École de maintien de la paix : Réflexion pour une meilleure stratégie de protection des civils

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L’École de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye abrite, depuis hier, un atelier de haut niveau sur la protection des civils. La cérémonie d’ouverture était présidée par son directeur général, le général de division Cheick Fanta Mady Dembélé, représentant le ministre de la Défense et des Anciens combattants. C’était en présence de Mme Joanne Adamson, représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations unies au Mali et Andrew Ng, représentant de l’ambassade du Canada au Mali.

Dans le contexte actuel du Mali, la question de la protection des civils est devenue la pierre angulaire de toute problématique relative au rétablissement et au maintien de la paix. Les civils sont les principales victimes des conflits de plus en plus complexes. L’organisation de cet atelier de haut niveau par l’École de maintien de la paix rentre dans ce cadre. C’est une rencontre qui rassemble des partenaires maliens, des partenaires humanitaires, des chercheurs, des représentants de la MINUSMA et d’autres missions de maintien de la paix.

Selon la représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations unies au Mali, avec la propagation et l’aggravation des conflits dans de nombreuses régions au monde, l’amélioration de la protection des civils est devenue urgente. «La protection des populations civiles est cardinale. Depuis les évènements d’Ogossagou, nous avons renforcé le partenariat avec les FAMa et la police malienne pour essayer de mieux protéger les civils. Mais la protection physique n’est que l’un des outils dans le cadre de notre police de protection des civils», a souligné Mme Joanne Adamson. Pour elle, la justice et la lutte contre l’impunité sont également des éléments très importants dans la protection des civils et la prévention des violences.

«Il faut que les auteurs des actes de violences sachent qu’il y aura des conséquences ; les populations aussi attendent les résultats des enquêtes judiciaires en cours», a-t-elle indiqué.

Pour l’ONU, a précisé Mme Adamson, la protection des civils est la protection physique qui vient des forces de défense et de sécurité. Elle a cité quelques outils qui peuvent aider dans la protection des civils, à savoir le dialogue, la réconciliation, la justice et tant d’autres. «Maintenant, le défi est comment stabiliser le Mali. Nous pouvons profiter de l’expérience des autres partenaires qui sont associés à cet atelier de haut niveau», a-t-elle indiqué.

Pour sa part, le général de division Cheick Fanta Mady Dembélé a expliqué que les civils sont ceux qui payent le plus lourd tribut lors des conflits armés. «Pour beaucoup, la protection des civils est la mission fondamentale et elle devrait être la vraie mission de maintien de la paix…», a-t-il souligné. Mais pour lui, l’obligation de protéger des vies dans le cadre global de la sécurité collective n’exonère pas les États de leur mission régalienne de protection de leurs citoyens. «La protection des civils est également un élément important pour la crédibilité des accords politiques. En revanche, la protection des civils dans les zones de conflit sur le continent soulève de nombreuses questions», a-t-il déclaré. C’est pourquoi, il a suggéré de concevoir des systèmes performants de recueil et d’analyses d’informations facilitant la détection de tendance des exactions. Toute chose qui favorisera la mise sur pied des stratégies et approches opérationnelles permettant aux forces armées et de sécurité de protéger les civils contre toutes formes de violence.

Dieudonné DIAMA

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