Accord pour la paix et la réconciliation : Un Manifeste de la jeunesse des partis politiques pour relancer le processus de la mise en œuvre

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Dans la suite logique de ses actions citoyennes, la Fondation Balanzan, a organisé, le samedi 8 octobre 2016 à la Maison des Aînés, une rencontre avec la jeunesse des partis politiques. Objectif ? Amener sa cible à prendre conscience de son rôle dans la mise en œuvre de l’accord à travers la formulation d’un manifeste avec des propositions pour lever les obstacles à la mise en œuvre de l’accord.

Le gouvernement et les groupes armés ont signé au mois de mai 2015, un accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Un accord dont la mise en œuvre passe par l’engagement massif des maliens, notamment la jeunesse qui constitue le fer de lance du développement de toute nation. C’est conscient de cette réalité que la Fondation Balanzan pour la gouvernance et la stabilité, a organisé samedi dernier, à la maison des aînés, un atelier à l’intention de la jeunesse des partis politiques regroupée au sein du Rjppm (réseau des jeunes des partis politiques pour le Mali). La rencontre s’inscrit dans le cadre de la 3è session du Cadre pour l’Observation, la veille et l’Alerte Citoyen. Plusieurs jeunes membres de formations appartenant à la mouvance présidentielle et de l’opposition ont pris part à cette journée dont l’objectif principal est d’amener les participants à élaborer un document d’analyse stratégique de l’accord dans l’optique de dégager un dispositif d’information sur le processus de paix, en vue notamment de palier au blocage constaté dans la mise en œuvre de l’accord.

Dans son mot d’ouverture, Fassiriman Diakité, le 1er vice-président de la Fondation Balanzan, a mis l’accent sur l’importance de la rencontre. Cette rencontre qui s’inscrit, selon lui, dans la suite logique de l’action citoyenne entreprise par la Fondation Balanzan. «Elle fait écho à l’appel contenu dans l’article 51 de l’accord de paix et de la réconciliation», a ajouté le 1er vice-président. Qui a tenu  à insister sur le résultat attendu d’une telle rencontre, à savoir l’adoption d’un Manifeste comportant des propositions d’actions des jeunes leaders des partis politiques et des principales organisations de jeunes, en vue de relancer le processus de paix.

Le Président du Rjppm (réseau des jeunes des partis politiques du Mali) Bengaly Guindo a félicité la Fondation Balanzan pour cette initiative qui, dira-t-il, va contribuer à une forte implication des jeunes dans le processus de paix et de la réconciliation. «Chers camarades, votre présence massive, ce matin, est la preuve que vous êtes pleinement conscients de votre rôle dans le cadre du processus de paix et de réconciliation  dans notre pays», a-t-il déclaré.

Le Directeur National du programme de la gouvernance partagée de la sécurité (Pgpsp) l’inspecteur général Yacouba Diallo, a fait une présentation de sa structure, avant de se féliciter de la tenue d’une rencontre qui vient, selon lui, rappeler l’importance de l’implication des sociétés civiles dans la gestion de toutes les problématiques auxquelles la nation est confrontée, en terme de gouvernance de la paix, de la sécurité et du développement.

Le directeur du Pgsp a rappelé, à juste titre, la mise en place, en juillet 2015, d’un mécanisme citoyen de suivi de la mise en œuvre des engagements contenus dans l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali ; des engagements qui, a-t-il précisé, ont déjà fait l’objet d’un partenariat fructueux entre la Fondation Balanzan et le Pgsp. «Au-delà de sa pertinence, ce mécanisme citoyen constitue un gage de certitude pour l’application effective des engagements pris de bonne foi par toutes les parties. Cela contribue naturellement à la garantie de non récurrence du conflit», a-t-il poursuivi.

