Radio Klédu : Le procès de l’ORTM

0

Le Débat de radio Klédu en date du 14 janvier dernier a été un véritable ‘’procès de l’ORTM’’. Entre autres griefs portés par les auditeurs, ce sont les 52 minutes (1H 30mn selon certains) accordés à la visite d’IBK en 4ème région. Et d’aucuns appellent cela la ‘’communication’’ qui serait la mission de l’ORTM, et non ‘’l’information’’. Quelle théorie ! Une chose est sûre, les spécialistes de cette ‘’com’’ à l’ORTM et à la présidence devraient comprendre qu’en agissant de la sorte, ils desservent le président et le régime et non le servent. D’ailleurs, les auditeurs l’ont dit : « Ils ont leur programme, nous avons notre télécommande ».

Diversité des programmes oblige : Les auditeurs souhaitent aussi que l’ORTM, à l’image de ce qui se passe au Sénégal, accordent plus d’importance au bambara. Racine Thiam le reconnaît lui-même, ce serait mieux, selon lui, de ramener le Journal Télévisé en bambara à un horaire de plus grande audience, vers 20h, ou tout juste après le JT en français.

Le conseiller à la communication rend hommage aux travailleurs de l’ORTM, mais estime qu’il y a nécessité d’améliorer le programme. Sur ce point, M. Thiam sait très bien que le meilleur moyen de professionnaliser l’ORTM serait de lui accorder un statut de neutralité vis-à-vis des institutions. Il doit cesser d’être au service du seul exécutif. Et pour cela, les dirigeants des médias d’Etat devraient être protégés des sautes d’humeur de l’Exécutif. Et cela devra se traduire par des textes et la mise en place d’une véritable autorité de régulation indépendante. Pas la HAC dans son format actuel. Dans tous les cas, le désormais célèbre auditeur du Débat de radio Kledu, Bougoula, dans son coup de gueule, pense qu’il n’y a plus rien à faire pour l’ORTM, qu’il vaudrait peut-être ‘’le jeter dans le fleuve’’. Chacun son point de vue.

‘’Affaire Yanfolila’’

Certains n’ont pas compris que Yanfolila ne fût pas dans le programme de la visite d’IBK en 3ème région. L’explication de M. Thiam est que Yanfolila, tout comme Kolondieba, n’était pas au programme de la visite présidentielle pour des ‘’raisons de calendrier’’. Mais par finir, a-t-il expliqué, Kolondieba a été réintégré parce qu’il y aurait eu des rumeurs selon lesquels le président ne s’y rendait pas en raison de l’état délabré de la route. Cela aurait décidé le président à improviser Kolondieba et montrer que cela ne lui répugne pas, malgré sa bourgeoisie. Allez savoir ! Mais ne serait-ce pas par peur du sulfureux député de Kolondieba, Dr Oumar Mariko ?

Comment Kolondieba s’est-il retrouvé avec une route aussi dégradée?

A en croire Racine Thiam, IBK ne pouvait comprendre que la route d’accès à Kolondieba soit aussi dégradée. Il en aurait été fort indigné, reprochant donc implicitement cette négligence à ses prédécesseurs. Quelle fuite en avant quand on sait qu’IBK a été ministre des Affaires étrangères et qu’à ce titre il aurait dû être au courant de la situation et pu négocier des financements pour la réhabilitation de la route. Il a été Premier ministre pendant six ans. Faudrait-il conclure que pendant 6 ans, il ne savait pas l’état de cette route ? Il a été président de l’Assemblée Nationale pendant cinq ans, puis député pendant 5 autres années supplémentaires. Mais de qui se moque-t-on ?

La menace radiophonique

Des auditeurs ont appelé pour interpeller Racine Thiam par rapport à la ‘’guerre des ondes’’ qui se déroule depuis un certain temps dans notre pays. En effet, les radios, sans contrôle, sont devenues, outre un marché de dupes (avec ces charlatans thérapeutiques et autres vendeurs d’illusions), un champ de bataille à distance. E effet, des prêcheurs se sont trouvé une tribune dorée pour se régler des comptes. Chérif Ousmane Madani Haïdara avait déjà attiré l’attention sur le phénomène que l’on peut considérer comme une véritable bombe à retardement, pouvant exploser un jour au sein des communautés religieuses, en particulier musulmanes.

‘’Arrêter les critiques’’

Des auditeurs demandent au président IBK d’être au-dessus de certaines choses et d’arrêter les critiques auxquelles il se livre assez souvent ; parfois même en proférant des menaces. Cela ne sied pas à un Chef de l’Etat qui doit être au-dessus de la mêlée.

IBK n’est pas ADO

‘’Comparaison n’est pas raison’’ ; a dit Racine Thiam lui-même, en prenant l’exemple sur Allassane Dramane Ouattara de Côte d’Ivoire. Pour dire qu’au départ, les Ivoiriens disaient, après l’arrivée de Ouattara au pouvoir, que ‘’l’argent avait disparu’’. Et le régime de rétorquer que : « L’argent travaille ». Pour Racine Thiam, ‘’les Maliens ne voient pas d’abord les résultats qui viendraient nécessairement’’. Une phrase qui a fait comprendre à un auditeur que le communicateur insinuerait peut-être que ‘’les Maliens ne seraient pas en mesure de comprendre’’ la réalité ou la non réalité des actions de développement entreprises par le régime. La promesse, dit-on, n’engage que…

‘’Que les Maliens ne me traitent pas de dictateur’’, aurait dit le président à l’occasion des cérémonies de présentation de vœux. Pour dire que dans les jours et mois prochains, il prendrait des mesures impopulaires, donc courageuses. C’est ce qu’a rapporté Kassim Traoré pour signifier son espérance à ce qu’une solution soit trouvée à la ‘’guerre des ondes’’. Sur ce point, il faut dire que le président, depuis son arrivée à Koulouba, est passé ‘’maître des effets d’annonce’’ et autres ‘’coups de com’’. Alors ‘’autant en emporte le vent !

Les courtisans

Quand ceux-là mêmes qui sont censés dénoncer les tares du régime se transforment en courtisans, au point de ravir la vedette aux véritables griots, il y a forcement de quoi désespérer. C’est pourtant ce qui s’est passé tout le long de l’émission. Combien de journalistes ont envoyé des messages à Kassim Traoré, rien que pour ‘’le saluer’’. Disons plutôt pour se vendre. Quand les journalistes s’acoquinent avec le  pouvoir, bonjour les dégâts pour le Peuple. C’est l’aveugle qui aurait perdu sa canne. Presse et pouvoir au Mali, c’est véritablement une connexion dangereuse.

La Rédaction

 

PARTAGER