Choguel Kokalla Maïga à Jean-Pierre Lacroix, chef des Opérations de Maintien de la Paix de l’ONU : “Il n’existe pas au Mali de sentiment anti-MINUSMA”

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Le Secrétaire Général adjoint des Nations-Unies, Chef des Opérations de Maintien de la Paix, est en visite de 5 jours au Mali. Dans ce cadre, il eu une séance de travail avec le Premier ministre Choguel Kokalla Maiga, ce mardi à la Primature. C’était en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, des membres du Gouvernement, du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali et Chef de la MINUSMA. Jean-Pierre Lacroix

Plantant le décor après avoir souhaité la chaleureuse bienvenue en terre africaine du Mali à l’hôte du jour et à la délégation qui l’accompagne, le Premier ministre a clairement fait savoir que le Gouvernement du Mali a toujours entretenu un dialogue dynamique avec les Nations Unies depuis l’installation de la MINUSMA dans notre pays, en 2013, dans le cadre de la mise en œuvre efficace et efficiente de son mandat. « Votre présence, ce jour, au Mali, nous offre, vous et nous, l’opportunité de renforcer ce dialogue en passant en revue, sans complaisance, les sujets de préoccupations, et en explorant ensemble les voies et moyens pour trouver les compromis dynamiques nécessaires et une compréhension partagée sur les enjeux et les attentes de part et d’autre », dira le Premier ministre.

Le chef du gouvernement a ainsi salué les efforts de stabilisation de la MINUSMA, qui opère dans un environnement particulièrement difficile, et s’est incliné devant la mémoire des victimes, de toutes les victimes, civiles et militaires, maliennes et étrangères, de la crise multidimensionnelle que traverse notre pays depuis plus d’une décennie. Pour le PM, le plus grand hommage que l’on pourra rendre aux victimes de cette crise est, assurément, de donner du sens au lourd investissement tant humain, matériel, que financier consenti par la communauté nationale et internationale pour la stabilisation du Mali. Ce qui, selon lui, requiert indubitablement un changement de paradigme et une évolution de la doctrine des Nations Unies, surtout quand sa Mission de Paix évolue dans un environnement terroriste, comme c’est le cas, notoirement ici au Mali.

Et là-dessus, Choguel s’est voulu très clair : « Comme je l’ai dit le 25 septembre 2021 à la tribune des Nations Unies, je le répète ici : Il n’existe pas au Mali de sentiment anti-MINUSMA. Mais cela dit, aussi longtemps que les raisons pour lesquelles la Mission a été déployée, à la demande de notre pays, ne sont pas comprises et satisfaites ; aussi longtemps que la MINUSMA aura du mal à s’acquitter convenablement de son mandat ; aussi longtemps, que les populations vont continuer à regretter le passé récent fait de quiétude, les interrogations sur l’utilité et la pertinence de la présence internationale constitueront des sujets de préoccupation, qu’il faut savoir aborder avec courage et lucidité et non chercher à éluder avec malice.

Le 13 juin 2022, à l’occasion de l’examen par le Conseil de sécurité du rapport trimestriel du Secrétaire général sur la situation au Mali, notre Gouvernement, a exprimé ses attentes fortes et légitimes par rapport au mandat de la MINUSMA, alors en discussion. De notre point de vue, la crédibilité de toute action de l’ONU sur notre territoire se jugera à l’aune de notre capacité collective, Gouvernement du Mali et ONU, à assurer la protection des populations civiles, à lutter contre l’insécurité et le terrorisme, à aider au redéploiement de l’État, au rétablissement de sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, et cela dans une véritable optique de stabilisation et de paix durable ».

Aussi, dira-t-il, c’est pour arriver à la paix et à la stabilité dans notre pays que le Gouvernement de Transition a érigé la question des réformes politiques et institutionnelles en questions prioritaires, c’est-à-dire comme le postulat de base de la Refondation de l’État qui constitue une demande forte et pressante du peuple malien, comme en témoignent d’ailleurs les résolutions et les recommandations des Assises Nationales de la Refondation (ANRs), tenues en décembre 2021. C’est aussi la raison pour laquelle le gouvernement du Mali, a-t-il indiqué, fait de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger, le substrat de son action, en dépit des difficultés inhérentes au processus.

Et de souligner : « Je vous annonce, d’ores et déjà, qu’une réunion de niveau décisionnel sur la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issus du processus d’Alger, qui regroupera les parties signataires, la Médiation internationale et la Communauté internationale autour du Comité de suivi de l’Accord (CSA) se tiendra dans les tous prochains jours. De même, notre détermination ne faiblira point en vue de faire accomplir au processus de DDR/I les progrès substantiels nécessaires à l’achèvement des actions prioritaires en matière de défense et de sécurité, dans le domaine politique et institutionnel, de développement économique et social, de même que la thématique réconciliation, justice et questions humanitaires.

J’ai évoqué plus haut la position de notre Gouvernement sur certains aspects de la résolution 2640 du 29 juin 2022 du Conseil de sécurité renouvelant pour une période d’un an, le mandat de la MINUSMA. Je vous réitère, ici et solennellement, les fortes réserves exprimées par l’État du Mali, quant au mécanisme des droits de l’homme, sans l’implication de l’État malien. Je sais que de votre côté, des demandes ont été faites quant à la levée de ce que vous avez appelez des restrictions, que nous considérons comme des mesures de planification et de sécurité nationale, concernant la mobilité de la MINUSMA sur certaines parties de notre territoire ».

Pour ce faire, indique le PM, il est impératif de renforcer la coordination et de continuer étroitement à travailler ensemble, la main dans la main, et non pas de travailler les uns à côté des autres, y compris sur les questions de droits de l’homme, dont le Gouvernement et l’Armée malienne sont à la fois soucieux et respectueux, en vertu de notre culture ancestrale et aussi en vertu des engagements internationaux du Mali. C’est d’ailleurs pourquoi le Gouvernement du Mali a convié la MINUSMA à des échanges pour clarifier certains aspects de la coopération afin de créer les conditions propices à la levée de la mesure suspensive de la rotation des contingents de la MINUSMA. Une mesure intervenue suite à l’affaire des 49 éléments de l’armée ivoirienne détenus au Mali.

Concernant la situation sur le terrain, en lien avec le retrait de certaines forces, le PM a tenu à assurer que des dispositions sont prises afin qu’aucune situation de vacuité, aucun vide sécuritaire ne se crée à la suite du départ des forces françaises, de la Task-Force Takuba et de la Force conjointe du G5 Sahel, dont les éléments maliens sont déjà rappelés sous le drapeau au compte de l’Etat-major des Armées. De même que les autorités maliennes accordent la plus haute attention à la situation humanitaire sur le terrain, en particulier au Centre et au Nord du pays, afin d’y apporter les réponses appropriées en coopération avec la communauté humanitaire.

Et le Premier ministre Choguel de conclure : « Je voudrais conclure, en vous réitérant la disponibilité au dialogue du Gouvernement du Mali, dans le respect de la souveraineté, de l’indépendance de notre pays et la dignité du peuple malien… ».

Flani SORA

Notre VOIE

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