Incroyable mais vrai: un Procureur général victime de la barbe !

05 Jan 2016 - 11:27
Mis à jour: 11 ans
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Incroyable mais vrai: un Procureur  général victime de la barbe !
Le procureur général Daniel Tessougué
Les décisions du gouvernement malien ont à peine la longevité des lucioles, même si elles s'entourent d'un brouhaha de tous les diables avec, au menu, tambours et trompettes. Tenez ! Décrétée "année de lutte contre la corruption", 2014 a enregistré les plus grands scandales financiers du Mali moderne: l'affaire du Boeing "sans papiers" et celui des équipements militaires. Valeur du dossier: 108 milliards! Pourtant, malgré les hauts cri du FMI, aucune des personnes incriminées n'a senti passer le boulet de la justice.Du coup, 2015 a vu apparaître de nouvelles affaires: celles des 1000 tracteurs et des engrais frelatés. Histoire de se dédouaner sur le dos des juges, Ladji Bourama a déclaré leur avoir transmis, sans suite concrète, 200 dossiers de délinquance financière. Le propos n'a pas, bien sûr, échappé à Daniel Tessougué, le célèbre Procureur Général près la Cour d'Appel de Bamako. Dans les colonnes de "La Sentinelle" (n° 17 du 21 décembre 2015), Tessougué réplique: "Le Président de la République a parlé de plus de 200 dossiers.Plus précisément, c'est 209 rapports de la CASCA...Je me suis amusé à voir un peu dans le document que le procureur de la Commune 3 m'a envoyé... On voit que de 2007 à 2013, il ne reste que 20 dossiers". A la question de savoir pourquoi Ladji Bourama "persiste et signe" dans ses affirmations, le magistrat répond: "Il faut comprendre que le président de la République, lorsqu'il annonce qu'il a envoyé plus de 200 dossiers à la justice, est dans son rôle.".Rôle de propagande, hein ? Du coup, le petit peuple s'interroge: Tessougué vient-il d'être relevé de ses fonctions à cause des répliques adressées au chef de l'Etat au sujet des "200 dossiers" ? C'est possible. Mais la tête du magistrat était également mise à prix depuis qu'il avait proposé de raser les "longues barbes" afin de lutter contre le terrorisme. Il s'est immédiatement attiré la sainte colère des chefs musulmans qui ont exigé son départ, prévenant que de ce départ dépendaient leurs relations avec Ladji Bourama. En attendant que celui-ci s'exécute, ils ont multiplié, dans les mosquées, les prêches enflammés contre Tessougué dont un proche fut agressé par des inconnus. Si Tessougué a pu, dans un passé récent, sauver sa place face à Bathily, alors ministre de la Justice, il a dû, cette fois, tirer sa révérence face aux "longues barbes". Ces barbes-là, nul ne parlera plus de les raser, inch Allah! Morale de l'histoire: pour peu que le gouvernement malien en fasse la demande, Tessougué entrera, en 2016, dans le livre Guinness des records en qualité de premier magistrat de l'univers victime des barbes. Qui dit mieux ? En vérité, à travers Tessougué, le parquet général perd un magistrat intègre et travailleur. Son principal défaut était qu'il avait une conception révolutionnaire de la justice qui, à ses yeux, devait servir le peuple, même contre l'avis des gouvernants. Or, en démocratie, tout fonctionnaire est prié de servir les gouvernants avant le peuple.   Tiékorobani

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Commentaires (38)

User
NIELS ABEL
NIELS ABEL 11 ans
Quand l’ex PG dit:« Et j’ai dit qu’il faut revenir à l’Etat de droit… l’Etat droit et ses exigences. Je suis procureur général, je suis commis à une mission par l’Etat. Dans l’exercice de ma fonction, je suis outragé, je suis insulté et c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités ».ça aussi c’est mettre en cause l’existence de l’état. S’il pense que nous sommes à l’état de nature que fait-il à sa place de procureur.
ALLEN
ALLEN 11 ans
Je pense que le départ du procureur Daniel doit être vu comme un signal dans la lutte contre la corruption car les 200 dossiers qu’il devait gérer dans ce domaine ne bouge pas et le président de la république est toujours calomnier pour cela. Il était donc nécessaire qu’il parte pour que quelqu’un de plus actif travaille.
ROALD
ROALD 11 ans
Je pense que le limogeage de Daniel Téssougué si je peux m’exprimer ainsi traduit la volonté du président de la république de faire de notre justice une justice crédible car un homme de droit doit savoir s’exprimer. Mais ce n’était pas le cas de Daniel qui en plus de trop parler traine avec des dossiers qui sont importants pour la nation.
AMPERE
AMPERE 11 ans
Moi je pense qu’un homme de loi doit plus être avertissement dans les normes prévues par la loi que déclaration guerrière de part et d’autres dans la presse. Cela n’honore pas vraiment notre justice qui doit être responsable.
YASSER
YASSER 11 ans
Un homme de loi doit travailler « sur le papier » comme on le dit couramment mais ces derniers temps Téssougué a trop travailler dans la presse ce qui n’est pas normal pour un magistrat et je pense que c’est ce qui lui a valu ce limogeage.
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