Négociation : Ce que pensent les Maliens

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Cheick Oumar Mara, Enseignant chercheur à l’INA (Institut national des arts)

«Pourquoi continuer à négocier avec ces rebelles»

Je pense que c’est simple. Toutes les organisations  et institutions nationales nous ont demandé beaucoup de choses que nous avons acceptées. Malheureusement, depuis plus de vingt ans, nos frères ont négocié avec ces bandits armés du nord. Malgré tout, ils ont occupé une partie du territoire. Donc, je ne vois pas pourquoi continuer à négocier avec ces rebelles. Si négociation il y a, nous ne devons aucunement négocier l’intégrité du territoire. Egalement, ils doivent répondre aux actes qu’ils ont commis. La Cour pénale internationale doit tenir compte des exactions.  Aussi, la laïcité n’est pas à négocier dans la mesure où il y a des musulmans au Mali depuis le XIIIème  siècle, sinon je dirais bien avant. Il ne faut pas dire qu’il n’y a pas de musulman. Personnellement, qu’est ce qu’ils veulent ces bandits armés et quel Islam veulent-ils nous montrer ? Concrètement, nous n’avons plus rien à dire. Et s’il y a un complot contre le Mali aussi, que la communauté internationale nous fasse le point.

Boubacar Cissé, Juriste

«L’intervention militaire est la seule solution»

La solution serait de laisser les pourparlers et de traquer tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à cette occupation des régions du nord. L’intervention militaire est la seule solution pour des gens qui ne comprennent que le langage de la violence. C’est après la récupération des trois régions occupées que nous devons commencer à négocier le sort des survivants. Il faut dire que les médiateurs de cette crise ont été partiaux, sinon je dirais sans souci d’équité ou de justice en sauvant le chef du Mnla même s’ils disent que c’est sous l’aspect humanitaire. Ces médiateurs ne prenant pas position par rapport aux populations du Nord qui ont souffert, et qui souffrent toujours, des crimes et exactions  que le Mnla ou autres bandits ont commis. La communauté internationale ne peut aucunement nous aider et leur position n’est autre chose que la division. Actuellement, il y a ouaga III. Si nous restons dans cette dynamique, nous allons voir Ouaga 1O et sans suite favorable pour le Mali. Le justificatif en est le cas de la Côte d’Ivoire. Notre armée doit agir.

 

Aminata Yattara, Inspecteur des Impôts

La négociation est toujours nécessaire

Sachez que tous les fils du Mali attendent du Mali qu’il leur donne de l’espoir pour une vie commune sans problèmes. La médiation et la négociation sont toujours nécessaires car les frères et sœurs maliens, sans accepter l’impunité et le terrorisme, doivent trouver un terrain d’entente pour vivre mieux ensemble, dans l’unité, une vraie vie de famille unie, solidaire, avec des projets d’avenir. Les frères et sœurs Maliens doivent se réconcilier tout en refusant l’impunité et le terrorisme et en garantissant à tous, la quiétude, la paix, l’intégrité territoriale, la laïcité et la sécurité durable. Après une guerre entre Maliens, entre frères et sœurs, la réconciliation nationale sera difficile, voire impossible. Sachant que la guerre contre le terrorisme, qui doit de toute façon être engagée, exige un front uni (national et international) et une cohésion nationale pour la remporter, ce serait dommage de la démarrer en ordre dispersé. Je ne dirais pas non plus que les crimes d’Aguelhok et autres doivent rester impunis. Et nous avons confiance en notre armée, mais passons toujours en premier lieu par le dialogue qui est l’arme la plus forte. Je suis sûr que nous trouverons une porte de sortie.

 

Ali Konaté, journaliste (26 mars)

«Nous devons être réalistes»

Nous devons être réalistes. Il faut comprendre que le Mali n’a tellement pas le choix que de négocier parce qu’il n’y aura point de guerre, point d’intervention militaire. C’est bien une triste réalité, même si c’est difficile à gober. Nous devons nous préparer à cette éventualité de partage et de division du territoire, tout en  acceptant de souffrir et accepter de négocier, et encore négocier. Le train est en marche depuis fort longtemps  pour arriver à une partition officielle du Mali. Cela prendra le temps qu’il faut, mais, c’est cela le scénario. Comme l’a été le Soudan, divisé  en deux avec la création de l’Etat du Sud Soudan. Ainsi, le problème touareg sera définitivement résolu. C’est de cette façon réaliste qu’il faut voir les choses, sans rancune.

