Face au Covid-19, l’Afrique a déjoué tous les pronostics

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Face au Covid-19, l’Afrique a déjoué tous les pronostics. Qu’en sera-t-il à présent de la gestion de l’après-crise ? Eléments de réponses lors des prochaines E-Conf Challenges.

 « L’Afrique doit se préparer au pire. Elle doit s’y préparer dès aujourd’hui », prédisait, dès le 19 mars, l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Certes, son excès de catastrophisme a fait resurgir les vieux démons des tenants de l’afro-pessimisme, que l’on pensait avoir dépassés après des années d’une croissance soutenue. Mais, son propos a néanmoins incité les Africains au dépassement de soi. En effet, au moment où les grandes puissances subissaient les effets désastreux de la pandémie, l’Afrique se mettait en ordre de bataille pour anticiper, dès la première heure, l’arrivée du coronavirus. Aujourd’hui, le continent déplore le décès de 2 126 personnes, soit moins de 1% du bilan mondial de l’épidémie estimé à 276 000 morts, le 9 mai 2020.

Aguerrie par des décennies de crises sanitaires, l’Afrique a démontré sa capacité d’adaptation et de résilience, malgré la fragilité des systèmes de santé. Ironie du sort, pour la première fois de l’histoire, c’est l’Afrique qui est en pole position. Les raisons en sont multiples. Elles s’expliquent par l’accumulation du savoir-faire africain dans la gestion des crises précédentes, comme ce fut le cas pour le paludisme et plus récemment pour Ebola. Et du fait de la jeunesse de sa population.

Au-delà de ces avantages inhérents à l’Afrique, ce qui a primé, c’est d’avoir anticipé la mise en place des gestes barrières. La faible intégration du continent africain à la mondialisation économique a également permis de juguler l’épidémie. Ce phénomène est subitement apparu comme crucial, si bien que l’on envisage à présent de relocaliser des industries.

Rien ne sera plus comme avant

La majorité des 3,4 milliards de terriens (43% de la population mondiale), qui a vécu de façon inédite le confinement, pense que rien ne sera plus jamais comme avant. Au moment où s’amorce le déconfinement, un certain nombre de questions existentielles se posent à l’humanité. Si la gestion de la crise a été bien maitrisée, qu’en sera-t-il de la stratégie de sortie ? Les enjeux futurs se cristallisent autour de cette équation. D’ores et déjà, l’on parle de l’avènement d’un nouvel ordre mondial. Et du risque de déstabilisation d’une gouvernance économique mondialisée à outrance depuis plusieurs décennies. Entre fantasme et réalité, la mondialisation a fini par montrer ses limites. Les délocalisations et autres externalisations ont jusqu’alors été théorisées pour thésauriser et faire basculer la concurrence fiscale entre Etats. Les pays occidentaux se préparent à une vague de relocalisation des industries considérées comme stratégiques, voire vitales. Qu’en sera-t-il en Afrique, où la balance commerciale enregistre un déficit chronique dans bien des secteurs relevant de sa souveraineté ?

E-Conf Challenges

Ces questionnements sont à l’origine de la série d’E-Conf Challenge, que nous avons organisée pour approfondir la réflexion avec les décideurs du Continent africain. Lors de la seconde édition, Lacina KONE, CEO de Smart Africa, a affirmé qu’il s’agissait plus que jamais de s’adapter, si l’on ne voulait pas disparaitre.

Après la série d’Econf Challenge dédiée à la gestion de la crise sanitaire, et à l’impact du Coronavirus sur la digitalisation des entreprises et des administrations africaines, CIO Mag entame une seconde série de conférences.

A l’ordre du jour, les enjeux de l’après-crise et les réponses à apporter aux questionnements :

Quels sont les grands enseignements de cette crise pour l’Afrique ? Comment le continent doit-il aborder son avenir ? De quelle manière peut-on optimiser la connexion entre le système de santé et le numérique ? Comment intégrer aux projets de R&D le contingent d’innovateurs, qui a fourni de manière désintéressée des solutions durant la crise ?

Autant de questions qui nous interpellent avec beaucoup d’acuité.

Cio Mag vous donne rendez-vous prochainement pour élaborer des éléments de réponses.

Mohamadou DIALLO, Fondateur – Directeur général de CIO Mag
cio-mag.com

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