Les travaux de l’atelier ont débuté avec la communication de Moussa Makan Camara, président de la Fondation Balanzan. Pour l’immersion des participants (dans la thématique) le conférencier a fait l’historique de la dernière rébellion, éclatée en 2012 et qui a précipité le Mali dans la plus grave crise de son histoire. Le président de la Fondation a évoqué le contexte tumultueux dans lequel a été signé l’accord de paix, à Alger, le 15 mai 2015 en présence des représentants du gouvernement, des différents mouvements armés, ainsi que les représentants de la Communauté internationale. Moussa Makan Camara a regretté la lenteur enregistrée par la suite dans la mise en œuvre d’un accord confronté aujourd’hui à plusieurs écueils. «Les groupes armés demeurent toujours armés et non cantonnés», a-t-il fait observer. Le président de la Fondation a ensuite fait une longue énumération des difficultés intervenues dans le processus. Au nombre de ces contraintes figure, selon lui, la non opérationnalité de certains outils comme le Moc (mécanisme opérationnel de coordination), la non effectivité des patrouilles mixtes, la non installation des autorités intérimaires (qui ont suscité  de profondes divergences entre la majorité et l’opposition). Autre contraintes ? Le climat sécuritaire qui n’a cessé de se détériorer, avec des affrontements ayant opposé, à Kidal, des groupes pourtant signataires de l’accord d’Alger. Le conférencier a également noté avec regret le déplacement de l’insécurité vers les régions du centre du pays, notamment à Mopti et Ségou. Un faisceau d’indices qui attestent selon lui que le processus est bien en panne. D’où l’importance d’un tel cadre destiné à formuler des pistes pour sortir le processus de l’impasse. Cette rencontre, faut-il le souligner se tient dans le cadre de la 3è session du Cadre pour la l’Observation, la veille et l’alerte Citoyenne (Covac) de la Fondation Balanzan.

Papa Sow /Maliweb.net

 

 

Manifeste des Jeunes en faveur de la paix et la réconciliation nationale au Mali

Avant-projet

Nous, Jeunes des partis politiques de la majorité et de l’opposition,  des Associations et Organisations de jeunesse  du Mali, réunis sur initiative de la Fondation Balanzan autour du thème : » Elaboration d’un document d’analyse stratégique de l’accord et mise en place d’un dispositif d’information sur le processus de paix »,

Faisant écho à l’appel contenu  dans l’article 51 de l’Accord  de paix et de réconciliation  qui stipule : «  les parties demandent à la classe politique ainsi qu’à la société civile, notamment les organisations de femmes et de jeunes, les média, les communicateurs traditionnels, les autorités traditionnelles et  religieuses  d’apporter leur plein concours à la réalisation des objectifs de l’accord ».

Conscients du rôle historique  dévolu à chaque génération d’apporter sa pierre à l’édification d’une Nation unie, forte et prospère,

Profondément préoccupés par l’état de la Nation , en particulier  la dégradation de la situation sécuritaire et les défis multiples qui restent à relever,

Soucieux de faire avancer le processus le processus de  paix par une mise en œuvre diligente de l’Accord de paix,

Nous signataires  du présent Manifeste,

Guidés par notre engagement commun de contribuer à l’atteinte des objectifs de l’accord,

Résolus à sauvegarder les principes universels  des droits de l’homme et les principes fondamentaux de notre Nation et de la République,

Prenons l’engagement  de nous investir pleinement pour servir de  relais de diffusion et d’appropriation de l’esprit et la  lettre de l’accord.

Convaincus que les défis qui restent à relever ne sont pas au-dessus des moyens  du peuple malien,

Demandons au Gouvernement, à la Plateforme et à la CMAles parties signataires  d’entreprendre des actions pour faire face aux défis ci-après :

S’agissant du  défi sécuritaire  qui  est déterminant  et qui constitue un  préalable à tous les autres :

faire agir les accords et les mécanismes  de coopération en matière de défense et de sécurité pour soutenir les Forces Armées et de Sécurité maliennes en construction,

adopter une doctrine nationale  à l’endroit des djihadistes Maliens et assumer son choix.

Créer les conditions du retour de la confiance entre les parties, d’une part, entre les groupes armés d’autre part,

Accélérer le processus de cantonnement qui détermine les autres aspects(intégration,désarmement, DDR, redéploiement progressif des FDS, retour de l’Administration et des réfugiés) en diversifiant les sources de financement du cantonnement.

En  ce qui concerne le défi du respect des engagements et de la restauration de la souveraineté effective sur l’ensemble  du territoire national, définir et appliquer des sanctions pour permettre :

l’arrêt  des conflits en cours en apportant  des solutions républicaines  aux conflits communautaires, et intercommunautaires,

l’exercice  effectif de la souveraineté de l’Etat  du Mali sur l’ensemble du territoire national.