Mohamed Adiaviakoye, Promoteur du centre informatique ‘’Groupe Adia’’ 

«Plus question de négociation»

 Oui pour la négociation, mais en ayant d’abord reconquis nos trois grandes villes du nord (Tombouctou, Gao et Kidal) c’est à dire négocier en position de force. On a vu, il y a à peine 2 semaines, que les combattants d’Ansar-sheitane ou terroristes ont pris la ville de Léré, à la frontière mauritanienne. Donc plus question de négociation.

Et en ce qui concerne la déclaration du secrétaire général des Nations unies, pardon des nations vénales, je ne pourrais que le critiquer car n’ayant pas pris au sérieux la sommation faite par la France, les rapports faits par la Cedeao et l’Union africaine pour se prononcer de la sorte. Ainsi, par ma voix, le peuple malien l’invite à venir voir la réalité sur le terrain et essayer de rectifier certaines erreurs.

Propos recueillis par Ibrahim M.GUEYE

Commentaires via Facebook :

7 COMMENTAIRES

  1. COEXISTENCE PACIFIQUE : POUR LE BIEN-ÊTRE COLLECTIF ET DANS L’UNITÉ

    Bonjour,

    Il est indispensable que certains Maliens reviennent à la raison pour converger vers une sortie durable de la crise et accepter la coexistence pacifique entre ethnies au Nord Mali.

    Comme vous le savez, je suis Touareg et je ne soutiens pas les atrocités commises par le MNLA et Ansar Dine.

    Je suis contre l’impunité. POUR MOI, LA NON IMPUNITÉ DOIT ÊTRE UNE OBLIGATION.

    CEUX QUI ONT COMMIS DES ACTES ABOMINABLES DOIVENT RÉPONDRE DE LEURS ACTES.

    LA JUSTICE ET LES FORCES DE DÉFENSE ET SÉCURITÉ DOIVENT FAIRE LEUR TRAVAIL.

    Je suis pour la coexistence pacifique entre communautés au Nord Mali.
    Je défends le fait qu’aucune communauté au Nord Mali ne doit prétendre posséder à elle seule le Nord Mali et que toutes les communautés doivent y vivre en harmonie.

    Certains Maliens doivent éviter de faire des amalgames, les Touaregs ne faisant pas partie du MNLA, qui n’acceptent pas le terrorisme et qui vivaient au Nord Mali ou, d’une façon général, au Mali, pourquoi, veulent-ils qu’ils n’y vivent plus parce que certains inconscients (MNLA et Ansar Dine) ont commis des torts et des atrocités ?

    Il est nécessaire de revenir à la raison et de militer tous pour la coexistence pacifique de nos parents n’acceptant pas le terrorisme et le respect mutuel entre eux pour faire du Nord Mali une zone de paix et du Mali un havre de paix durable.

    Prenons-nous la main dans la main, avançons dans ce sens et n’acceptons pas l’impunité car elle crée une spirale d’instabilité et de violence.

    Le dialogue et les négociations sont indispensables pour que tous les Maliens avancent dans ce sens dans l’unité et la cohésion.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
    E-mail: [email protected]

  2. Moi j’ai dès le début des commentaires de Dr Anasser sur les sites maliens dénoncer son parti pris et son penchant pour sauver la face à ses frères. Il doit se rendre à l’évidence que ce sont eux qui sont à la base de tous les problèmes de nos états (Niger et Mali) sur le plan sécuritaire car une minorité d’entre eux est téléguidée depuis l’étranger, ils n’ont aucune conviction dans ce qu’ils demandent, sinon ils ne seront pas aussi versatiles dans leurs positions. La seule solution qui vaille est la guerre totale pour en finir une fois pour toute, le Nord du Mali (ou du NIger) n’est pas un territoire exclusif des touaregs ils y sont d’ailleurs minoritaires dans les 2 cas. Donc stop à la démagogie, et l’armée malienne seddoit de rendre sa fierté au peuple malien. C’est une question de temps mais incha allah on ne parlera plus jamais de rébellion au Mali quand nous nous serons débarrasser des ces vermines.

    • Bonjour,
      Merci, Toure A, de votre commentaire dont le seul but est de marginaliser.

