Lutte contre les VBG/excision : Les professionnels des médias outillés par le Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille

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Du lundi 30 mars au jeudi 02 avril 2020, la salle de conférence de la directionnationale de la Promotion de la Femme, sise à Sabalibougou, a abrité un atelier de renforcement des capacités des hommes de médias sur la diffusion de l’information sur les violences basées sur le genre (VBG) excision, le mariage d’enfants et la santé de la reproduction. C’était sous l’assistance de Madame la Directrice du Programme National d’Abandon des VBG, Dr KEITA Fadima TALL.

 Organisé par le Programme national pour l’abandon des Violences basées sur le genre (PNVBG) avec l’accompagnement de l’UNFPA, l’atelier a enregistré la participation d’une trentaine de professionnels de médias (TV, Presse écrite, Presse en ligne, Radio) et la Direction Régionale de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille du District de Bamako (DRPFEF/DB). Lors de la cérémonie d’ouverture présidéepar le Secrétaire General, M. Chiaka MAGASSA représentant Madame le Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, a fera savoir que l’objectifs de l’atelier est d’informer et de sensibiliser les hommes et femmes de médias sur les VBG afin de leur inciter à faire des productions écrites, télé et radiophoniques contribuant à l’abandon de sa pratique au Mali.

 Madame la directrice du Programme National d’Abandon des VBG, Dr KEITA Fadima TALL a fait l’historique du PNVBG créé en juin 2019 et le bilan des activités depuis sa création. Elle relève que suite à la crise institutionnelle, sécuritaire et politique au Mali, plus 18 921 cas de VBG ont été rapportés entre 2012 et septembre 2019. Elle a ensuite informé que le PNVBG est en contact permanent avec le centre Djiguiya (One Stop Center), l’unité de la police nationale qui lutte contre les VBG.

Quatre jours durant les experts du PNVBG dont M. Saliki COULIBALY, chargé de Suivi du PNVBG et ses collègues :  Pr. Youssouf Bagayoko, Mme Sangaré Djelika Singaré, Mme Daou Wèllorè Kodio et Harouna Diakité ont largement informé les professionnels des médias à travers des communications et des échanges sur les politiques internationales, sous régionales et étatiques contre les VBG. La présentation des Objectifs et résultats attendus de l’atelier ; La présentation du PNVBG ; La définition des Concepts clés des VBG ; LaPrésentation des VBG ; La Pratiques traditionnelles néfastes (PTN) ; LaMutilations génitales féminines (MGF) / Excision ; Excision et droit ; La Présentation sur le mariage des enfants ; la Présentation sur la santé de la reproduction… ont été les thèmes majeurs développés.

Saliki Coulibaly a par la suite présenté les types d’excisions et de souligner que le type 2 à savoir l’ablation totale et ou partielle du clitoris est le plus pratiqué au Mali. Indiquant les taux de prévalence de l’excision par ethnies, par région et par religion, le facilitateur dira qu’il s’agit d’un problème transversal tout en mettant l’accent sur les conséquences des MGF. En présentant le module sur ‘l’excision et droit’, le facilitateur a rappelé les principaux textes nationaux et internationaux qui condamnent la pratique de l’excision.

Aussi, il a attiré l’attention des participants sur l’ampleur de la pratique du mariage précoce et le mariage forcé dans le monde et au Mali ‘’selon l’enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) de 2015, 16,1% des femmes de 15-49 ans se marient avant 15 ans contre 1,3 % des hommes, et 48, 9% des femmes de 20-49 ans se sont mariées avant 18 ans contre 4,3% des hommes. Les raisons avancées pour justifier le mariage d’enfants ont trait aux arguments socioculturels, religieux’’, dira-t-il. Et d’ajouter que la pratique n’est pas sans conséquence néfaste tant sur le plan social que sanitaire sur l’enfant prématurément marié.

Parlant de la santé de la reproduction, il a fait ressortir qu’on entend par SR un bien-être général physique, mental et social de la personne humaine pour tout ce qui concerne l’appareil génital, ses fonctions, son fonctionnement. Selon lui, la santé de la reproduction laisse cette latitude à une personne de mener en toute responsabilité une vie sexuelle satisfaisante et sans risque avec le libre arbitre sur sa procréation et de pouvoir utiliser librement les méthodes d’espacement de naissance.

Au terme des activités,les participants ont, à travers une représentante, témoigné leur satisfaction d’avoir apprendre le maximum de connaissance sur les VBG et les actions posées pour le contenir au Mali. À cet effet, ils ont émis des recommandations en vue d’améliorer les approches et stratégies pour l’abandon des VBG au Mali et pour appuyer les plaidoyers en faveur de l’adoption d’une loi VBG au Mali. Il s’agit entre autres de:Accentuer, intensifier la communication sur les VBG avec l’implication et la participation des médias ;Appuyer les productions de reportages (TV, Radio, Presse écrite, Presse en ligne) avec le milieu rural comme cible prioritaire ;   Faciliter les visites de terrain aux médias surtout en milieu rural ; Multiplier les sessions de formations à l’intention des professionnels de médias en vue d’une meilleure appropriation sur le sujet ; Impliquer les rédactions dans le programme (session de formation et d’information avec les directeurs de publication ou rédacteur en chef) ;Mettre en place un noyau d’hommes et femmes des médias pour communiquer sur les VBG (ce noyau outillé, formé pour une spécialisation sur la question) ; Une large communication et diffusion sur le document projet de loi VBG (une communication pérenne sur le contenu du projet peut sensibiliser les différentes couches et faciliter le travail du département en charge de la question) ; Revoir le plan de communication sur la question spécifique de l’excision (participation communicateur traditionnel, professionnels médias, spécialistes de PNVBG, religieux, OSC) ; Intensifier la communication auprès des femmes pour qu’elles portent le projet VBG ; Elaborer des projets d’investigation, enquêtes sur les causes profondes et facteurs liés au VBG afin de mieux les combattre ; Proposer des émissions périodes entre professionnels de medias ; Multiplication des ateliers de renforcement de capacités à l’endroit des hommes de medias afin de mieux dénoncer les VGB.

Chiaka MAGASSA, le Secrétaire Général du ministère de la promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille s’est félicité de la pertinence des recommandations qui contribueront à l’abandon des violences basées sur le genre (MGF/excision, mariage des enfants et santé de la reproduction) au Mali. Tout en rassurant l’engagement du département auprès des médias pour l’exécution de ces recommandations, il a rappelé les hommes et femmes de la presse sur les précautions de préventions contre le covid19 tout en les exhortant et encourageant à plus d’engagement pour la sensibilisation autour de cette pandémie du covid19 au Mali. Ensuite il a affirmé que le ministère porte tout son espoir sur les médias dans la lutte contre les VBG au Mali à travers des publications sensibilisatrices dans les différents organes de presse.

Dognoume DIARRA

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