Hôpital du Quartier-Mali: 48 heures d’enfer pour les nouveau-nés

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Il y a de ces évènements qu’on n’aimerait pas entendre, à plus forte raison en être témoin. Malheureusement, l’affaire de ‘’48 heures d’enfer pour les nouveau-nés’’ est un de ces évènements là. Pourtant c’est se passe au Centre de Santé de la Commune V, plus connue sous le nom de l’Hôpital du Quartier-Mali où, la climatisation de la salle d’hospitalisation des nouveau-nés est tombée en panne.

De l’angoisse, les parents de nouveau-nés du Centre de Santé de la Commune V  en ont connu les lundi et mardi dernier. En effet, placés en observation après l’accouchement, leurs bébés ont été exposés à une chaleur des plus intenses. La climatisation est tombée en panne. Dans les hôpitaux maliens, ce ne sont pas seulement les malades qui rendent l’âme. Le matériel, défectueux, lui aussi, trépasse. Et plus souvent qu’on ne le croit. Des mamans, en colère, l’ont appris à leurs dépens.

La salle n°08 du Service de Néonatologie où sont mis en observation les nouveau-nés, est la salle la plus reculée de l’hôpital du Quartier Mali. Lorsque les médecins constatent qu’un bébé a quelques problèmes de santé, il y est admis, généralement pour 72 heures. Mais les bébés sains, nés par césarienne y sont, aussi, placés. La température de la salle doit  être surveillée pour trouver la température optimale pour les bébés. Mais, hélas ! Confrontées aux coupures intempestives de courant, les mamans composent aussi désormais avec les pannes récurrentes de la climatisation. En effet, la salle n°08 constamment fermée d’habitude, a dû rester ouverte, pendant 48 heures. Jour et nuit. Victime de la situation, une jeune maman témoigne : «je suis à mon deuxième accouchement. Mon bébé n’a rien. Mais comme j’ai accouché par césarienne, je suis obligée d’attendre 3 jours avant de rentrer à la maison. Dans la nuit de lundi à mardi, mon bébé fait une forte fièvre. Vers 2 heures du matin, sa température était si élevée que le médecin de garde a prescrit des  médicaments que je suis allée acheter, seule, jusqu’à la pharmacie du 2e pont, celle de l’hôpital étant fermé cette heure là. Ce matin (mardi), ils ont fait une prise de sang, j’attends les résultats. Imaginez-vous, c’est là où nos bébés sont censés être sains et saufs. Malheureusement, c’est cet endroit qui les rend malades », dit-elle, l’air perdu.

Dans son livre ‘’surveiller et punir’’, Paul-Michel Foucault affirme qu’entre les hôpitaux et les  prisons, il y a une forte ressemblance. En se rendant, dans l’arrière-cour de l’hôpital du Quartier-mali, où sont installées les nouvelles mamans, on comprend mieux, la réflexion du philosophe français. Pas de toilettes. Certaines femmes, les plus audacieuses sans doute, se rendent dans les toilettes de la Morgue de l’hôpital. Les seules, dans un état acceptable. C’est à la tombée de la nuit, ou juste avant le crépuscule, que les mamans, le long du mur d’enceinte, prennent leur douche.

Mamadou TOGOLA

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