Refondation et élections : Ibrahim Ikassa Maïga sollicite l’accompagnement de la société civile

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Ses interlocuteurs lui signifient qu’ils ne sont pas opposés à l’organisation des Assises nationales de la refondation et à la création de l’Organe unique de gestion des élections. Ils demandent néanmoins au gouvernement d’accélérer la cadence afin de sortir le pays de la crise

L’organisation des Assises nationales de la refondation (ANR) et la création de l’Organe unique de gestion des élections (OGE) sont autant de sujets qui divisent, aujourd’hui, les Maliens. Pour trouver «un consensus général» autour de ces questions, les autorités ont entrepris, ces derniers temps, des rencontres avec les forces vives de la nation.

C’est ainsi qu’après avoir échangé avec la classe politique, lundi dernier, le gouvernement, à travers le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions Ibrahim Ikassa Maïga, s’est entretenu, mardi dernier, avec les organisations de la société civile.

Cette rencontre, qui s’est déroulée au Centre international de conférences de Bamako, a enregistré la présence des représentants de la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo), des autorités coutumières, traditionnelles et religieuses, ainsi que ceux des Maliens établis à l’extérieur.

Si une partie de la classe politique est réfractaire à l’organisation des ANR, prévue, en principe, fin septembre et début octobre, la société civile, dans son ensemble, apprécie cette initiative. C’est ce qui ressort de cette rencontre avec le ministre de la Refondation de l’État.

Toutefois, les organisations de la société civile se sont demandées si la tenue de ce forum (qui doit commencer de l’intérieur du pays jusqu’au niveau national) sera possible en raison de l’insécurité. Les participants ont approuvé la création de l’OGE, même si certains posent la question du respect de la durée de la Transition. À l’instar de la classe politique, la société civile demande d’accélérer la cadence pour une sortie de crise. Elle s’interroge également sur le sens à donner à la refondation. La question de vie chère n’a pas échappé à l’attention des participants, qui ont interpellé le gouvernement à y trouver des solutions idoines.

Le ministre de la Refondation de l’État a exposé les axes prioritaires de la Transition, qui répondent aux trois besoins des Maliens : sécurité, justice et réformes pour le changement. Refondation, a indiqué Ibrahim Ikassa Maïga, parce que ce que « nous avons, aujourd’hui, a montré ses limites ». Le ministre Maïga a ajouté que notre État connaît des dysfonctionnements dans tous ses compartiments à commencer par la Loi fondamentale.

« Quand on regarde les aspects de défense, de sécurité, de gouvernance de l’État et de fonctionnement même de la superstructure administrative pour répondre à la demande sociale, il y a bien des questions à se poser », a-t-il relevé. Idem pour les questions de services sociaux de base comme l’école, la santé, les infrastructures…
Donc, refonder notre État, c’est de pouvoir envisager toutes les réformes de façon intégrée. D’où l’initiative des ANR qui permettront de mettre à plat toutes les propositions de réformes déjà faites, afin de dégager nos choix définitifs dans tous les domaines.

En ce qui concerne le caractère souverain qu’on voudrait donner aux recommandations de ces assises, le ministre de la Refondation de l’État trouve convenable cette volonté afin qu’un groupuscule de personnes ne puissent changer le projet commun des Maliens en cours de chemin.

Parlant de l’OGE, Ibrahim Ikassa Maïga a signalé que toutes les forces politiques et sociales, ainsi que tous les acteurs du processus électoral sont unanimes qu’il faut mettre en place une telle structure. Est-ce possible dans la période qui reste à courir pour clore la transition ? En réponse, Ibrahim Ikassa Maïga dira : «Si nous le voulons, nous le pourrons. Rien n’est impossible, il suffit de le vouloir et la volonté politique, aujourd’hui, existe ».

Dans le même ordre d’idées, le ministre Maïga a déclaré que le temps qu’il faudra pour la mise en place de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) est le même pour l’organe unique. Enfin, il reste convaincu que la période de transition est la meilleure pour mettre en place cet instrument, car ni le président de la Transition, ni le Premier ministre et les membres du gouvernement n’ont vocation à se présenter aux élections à venir.

Bembablin DOUMBIA

 

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