Présidentielle 2012 : ATT au centre des positionnements politiques

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Décidément, le président de la République, Amadou Toumani Touré, n’a pas cessé d’être au centre des décisions qui influent sur sa cote de popularité. En effet, en remplaçant le commandement militaire au Nord, il rappelle à l’opinion qu’il n’a pas démissionné de la lutte contre les problèmes du septentrion. A l’occasion, il répond, sous d’autres formes, à l’interpellation du professeur Dioncounda Traoré qui ne voudrait pas le laisser partir sans résoudre un certain nombre de problèmes. C’est dans cette même vaine que la réaction de la BCEAO démentant les rumeurs d’intervention du président de la République concernant le paiement des Ivoiriens s’est faite sans attendre.

La sensibilité de la question méritait effectivement une réponse immédiate et sans tergiversation. Le sort de nos compatriotes en Côte d’Ivoire en dépendait. En fait, même si 2011 est à nos portes et que 2012 approche inexorablement, il n’en demeure pas moins qu’ATT veut faire preuve d’efficacité. Cette fin d’année, dans une zone sahélo saharienne et une sous région en tension, prend l’allure d’un défi d’autorité pour le chef de l’Etat. D’autant plus qu’ATT est dans une période charnière, puisque 2011 sera la dernière année où il bouclera les 12 mois. Pour certains politiciens, 2012 sera donc l’année où ATT sera mis en veilleuse puisque toute la classe politique sera braquée sur les élections générales. 2012 donnera aussi l’occasion à la classe politique de parler, en bien ou en mal, du bilan du président sortant.

Malgré tout, les acteurs politiques avisés feront sûrement preuve de beaucoup de prudence, car, même une minute au pouvoir, à Koulouba, compte. L’ancien président de la République, Alpha Oumar Konaré, qui a détenu les rênes du pouvoir jusqu’au bout, en 2002, ne l’a-t-il pas prouvé aux militants de l’Adéma-Pasj ? C’est pourquoi, ATT restera encore dans une position stratégique qui poussera sûrement certains hommes politiques, visant toujours la place de dauphin ou évitant tout simplement un mauvais revers, à être très circonspects ou à le courtiser. L’année 2012 sera aussi celle de l’organisation des élections générales. L’actualité de la sous région prouve qu’en détenant l’administration, l’armée et probablement la justice, on est en position de force.

Laurent Gbagbo ne refuse-t-il pas de quitter le pouvoir après l’avoir perdu ? Toutefois, notre pays s’est prémuni de ses dispositions, grâce à sa loi électorale, d’autant plus que l’expérience ivoirienne prouve que le refus illégal de l’alternance est de nature à mettre l’huile sur le feu. Au demeurant, dans notre pays, l’élection présidentielle de 2012 se présentera sous le double signe de l’alternance et de la continuité. Il faut rappeler qu’une partie de la classe politique, sous les labels Mouvement citoyen, ADP, Mouvance présidentielle, s’était rangée derrière le mentor ATT. On risque donc, si ces tendances remportent l’élection présidentielle 2012, de voir le programme ATT succéder à ATT.

Ils avaient soutenu la candidature du président de la République et l’avaient félicité pour sa réélection. Aujourd’hui, des hommes politiques espèrent encore profiter du fonds de commerce ATT et bénéficier de sa bénédiction pour la présidentielle de 2012, faisant fi de l’espérance de changement d’une grande partie de la population. 2012 est de plus en plus proche et de plus en plus l’avenir politique de notre pays se présente sous le défi de l’alternance.

Baba Dembélé

 

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