CPI : Le Malien Ahmad Al Faqi à la barre

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Soupçonné par la Cour pénale internationale (CPI) d’avoir activement participé à la destruction des mausolées de Tombouctou pendant son occupation par les groupes jihadistes, le présumé terroriste malien doit comparaître pour la première fois devant les juges. Ce sera à la faveur de l’audience de confirmation des charges, prévue le mardi 1er mars 2016 à La Haye. Un procès très attendu par les familles des victimes, mais également par le bureau du procureur de la CPI qui se penche pour la première fois sur un dossier de présumé de jihadiste.

 

Initialement prévue le 18 janvier 2016, l’audience de confirmation charges contre Ahmad Al Faqi Al Mahdi s’ouvrira le 1er mars prochain à la CPI. En effet, en janvier 2013, à la demande des autorités maliennes, la Cour pénale internationale a ouvert une enquête au Mali sur les crimes présumés commis sur le territoire depuis janvier 2012.

A ce jour, ces enquêtes continuent, mais demeurent au stade préliminaire. Et aucun mandat d’arrêt n’avait encore été demandé par le bureau du procureur de la CPI. Mais en novembre 2014, lors de notre passage au siège de la CP, le responsable de la coopération judiciaire au bureau du procureur, Pascal Tioland, avait donné l’assurance que “les lignes allaient bouger bientôt”. C’est peut être le cas avec l’audience de ce 1er mars à la CPI.

 

Procès décisif pour la CPI

Le procureur de la CPI reproche à Ahmad Al-Faqi Al-Mahdi alias Abou Tourab d’avoir joué “un rôle majeur” à Tombouctou au sein du groupe jihadiste d’Ançar Eddine.

Le responsable islamiste avait comparu le 30 septembre dernier devant la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale, en tant qu’ancien chef de “la brigade des mœurs” de la Cité des 333 Saints. Détenu au Niger pour fourniture d’armes, ce Touareg du Nord du Mali a été transféré aux Pays-Bas le 26 septembre dernier à la suite d’un mandat de la CPI, émis quelques jours avant.

Ahmad Al-Mahdi est suspecté de “crimes de guerre” pour la destruction de neuf mausolées et de la mosquée Sidi Yahia à Tombouctou, entre le 30 juin et le 10 juillet 2012. Tous ces  monuments, dont les travaux de réhabilitation viennent de prendre fin, sont inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité. Peu avant la destruction des mausolées, l’Unesco avait inscrit la ville sur la liste du patrimoine en péril.

Un procès décisif donc pour le bureau de Mme le procureur de la Cour pénale internationale. Car ce sera la toute première fois que les juges de la CPI se prononceront sur la destruction d’édifices religieux. Selon les professionnels du droit, la peine maximale prévue par la Cour est de 30 ans de prison.

Une peine maximale sans doute très attendue par les familles des victimes qui souhaitent “un procès exemplaire contre l’impunité”. Dans une interview accordée à “Studio Tamani”, Abdoulaye Touré, l’un des responsables de l’Association des familles de l’occupation de Tombouctou, a expliqué que ces familles exigent “un procès équitable”. Selon lui, “le cas Ahmad Al Fagi doit constituer un signal contre l’impunité dans la crise au nord”.

Il y a quelques semaines dans une vidéo diffusée, le chef du groupe jihadiste, Ançar Eddine, Iyad Ag Ghaly, a demandé sa libération “sans condition”. S’opposant à l’Accord de paix d’Alger, Iyad avait appelé à la “guerre sainte”. Sans doute l’audience de ce 1er mars devrait être décisive pour sceller le sort d’Ahmad Al-Faqi Al-Mahdi alias Abou Tourab.

Issa Fakaba Sissoko

Journaliste au Studio Tamani

 

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