Wagué devant le CNT: ‘‘ il n’ y a aucun arrangement contre l’État’’

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Trois membres du gouvernement répondaient hier jeudi aux questions des membres du Conseil national de Transition (CNT) sur des problématiques relevant de leur département. Sur la réconciliation, le ministre Ismaël WAGUE a affirmé qu’aucun des accords signés entre les donsos et les djihadistes ne porte atteinte aux valeurs qui sont si chères à notre pays, contrairement ce que rapportent les détracteurs de ces accords.

Le ministre de la Réconciliation nationale était l’un des trois ministres interpellés devant le Conseil national de Transition. Lors de cet exercice, il défendait, pour sa part, les actions de son département dans le cadre de la réconciliation nationale tant attendue par le peuple malien, malgré la signature de l’Accord pour la paix. Pour le ministre WAGUE, la réconciliation nationale n’est pas pour l’instant un acquis, mais les efforts sur le terrain sont prometteurs.

Déjà, en 6 mois de travail, il se réjouit qu’il y a moins d’attaques au Nord et au Centre. Cette dynamique d’accalmie s’explique, selon le ministre de la Réconciliation nationale, par la performance de l’armée sur le terrain.

Outre l’aspect militaire, il a aussi évoqué les prouesses dans le dialogue entre des communautés du Centre, à travers les comités locaux de réconciliation. En la matière, le cercle de Koro est un cas d’école. Dans cette localité fragilisée par les affrontements entre Peuls et Dogons, les deux parties, lors d’une grande rencontre, ont accepté de résoudre leur différend. Le ministre a rappelé que la rencontre y afférente a regroupé plus de 400 participants et a abouti à la signature d’un accord d’entente et de paix entre les deux communautés.

« Ce sont les acteurs armés eux-mêmes qui ont décidé de s’entendre sous la direction de mon département. Subissant des attaques à tort ou à raison, ils ont décidé de faire la paix. Les communautés cessent d’être des menaces », a affirmé le ministre WAGUE qui entend dupliquer cette approche dans les autres localités confrontées aux mêmes problèmes. A cet effet, l’étape de Bankass sera bientôt programmée et sera suivie de cette de Bandiagara et éventuellement de Mopti.

Par ailleurs, il est abordé la question, avec mélancolie, des accords signés entre les populations et des djihadistes. En effet, de nombreuses localités pour jouir de la liberté d’aller et de venir, de cultiver les champs, signent des conventions avec les djihadistes, a signalé le ministre WAGUE. C’est regrettable dit-il, mais il estime qu’ils n’avaient pas d’autres solutions avec l’absence de l’État dans ces zones.

« Mais en réalité si la population signe des accords avec les djihadistes, c’est contre l’État. Parce que des clauses de ces engagements interdisent aux populations de collaborer avec les militaires. Donc, si notre population décide de ne pas collaborer avec l’armée, c’est qu’il y a un problème. C’est pourquoi l’Etat ne cautionne pas forcément ces accords », a fait savoir le Colonel-Major qui affirme ne pas en vouloir à ces individus, car c’est leur moyen de survie en attendant le retour de l’État.

En revanche, il se réjouit de l’accord arraché par le Haut conseil islamique aux donsos et aux djihadistes puisqu’il va dans le sens de l’intérêt de la population. « Tous ces engagements ont été pris dans le cadre du respect de l’État. Tout ce qui a été fait comme arrangement ne va pas contre l’État. Le seul point qui menaçait les intérêts était le départ de l’armée à Farabougou que l’on n’a pas accepté », a déclaré le ministre de la réconciliation nationale.

Il a indiqué outre les accords, que son département travaille pour la justice. « Nous sommes persuadés que sans la justice, il n’y aura pas de réconciliation. C’est pourquoi la justice a une forte place dans notre travail. A cet effet, la commission justice, vérité et réconciliation rattachée à mon département y joue un rôle important », a souligné le ministre WAGUE qui annonce qu’une politique de réparation des victimes est attendue après les audiences de la Commission justice, vérité et réconciliation.

Par Sikou BAH

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