Sept ans APRÈS leur Rupture : Enfin IBK baisse la tête devant Alpha

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Lorsque l’ex-Premier ministre utilise le nom de l’ancien Président comme fonds de commerce électoral pour 2007?rn

             Le torchon brûlait entre l’ancien chef d’Etat Alpha Oumar Konaré et son ex-Premier ministre Ibrahim Boubacar Kéïta. IBK considérait qu’il avait été trahi par Konaré. Mais à la faveur de la présidentielle du 29 avril 2007, on  enregistre une baisse dans le ton du grand frère IBK à l’égard du petit frère Alpha. A croire que ce n’est pas le même Ladji Bourama qui était le pourfendeur de l’ancien locataire de Koulouba depuis 2002. Si les observateurs s’accordent à dire que le changement de ton  peut s’expliquer par une stratégie de la part d’IBK de prouver qu’il est aujourd’hui plus proche d’Alpha qu’ATT, son principal pour 2007, il n’en demeure pas moins que l’ex-Premier ministre, toute honte bue, baisse  finalement la tête devant celui  contre qui il était en rébellion depuis au moins sept ans.

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Le nom de Konaré un fonds de commerce électoral

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            A la faveur de l’élection présidentielle de cette année, IBK doit avoir compris que seul l’argent ne suffit plus pour aller à Koulouba. Il sait également que le RPM est loin d’être de cette force seule capable de le faire gagner à cette élection. C’est pourquoi, il a senti la nécessité de faire revivre ses anciennes relations et amitiés perdues. C’est certainement dans cette optique qu’on assiste à un grand retournement dans les relations entre lui et Konaré, sept ans après leur rupture. A chaque sortie publique ou médiatique, le n°1 du RPM évoque le nom du président Konaré ou raconte des anecdotes sur l’ère Konaréenne pendant laquelle lui-même fut Premier ministre et président du parti Adéma. A chaque occasion, il fait un clin d’oeil à son ancien patron durant huit ans. Avant d’être premier ministre, IBK fut conseiller à Koulouba, ambassadeur et ministre des affaires étrangères.

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            D’abord, dans une interview accordée à Jeune Afrique n°2406, répondant à la question relative aux thèmes de campagne qu’il compte développer dans les jours  à venir, le président du Rassemblement Pour le Mali dit : “Ils sont si nombreux ! Mais je commencerai par essayer de retrouver l’Eat Mali que nous avions rêvé de mettre en place, le président Konaré et moi-même quand nous étions aux affaires…”’. C’est donc clair, IBK est dans une logique de revendiquer les oeuvres de Konaré. En serait-il donc de l’Adema dont il fut le président durant 6 ans?

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            A l’ouverture du séminaire international du RPM en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès sur le thème “élections transparentes, sincères, pacifiées…” en Afrique de l’Ouest, les 17 et 18 janvier dernier, IBK a magnifié le bilan des dix ans de l’Adéma à la tête du Mali. Un bilan qu’il assume d’ailleurs. Ce jour encore une fois, l’ancien président du parti de l’Abeille a rappelé quelques anecdotes du temps Konaré. “Je me souviens, dans la salle ce jour, lorsque le président Alpha Oumar Konaré  avait parlé des élections de 1997, des voix murmurèrent…”, s’était-il souvenu.

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            Le week-end écoulé également, à l’occasion de la mise en place du  présidium du Front pour la Démocratie et la République (FDR), IBK n’a pas failli à la tradition de réhabiliter Konaré. S’attaquant à la politique des logements sociaux d’ATT, Ibrahim Boubacar Kéïta dira : “Pour les logements sociaux, je dirai que les Maliens ont plutôt besoin de manger et de dormir dans la tranquilité. Aussi, le programme des logements sociaux a commencé sous Alpha Oumar Konaré, mais on n’a pas vu de <<Konarébougou>> ”.