 

Pour ce est du  défi  d’un s’agissant du dialogue politique et de l’inclusivité  du processus de mise en œuvre  de l’Accord :

faire  de la question du Nord, une question nationale  qui transcende effectivement  les clivages politiques,

         instaurer  un Dialogue politique inclusif pour mieux assurer le a « malianisation nationalisme»  de de  l’accord   et   faciliter sa mise en œuvre,

avoir Construire une vision claire des problèmes du Nord (connexions entre la rébellion, le terrorisme etl’économie criminelle, sans compter les convoitises extérieures), aux fins d’identifier les mobiles des différents acteurs.

Enfin pour le  défi  de l’information appropriée sur le processus de la mise en œuvre  de l’accord :

         élaborer un Livre Blanc sur le processus  de paix et  sur la mise en œuvre  de l’accord.

Mettre en place un mécanisme de diffusion de son contenu .

Nous, signataires du présent Manifeste,  demandons spécifiquement

Au gouvernement du Mali

De parachever l’adoption des mesures constitutionnelles, législatives et réglementaires prévues à l’article 3  de l’accord ;

D’accélérer le processus d’organisation de la Conférence d’Entente Nationale ;

De réorganiser les forces armées et de sécurité  et assurer leur redéploiement sur toute l’étendue du territoire national du du Mali ; sous la conduite du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) avec l’appui de la MINUSMA).

D’intégrer autant que faire se peut, les jeunes dans  les institutions, organisations et commissions chargées de la mise en œuvre des l’accords ;

De prendre les jeunes en priorité dans les opérations d’intégration, d’insertion et de réinsertion militaires et/ou civiles ;

 

A la Plateforme et à la CMA :

Instaurer un cadre de dialogue inter-communautaire

Inviter les parties signataire a montrer leur bonne foi

De mettre fin aux affrontements ;

De déposer les armes ;

De démobiliser et  de cantonner les combattants ;

D’éviter toute association avec les groupes terroristes ;

De libérer Kidal afin de permettre  le déploiement de l’Administration et des Forces de défense et de sécurité nationales.

A la communauté Internationale, garante de la mise en œuvre de l’accord :

D’être à équidistance de tous les acteurs et faire preuve d’avantage de  neutralité entre les parties en vue  de  contribuer  à la restauration  et au renforcement de la  confiance entre les parties ;

D’offrir ses bons offices aux Parties  dans la résolution de la crise  et la libération de Kidal.

De sanctionner les violations de l’accord ;

D’apporter son soutien logistique  et financier indispensable à la mise en œuvre de l’accord.

A la jeunesse malienne :

De prendre  conscience de son rôle et de ses responsabilités dans le processus de mise en œuvre des engagements en général, dans la gouvernance/réforme du secteur de la sécurité en particulier.

D’avoir une  parfaite  maîtrise de la lettre et de l’esprit de l’accord dans tous ses compartiments,

De s’imposer une unité d’action de toutes les composantes de la jeunesse, au-delà des considérations politiques, régionales, ethniques et linguistiques ;

De s’informer des initiatives en cours dans le Sahel en matière de gouvernance, de sécurité Processus de Nouakchott, G5 Sahel ; Stratégies Sahel pour la sécurité et le développement.

De mettre en place desCellules de veille citoyenne dans le cadre d’un suivi régulier du respect des engagements  par les parties à  travers l’organisation d’espaces de dialogue et de concertation, tel le présent forum ; la constitution de  comités consultatifs locaux de sécurité afin de restaurer la confiance entre les populations et les Forces de Défense et de Sécurité ; de fournirla fourniture de des renseignements.

Instaurer des échanges périodiques avec lales jeunesses de toutes les  régions du Mali et  celles des pays voisins dans le cadre d’une surveillance collective des atteintes à la sécurité nationale.

Nous, signataires du présent Manifeste, prenons l’engagement :

De procéder à la remise du présent Manifeste au Gouvernement, à la Plateforme, à la CMA   au Comité de suivi de l’accord  en particulier à l’Ambassade d’Algérie, à la MINUSMA, à l’Uunion Aafricaine et à la CEDEAO, avec l’accompagnement de la Fondation Balanzan.

De mettre en place une Cellule de Veille et d’Alerte  pour  assurer le suivi  de la mise en œuvre  des dispositions du présent Manifeste.

Organiser la concertation nationale

 Fait à  Bamako le 08 Octobre 2016

Les Signataires.

 

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1 commentaire

  1. Lorsqu’on veut, on peut, dit-on.
    Les parties signataires de l’accord doivent être sincères et appliquer sérieusement ses principes.

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