Journée mondiale contre la peine de mort : AI-Mali fait l’état des lieux de l’application de la peine de mort

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Amnesty International-Mali (AI-Mali) à l’instar des autres pays a célébré, le lundi 10 octobre 2011, la journée mondiale contre la peine de mort. Pour la circonstance, l’organisation a organisé à son siège une conférence de presse où l’occasion était bonne pour le conférencier principal, Mohamed El Bechir Singaré, coordinateur juriste chargé de la peine de mort, de faire l’état des lieux de l’application de la peine de mort dans le monde.

Avant l’exposé du conférencier, le Directeur Exécutif de AI-Mali, Saloum D Traoré a fait la lecture du communiqué d’Amnesty International envoyé à tous les pays membres de l’organisation.

Dans son exposé, le conférencier a fit savoir que la journée mondiale contre la peine de mort est une initiative d’une série d’organisations fédérées depuis 2002 sous la coupole « Coalition mondiale contre la peine de mort », elle regroupe des ONG, des associations de juristes, des syndicats, des collectivités locales et toutes sortes d’organisations attachées à la lutte contre la peine de mort et désirant unir leurs efforts de lobbying et d’action sur le plan international.

Bien que des exécutions continuent d’être menées dans de nombreuses régions à travers le monde, selon le conférencier, la tendance générale vers l’abolition s’accroit. Chaque année, ajoute-t-il, moins d’exécutions ont lieu et moins de personnes sont condamnées à mort.

Si en 2010, a en croire le conférencier, 23 pays ont procédé à des exécutions, dans les années quatre vingt dix, 40 pays par an en moyenne exécutaient des condamnés à mort. Selon les chiffres d’Amnesty International, 139 pays ont aboli la peine de mort en droit et en pratique alors que la pression au niveau international augmente et que les gouvernements se détournent progressivement de cette pratique inhumaine.

Les méthodes d’exécutions les plus utilisées dans le monde, fera savoir le conférencier, sont la décapitation, l’électrocution, l’injection létale, la lapidation, la pendaison, ainsi que le peloton d’exécution. Cependant, la forme d’exécution varie d’un pays à un autre : en Chine, Thaïlande, Vietnam et aux Etats-Unis d’Amérique, l’injection létale s’est imposée comme méthode d’exécution ; en Iran, en Irak ou au Japon, la pendaison est la méthode la plus commune.

En 2010, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que la pendaison était une méthode de mise à mort inefficace et extrêmement douloureuse à tel point qu’elle constitue un traitement inhumain et dégradant. L’exécution par la lapidation est également considérée comme une méthode d’exécution particulièrement cruelle ou inhumaine par le Comité des droits de l’homme de l’ONU.

Toujours selon Amnesty International, la Chine, l’Iran, la Corée du Nord et les Etats-Unis sont les pays qui exécutent le plus au monde. Il y a eu 2.024 nouvelles condamnations à mort prononcées dans 67 pays en 2010. Et il reste encore beaucoup de secret entourant la peine de mort dans le monde entier et de nombreux gouvernements ne diffusent pas ces informations aux institutions gouvernementales internationales ou aux ONG.

Le conférencier a enfin dénoncé le traitement inhumain infligé aux condamnés à mort à travers le monde.

Notons que la journée mondiale contre la peine de mort met, cette année, l’accent sur l’inhumanité de la peine de mort.

Moussa Touré      

 

 

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