim Boubacar Keïta est massivement contesté dans la rue depuis juin.

Au climat d’exaspération nourrie depuis des années par l’instabilité sécuritaire dans le centre et le Nord du pays, le marasme économique ou une corruption jugée endémique, est venue s’ajouter l’invalidation par la Cour constitutionnelle d’une trentaine de résultats des législatives.

Le 10 juillet, la troisième grande manifestation contre le pouvoir à l’appel du M5-RFP, a dégénéré en trois jours de troubles meurtriers à Bamako, les pires dans la capitale depuis 2012, qui ont fait au moins 11 morts.

Les dirigeants de la Convergence des Forces républicaine (CFR), proche du pouvoir, se sont dits lundi “d’accord avec les recommandations de la Cédéao”.

Le Comité stratégique du M5-RFP, l’instance dirigeante de la contestation, a pour sa part tenu une réunion dont les conclusions n’étaient pas encore connues lundi en début de soirée.

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3 COMMENTAIRES

  1. A part le président ghanéen et peut être celui du Niger les deux autres sont plus pourris que IBK
    Macky Sall fait pire que IBK d’ailleurs depuis le déclenchement de la révolte populaire et démocratique au Mali il ne dort plus il sait que le Sénégal sera le prochain pays que cette vague démocratique va toucher
    Macky Sall c’est la gouvernance du mensonge depuis 2012 il dirige ce pays par le mensonge c’est le népotisme sa femme dont le frère est un puissant ministre sans interruption depuis 8 ans enchaîne les scandales marche gré à gré portant sur des dizaines milliards détournement de deniers publics le frère de Macky Sall le sieur Aliou Sall soit disant journaliste est épinglé dans le scandale des contrats gaziers portant sur une somme de 10 milliards de dollars tenez vous bien cet argent entre BP Timis Coorporation et Aliou Sall fait l’objet d’une enquête internationale j’ai dit 10 milliards de dollars disparus tous les gisements de gaz sénégalais vendus à BP sans que les sénégalais n’y voient un kopeck
    La femme de Macky Sall qui est la véritable patronne de ce pays dirige une fondation qui est un moyen pour elle de détourner des centaines milliards destinés au ministère de la solidarité nationale
    Macky Sall a divisé le pays et la cohésion sociale favorisant les membres l’éthenie toucouleur originaire du Fouta Tooro sur les nominations aux postes de responsabilité dans l’administration et dans l’armée ce qui a crée une véritable frustration les membres de l’ethnie halpular risquent de payer cher après le départ du pouvoir de ce despote
    Macky Sall c’est l’incompétence et la servitude envers les intérêts de la France il a acheté à Alstom un train électrique qui doit relier Dakar à Diamniadio distant de 50 km a 800 millions d’euros et cela permis de sauver des emplois en France au même moment les chemins de fer sénégalais qui n’avaient besoin que de 400 milliards de fcfa sont à l’agonie
    Entre le mal IBK et le pire Macky Sall je préfère mille fois IBK

  2. “quatre présidents africains attendus pour une médiation jeudi à Bamako”

    Quand bien même ils en enverraient 10, 100, ou même 1000, si c’est pour nous pondre à nouveau des propositions incluant le MAINTIEN EN FONCTION D’IBK , ils peuvent rester chez eux et s’epargner un perte de temps et….UN DÉPLACEMENT INUTILE !😎

    Déjà, bien avant qu’il ne commette L’IRRÉPARABLE en faisant tirer à balles réelles sur SON PROPRE PEUPLE, le bouffon Zonkeba-le-tricheur-voleur meritait MILLE FOIS QU’ON DEMANDE D’URGENCE SON DÉPART !!!😎😎😎

    Mais depuis que Son Altesse s’est “EN PLUS ” permis de d’assassiner des civils sans armes (du jamais vu depuis GMT !!!😯😯😯), la seule évocation d’un éventuel maintien au pouvoir du nullard-assassin-bananier, ressemble carrément à une FARCE DE MAUVAIS GOÛT !!!🙄🙄🙄🙄🙄

    Mais il faut comprendre les envoyés de la CEDEAO ou les 4 chefs d’État qui, paraît il, se préparent à venir :

    1/ En tant que MEDIATEURS ETRANGERS SOUS LES PROJECTEURS de la communauté internationale, ils ne peuvent décemment tenir un autre discours que le discours “politiquement correct” qu’ils ont déjà tenu jusqu’ici…

    2/ En tant que CHEFS D’ÉTAT AFRICAINS eux-mêmes, ils sont TOUS susceptibles de voir un jour LEUR PROPRE PEUPLE descendre dans la rue, et demander…. LEUR PROPRE départ !😎😎😎😎😎
    (Comme le Mali aujourd’hui, comme le Burkina hier, comme l’Égypte, la Tunisie, etc etc, etc…)

    En revanche, si ces pauvres zozos sont parfaitement DANS LEUR RÔLE en proposant de telles conneries, le peuple Malien (et je refuse de parler du m5 !), est lui aussi PARFAITEMENT DANS SON RÔLE en les refusant catégoriquement !😎😎😎😎😎😎😎😎😎

  3. Espérons que ces présidents puissent comprendre la profondeur des frustrations du peuple malien dans cette gouvernance quasiment dictatoriale avec des textes démocratiques masquant totalement la façade dictatoriale de ce régime. L’ex-président Jonatan Goodlock n’a rien compris de la souffrance du peuple malien, il a totalement échoué, espérons qu’il n’en serait pas le cas pour ces présidents qui sont tous sur une autre planète eu égard à leur peuple, c’est dommage. Dans tous ces pays dont les présidents seraient de cette mission de jeudi prochain, la démocratie est totalement bafouillée dans ses fondements avec des textes totalement contraires aux aspirations profondes des peuples de ces pays, nous sommes sur une autre planète quand on jette un coup d’œil sur le comportement de ces président par rapport à leur peuple. Nous ne serons pas étonnés lorsque ces présidents viendraient jouer cinéma et fourberie et repartir sans aucune suite; quel continent?

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