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            On comprend alors qu’ IBK a choisi de changer de fusil d’épaules par raport à Konaré. Le n° 1 du RPM semble avoir compris sn salut passe par l’utilisation du nom d’Alpha comme fonds de commerce électoral est le meilleur thème de campagne électorale. Ce qui obligerait celui-ci à le préférer à ATT. Mais dans sa défense du bilan de son ancien patron, IBK s’attaque à ATT uniquement sur la base de simple rumeur. L’essentiel, c’est parvenir à le vilipender. A croire que tous les coups sont permis pour déstabiliser son adversaire, même si c’est au prix du mensonge.

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            En effet, s’il est vrai qu’il n’ya pas de “Konarébougou” bien que sous Alpha a commencé le programme des logements sociaux, il est aussi vrai qu’il n’ya pas non plus d’ATT-bougou. Jusqu’à preuve du contraire, aucune cité réalisée dans le cadre des logements sociaux ne porte officiellement le nom de l’actuel chef de l’Etat. Ce sont plutôt les bénéficiaires et les populations qui, en reconnaissance à un homme, qui donnent le nom du chef de l’Etat à ces réalisations. IBK, avec ses 62 ans, peut-il dire devant Dieu et les Maliens que dans telle localité de la République une cité réalisée dans le cadre des logements sociaux est baptisée officiellement ATTbougou? Sinon le “Kankélétigui” ne serait-il pas poursuivable pour avoir été pris en flagrant délit de mensonge vis-à-vis de son peuple?

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            Quoiqu’il en soit, la stratégie d’IBK pour 2007 paraît simple : montrer à l’opinion qu’il s’est réconcilié avec Alpha. Et que leurs retrouvailles sont réelles. Du coup , à défaut d’avoir un thème de campagne précis pour convaincre les Maliens qui disent “pourtant ATT a fait quelque chose, si on lui accordait la chance de briguer un 2e mandat, il peut toujours mieux faire ”, Ladji Bourama doit avoir choisi d’utiliser le nom d’Alpha Oumar Konaré comme fonds de commerce électorale pour accéder à Koulouba. Car s’il s’était bâti une aura politique en 2002 en se faisant passer pour une victime d’Alpha, il veut utiliser le nom de Konaré pour amener les électeurs à voter massivement pour lui contre ATT en 2007.

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Des relations carrément polémiques

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Dès qu’IBK  abandonna son poste de premier ministre en février 2000, Konaré   commença à prendre ses distances avec lui. D’abord, il nomma, pour lui succéder, un chef de gouvernement autre que celui que Kéïta  avait suggéré, à savoir Mandé Sidibé, un technocrate venu du FMI et de la BCEAO  de Dakar. De plus, les ministres proposés par le Comité Exécutif de l’ADEMA, présidé par IBK, pour former le nouveau gouvernement, avaient été, pour la plupart récusés par le président.

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            Puis, les rencontres hebdomadaires prévues au départ entre les deux hommes seront  espacées. Les coups de téléphone du chef de l’Etat à son ancien premier ministre se sont faits rares. Ainsi, les membres de la direction nationale du parti n’étaient plus consultés pour les nominations aux hautes fonctions de l’Etat. Ce qui suscita amertume, mécontentement et parfois même des critiques jusque dans les médias de la place. Car, ce n’est plus un secret pour personne que Konaré et IBK ont chacun des journaux qui défendent leurs positions  respectives.

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            Déjà IBK avait refusé d’obéir à Konaré qui lui conseilla de rencontrer les mécontents du congrès ordinaire de l’Adema tenu en octobre 1999. Pour décliner cette offre, IBK avança que son agenda ne lui le permettait pas de rencontrer Soumeylou et consorts.

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            A cela, il convient d’ajouter que Konaré aurait tenté, aux dires de ses adversaires, d’obtenir la révision de la Constitution afin de pouvoir briguer un troisième mandat. Mais l’idée n’a pas eu de suite, les  partisans d’IBK demeurant majoritaires au Parlement. Ce sont eux  qui ont surtout fait comprendre aux Maliens que Konaré avait bel et bien l’intention de tripatouiller la constitution pour rester à Koulouba. Nos compatriotes  ont cru, eux qui ne portaient plus l’ancien locataire de Koulouba dans leur coeur, présenté comme un “traitre” .

