Article 46 de l’avant-projet de constitution : La position tranchée de Habib Sylla

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Invité pour la première fois au Grand jury de Renouveau TV, le président du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur s’est exprimé sur l’avant-projet de constitution dont certaines dispositions oblige les Maliens à renoncer à la nationalité de leur pays d’accueil qu’ils choisissent dans la plupart des cas pour des raisons d’affaires. Il s’agit notamment de l’article 46. S’il est favorable à l’élection de leurs représentants devant siéger dans à l’assemblée nationale et au Conseil de la Nation, en lieu et place d’une nomination sur la base de service rendu à la nation, Habib Sylla ne voit pas d’un mauvais œil l’obligation pour un candidat issu de la diaspora de renoncer à la nationalité de son pays d’accueil.  «Lorsque quelqu’un décide d’être candidat, je n’y vois pas de mal… pourquoi une personne  qui décide d’être candidat ne peut seulement choisir le Mali», a-t-il expliqué. Cette position tranchée du président du HCME intervient à contre-courant d’une autre tendance qui prévaut dans les rangs des Maliens de l’Extérieur. Il s’agit de celle défendue par une autre association de la diaspora, en occurrence le CSDM de Mohamed Cherif Haidara, qui se bat bec et ongles pour que des modifications soient apportées à ladite disposition. En tout cas, ladite disposition, en plus de disqualifier certains candidats putatifs, risque d’affecter les ambitions et l’engagement de beaucoup de Maliens de la diaspora pour le Mali. Même si jusqu’ici aucun d’entre eux n’a ouvertement affiché une volonté de briguer la magistrature suprême.

 

Amidou Keita

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2 COMMENTAIRES

  1. « Lorsque quelqu’un décide d’être candidat, je n’y vois pas de mal… pourquoi une personne qui décide d’être candidat ne peut seulement choisir le Mali ».

    Je suis d’accord avec cette position très courageuse et patriotique du président du Haut conseil des Maliens de l’extérieur. Le Mali avancera avec des personnes qui savent, notamment dans les moments difficiles de la vie de la nation malienne, mettre l’intérêt supérieur du pays au dessus des intérêts particuliers.

    La proposition de la Commission chargée de la rédaction du projet de nouvelle Constitution relative à l’obligation de mono-nationalité pour candidater à l’élection présidentielle au Mali, contenue dans l’article 46, est une très bonne proposition !

    Je trouve personnellement que le projet malien ne va pas assez loin sur ce point. Elle pourrait s’inspirer de la Constitution de la Russie qui ajoute à l’exigence de nationalité unique du candidat l’interdiction de détenir au moment de la candidature à l’élection présidentielle un titre de séjour à l’étranger ou des comptes bancaires à l’étranger. Je crois que les autorités publiques de transition du Mali doivent rendre encore plus exigeantes les conditions pour se présenter à l’élection présidentielle de la République du Mali.

    Aussi, je trouve sans fondement l’argument de certains Maliens et, selon l’article commenté ici, celui de l’association de la diaspora CSDM qui ont proposé de limiter l’obligation des candidats à la présidence de renoncer à la double ou triple nationalités uniquement si le candidat est effectivement élu président de la République du Mali.
    Une réflexion sérieuse sur cette question fait vite apparaître l’impossibilité de la mise en œuvre de cette proposition. Il y a, en effet, une incompatibilité entre le délai constitutionnel rapide d’entrée en fonction du candidat désigné président de la République du Mali qui se fait à l’expiration du mandat du président en exercice (art. 54 du projet de Constitution nouvelle) et le délai du traitement par la ou les administration(s) publique(s) étrangère(s) de la demande de renonciation à la ou les nationalité(s) à l’étranger. Celai de traitement peut être très long. La vie la nation malienne ne peut pas être suspendue à une décision d’une administration publique étrangère.
    Par ailleurs, qu’en sera-t-il, par exemple, si la France de Macron, pour em-mer-der les Maliens, refuse au président élu au Mali sa demande de renonciation à la citoyenneté française ? Le Mali s’embourberait dans des luttes politiques internes violentes et dans l’instabilité.

    Dans tous les États sérieux du monde, les candidats à l’élection présidentielle doivent détenir une seule nationalité. Cette question ne devrait même pas être trop discutée en ce moment au Mali tant la réponse qui doit lui être apportée est simple.

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