Vieux comme le monde, un adage de nos riches terroirs qui reste d’actualité dans notre grand Mali, enseigne que ‘‘même à terre, le vaincu trouve toujours un prétexte pour justifier sa défaite, en imputant celle-ci tantôt à une tierce personne, tantôt à un caillou qui lui a fait perdre l’équilibre etc.’’ Mais il est évident qu’il peut jouer son cinoche tant que cela lui plaira, sauf qu’il ne pourrait empêcher les témoins de sourire et de continuer leur chemin.
L’attitude de nos ‘’hauts d’en haut’’ après les humiliants accords d’Alger ne rappelle pas autre chose. Après avoir pris la température des Maliens en tentant de les emballer dans une salle affaire qui n’avait que des dessous électoralistes, nos généraux ont vite fait de changer le fusil d’épaule en enfourchant un autre cheval : l’argument de la paix. Sur laquelle paix le peuple a plus que fait sa religion. Et là, on nous en met plein la vue. Il ne se passe plus de jours sans que les missionnaires de la bonne cause multiplient les interlocuteurs, à travers d’onéreuses rencontres dites d’information et de sensibilisation.
Alors, qui joue à la va-t-en guerre ? Que cherche-t-on à cacher ? Pourquoi ?
Car il y a dans cette affaire un paradoxe qui heurte le bon sens: au nom du Mali et pour une raison facile à deviner, les échéances de 2007, on invite, d’un côté, à la table des négociations, un obscur représentant des irrédentistes pour lui faire des promesses mirobolantes, tandis que de l’autre, on montre les crocs à ceux qui ne cherchent qu’à être convaincus du bien-fondé d’un tel acte.
Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. A défaut de dire la vérité aux Maliens, on aurait pu se garder de se livrer à cet exercice aussi contraignant, laborieux et éprouvant qui n’aura eu que le mérite de les diviser en ‘’amis ‘’ d’ATT et en ‘’ennemis’’ du général selon qu’ils soutiennent ou non les accords signés dans des conditions suspectes.
La théorie serinée sur la paix (à préserver à tout prix) et la guerre (à éviter comme la peste) des évidences que personne ne conteste du reste, n’est que pur bluff, parce qu’on nous a pas dit à ce jour que notre pays, était menacé d’une quelconque rébellion, encore moins une guerre.
Invitant ses compatriotes à rester sereins juste après les attaques du 23 mai, ATT leur demandait plutôt de faire la part des choses entre quelques déserteurs qui ont défié l’Etat malien et… les autres. Pas plus.
Du bluff également, ces motions de soutien et ces marches surmédiatisés…une technique érigée en système de gestion de crise qui, en réalité, a plus nui à ceux qui y ont recours qu’elle ne les a servis. Les nostalgiques des ‘’années Moussa’’ ‘’Deyssane !’’
De la paix et du développement, parlons- en ! «La seule guerre qui vaille et dans laquelle nous engageons le pays, est celle de la paix et du développement ».
Ce seul son de cloche dont on nous ressasse les oreilles sur les médiats d’Etat, patrimoine national par excellence, est frustrant, voire révoltant et la population a plutôt la vague impression qu’on cherche à l’infantiliser’’
Qui a jamais empêché qui de travailler pour la paix et le développement ? Des citoyens qui ont le droit de se demander à quelle sauce ils seront mangés suite à un acte posé par leurs dirigeants ? Qu’en est-il alors de ces responsables du pays qui s’adonnent à des spéculations et trafics d’exo pendant que le peuple crève de faim au point que le chef de l’Etat en personne a dû monter au créneau fustiger les tueurs de l’économie nationale ?
Qu’est-il arrivé à ces ‘’bâtisseurs de châteaux des exo’’ au moment où le coût des céréales ‘’grattait le ciel’’ ? Qui tue le développement, et qui lutte contre la paix ? Des vermines dans le monde de la gouvernance au Mali ? Il y en a à gogo et ils ne craignent rien.
En tout cas, tant qu’ils savent chanter à la gloire d’un chef qui n’adore apparemment que ça !
Sory HAIDARA