Affaire avion présidentiel et équipements militaires : Des proches d’IBK devant la Haute cour de justice

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Aujourd’hui,  on peut dire sans risque de se tromper  que la lutte contre la corruption a atteint sa vitesse de croisière. En effet, le juge anti-corruption vient de toucher  des  personnes très proches du président de la République dans le dossier portant sur l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires.

Après avoir fait la promesse aux Maliens de faire toute la lumière sur l’affaire avion présidentiel et l’acquisition de matériels militaires sur le plateau de l’Ortm1 où il était l’invité de la semaine le vendredi 24 janvier 2020, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Me Malick Coulibaly a tenu sa promesse.

Et cela, à travers le Procureur de la République près le tribunal de Grande instance de la commune III chargé du Pôle économique et financier de Bamako. Mamoudou Kassogué, qui, après avoir rassemblé des éléments de preuves, a transmis les résultats de ses enquêtes au Procureur général de la Cour suprême pour saisine de l’Assemblée nationale aux fins de la constitution de la Haute cour de justice pour juger les nommés Soumeylou Boubèye Maïga, Mme Bouaré Fily Sissoko et Moustapha Ben Barka tous ministres au moment des faits. Six autres personnalités de la République, parmi lesquelles des proches d’IBK, sont aussi citées dans cette affaire fumeuse qui avait fortement secoué la République en début du premier mandat du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita.

Il s’agit de Mahamadou Camara, Sidi Mohamed Kagnassy, Amadou Kouma, Nouhoum Kouma, Soumaïla Diaby et Marc Gaffajoli. Ils sont accusés de faux en écriture, usage de faux et complicité de ces faits, de complicité d’atteinte aux biens publics par usage de faux et autres malversations et de complicité de favoritisme. Parmi les accusés, l’ancien Directeur de cabinet du président d’IBK, Mahamadou Camara est le seul maintenu dans les liens du mandat de dépôt depuis le vendredi 27 mars 2020.

Dans un communiqué en date du 27 mars 2020, le Procureur anti-corruption, Mamoudou Kassogué, informe que cette mise en accusation a été facilité par des investigations menées par la Brigade économique et financière du pôle économique et financier de Bamako qui, selon lui, à permis de conforter les graves manquements à l’orthodoxie financière et comptable, relevés par le Bureau du vérificateur général avec des faits de détournements de deniers publics sur fond d’opérations frauduleuses pour un montant de 9 350 120 750 F CFA et de surfacturation pour faux et usage de faux pour un montant de 29 311 069 068 F CFA. Avec ce rebondissement dans l’affaire de l’avion présidentiel qui vise les gros poissons de la République, la lutte contre la corruption entamée par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme rentre définitivement dans une nouvelle phase.

Cette procédure judiciaire contre des anciens ministres est conforme aux exigences constitutionnelles

Ainsi, l’article 95 de la Constitution  du 25 février 1992 stipule que  «La Haute cour de justice est compétente pour juger le Président de la République et les ministres mis en accusation devant elle par l’Assemblée nationale pour haute trahison ou à raison des faits qualifiés de crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que leurs complices en cas de complot contre la sûreté de l’État (…) ».  Cette 6ème institution  mise en fonction depuis en mars 2014, est composée des députés.

N.D

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