Les APM en meeting à Marakacoungo sur la spéculation foncière : Mohamed Ali Bathily appelle les victimes à se montrer solidaires

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Avec plus de 60% des dossiers judiciaires, la spéculation foncière constitue une véritable bombe sociale qu’il faut vite désamorcer au risque d’amener une révolution foncière dans le pays. Dans certaines localités du Mali, des paisibles populations sont enfermées à longueur de journée, des fois injustement par des agents publics véreux. Au niveau des Associations Pour le Mali (APM) on est bien conscient de cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes. C’est pourquoi, depuis quelques temps, on a décidé de passer à la vitesse supérieure pour  aller à la rencontre des victimes. Ainsi, après Kati, le samedi 2 avril 2016, c’était au tour de la localité de Marakacoungo, dans la sous-préfecture de Fana, cercle de Dioila, de recevoir une forte délégation des APM.

Conduite par son président, non moins ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, Mohamed Ali Bathily, cette délégation était venue répondre à l’appel de la coordination locale. Au centre des échanges, rien que le foncier. Question aussi sensible que l’irrédentisme touareg comme souligné par certains intervenants. Le ton de ce long échange de plus de 3 heures a été donné par le chef de village de Marakacoungo qui a précisé que les prédateurs fonciers ont vendu toute la zone. «Nous n’avons même pas de cimetière ici» a-t-il conclu. A la suite de ce dernier, les représentants de Zantiguila, Dougouyè, Diabougou, Nianina, Doumanzana Koba, N’Doauciè et des commune voisine de Baroutourébougou et Méguetan, ont tous dénoncé le morcèlement et la vente illégaux et injustes de leurs terres par des prédateurs fonciers qui sont aidés en cela par une certaine autorité coutumière.

Invité par les populations, l’Honorable Oumar Mariko a déclaré que la question de la spoliation foncière remet plus que jamais en cause notre souveraineté. Pour en finir, selon lui, il faut que le président de la République donne un ton ferme.

Pour sa part, le ministre Bathily a regretté le manque de solidarité des victimes. En professeur de droit, Mohamed Ali Bathily a ajouté que les populations sont dans leur rôle en s’organisant contre l’arbitraire de certains cadres de l’administration. «Chaque fois que l’un d’entre vous est injustement détenu, organisez-vous pour obtenir sa libération. Ne le laissez pas seul entre les mains des prédateurs» a-t-il déclaré. A ses détracteurs, le ministre a soutenu qu’il ne veut nullement créer un conflit foncier généralisé. Selon lui, les principales menaces sont à rechercher dans la corruption, le mensonge, le vol et la spoliation foncière.

 

Yaya Samaké

 

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