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Ainsi, les  amis d’IBK mettront tout le monde sur le dos de Konaré qui sera obligé de reporter sine die le referendum constitutionnel de 2001. Parce que les deux hommes n’étaient plus du même camp. Si l’ancien Premier Ministre qui avait piloté le forum politique national pour la révision des textes fondamentaux de la république dit qu’il y avait cette odeur de tripatouillage constitutionnel, qui pouvait ne pas lui croire? Ne dit-on pas que quand les amis se querellent, ce sont les secrets qui en souffrent?

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            Mais, dans ses confidences d’outre-pouvoir à JA/L’Intelligent n°2167 de juillet 2002, Alpha répond à ceux qui lui avait prêté l’intention de tripatouiller la constitution, notamment IBK et partisans: “Il ne m’est jamais venu à l’esprit de modifier la constitution pour rester plus longtemps à la tête du Mali. Jamais !” . A croire qu’en inventant une telle histoire, IBK avait trouvé un thème pour discréditer Konaré considéré comme un grand démocrate.

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            Pour sa part, Konaré affirme, toujours dans JA : “ Tout ce que dit Ibrahim Boubacar Kéita pour expliquer notre rupture est inexact.” Il soutient dans ses confidences qu’IBK est mal entouré, que certains de ses proches se seraient même rendus coupables de détournements et de malversations aux postes qu’ils ont occupés. Il ajoute que son ancien premier ministre n’est pas assez travailleur, qu’il “traîne des casseroles” et ne fait pas suffisamment d’efforts pour connaître les Maliens, leurs besoins et leurs aspirations.

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            C’est pourquoi, certains  prétendaient que le chef de l’Etat fit appel au premier ministre, Mandé Sidibé jouit d’une bonne réputation au Mali, du moins dans le milieu des cadres qui le connaissent. Contrairement à IBK, “qui passe pour être un bon vivant, brouillon et impulsif”, Sidibé est un homme secret, organisé et travailleur.

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            Signalons qu’Alpha monta les mécontents de l’Adéma contre IBK qui démissionna sous la pression des pro-congrès extraordinaire. Le désormais ex-président de l’Adema  part en exil durant au moins huit mois. Est-ce parce qu’on avait annoncé son arrestation dans certains milieux sur la base des faits qui avaient trait à sa gestion de la primature qu’il avait préférer s’exiler le temps de trouver les moyens de gere ce dossier avec Konaré, ce, en faisant intervenir des amis à l’extérieur?Vrai ou faux ? Ce qui est sûr cette arrestation n’a plus eu lieu.

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            En 2002, le RPM d’IBK est devenu le pourfendeur d’Alpha accusé d’avoir truqué les résultats du premier tour de la présidentielle pour recaler Ladji Bourama. Or celui-ci dit à qui veut l’entendre qu’il avait bel et bien gagné mais que le pouvoir Konaréen a volé sa victoire pour la donner à ATT. Dès fois, IBK dit aussi qu’il a cédé sa place de premier à cette élection au profit d’ATT. Finalement l’opinion ne parvient plus à suivre Mandé Mansa dans ses propos.

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            La seule certitude que les Maliens ont de cet homme, c’est le constat  d’un grand retournement dans ses relations avec Alpha. Mais le  peuple veut qu’il lui dise s’il s’est réconcilié avec Konaré. Acceptera-t-il de dire la vérité à ses compatriotes sur ses nouvelles relations avec son jeune frère, car comment  comprendre que le pourfendeur de Konaré de 2000 à 2006 devienne subitement son défenseur en 2007 ?      

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            En parlant bien d’Alpha aujourd’hui comme si leurs relations n’ont jamais été conflictuelles, Ladji Bourama oublie qu’il vient de baisser finalement la tête devant Konaré.Dieu a-t-il enfin tranché entre les deux hommes, étant donné que le président du RPM, par rapport à Alpha, disait toujours: “Allah ka tiè dèmè” ( que Dieu fasse triompher la vérité)?

rnOumar Sidibé

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