      Détrompez-vous, je ne fais aucun parti pris et j’ai ma conscience tranquille contrairement à vous qui accusez sans preuve.

      C’EST JUSTE PARCE QUE JE SUIS TOUAREG QUE VOUS PARLEZ DE CETTE FAçON, EN CROYANT QUE J’AI DES LIENS AVEC MNLA OU ANSAR DINE.

      JE NE LES SUPPORTE PAS ET JE NE SUIS PAS D’ACCORD AVEC LEURS AGISSEMENTS.

      LE MNLA ET ANSAR DINE ONT COMMIS DES ACTES ABOMINABLES, ILS DOIVENT RÉPONDRE DE LEURS ACTES.

      LA NON IMPUNITÉ N’EST PAS NÉGOCIABLE.

      Détrompez-vous, c’est vous qui êtes soupçonnable car vos idées ne tiennent pas dans un Mali tolérant qui cherche à unir ses filles et ses fils.

      Vous serez le premier à être marginalisé par vos amalgames, votre intolérance et vos discriminations.

      Vous ne casserez pas les liens ancestraux entre Maliens du Nord par votre tentative de marginalisation.

      Sachez que je dois avoir plus de contacts et de parents Touré que vous qui êtes né hier, que ça soit à Gao ou dans tout le Mali.

      Ce n’est pas vous qui allez casser ces liens par vos comportements irresponsables.

      Laissez les Maliens maintenir entre eux la fraternité, la coexistence pacifique et les liens ancestraux qui vous ne détruirez pas malgré vos agissements.

      Bien cordialement
      Dr ANASSER AG RHISSA
      EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
      E-mail: [email protected]

  3. Ag Rhissa, suite à vos commentaires precedents(1226), je ne crois pas si vous n’êtes pas Agaly en personne. On remarque que vous vous penchez tjrs du côté de ceux qui souhaitent “la négociation”, Négocier? mais c’est trop tard pour vous, sans vous manquer de respect je vous jure que vous aller regretter votre existance…

    • Bonjour,
      Merci Gabor pour votre commentaire.

      Cher frère Gabor, juste parce que je souhaite la négociation entre sœurs et frères Maliens, je vais regretter mon existence.

      Sachez que, comme vous, je souhaite l’intégrité territoriale du Mali, son unité, le respect de sa laïcité et, contrairement, à vous je souhaite le respect mutuel.

      Les Maliens doivent se rejoindre et se comprendre pour fonder ensemble, dan l’unité, le Mali de demain sans frontières entres ses filles et ses fils.

      Bien cordialement
      Dr ANASSER AG RHISSA
      EXPERT TIC ET GOUVERNANCE

  4. SANS ACCEPTER L’IMPUNITÉ ET LE TERRORISME, SAUVER DURABLEMENT LA FAMILLE MALIENNE EN SE PARLANT ET EN S’ENTENDANT, DANS L’UNITÉ ET LA COHÉSION, POUR UN AVENIR MEILLEUR ET POUR LE BIEN-ÊTRE DE TOUS.

    Bonjour,
    Merci pour tous ceux qui contribuent à la recherche d’une solution pour sortir de la crise Malienne.

    Merci à tous ceux qui sont intervenus pour enrichir de leurs idées cet article, de Ibrahim M.GUEYE, portant sur “Négociation: Ce que pensent les Maliens”. Félicitations à lui pour cet article.

    Merci à ma chère sœur Aminata Yattara, Inspectrice des Impôts, de partager mon opinion et d’avoir apprécié ma contribution au point d’en partager un extrait, avec tous nos frères et sœurs Maliens, à travers cet article. Merci pour votre intervention clairvoyante et judicieuse. Chère sœur, Aminata Yattara, ce soutien me va droit au cœur.

    Veuillez trouver ci-dessous la contribution complète.

    Sachez que toutes les filles et tous les fils du Mali attendent du Mali, qu’il leur donne de l’espoir pour une vie commune sans problèmes.

    Sans accepter l’impunité et le terrorisme, les Maliens doivent trouver un terrain d’entente pour vivre mieux ensemble, dans l’unité, une vraie vie de famille unie, solidaire ayant des projets d’avenir pour son bonheur et celui de ses enfants et petits enfants.

    Les frères et sœurs Maliens doivent se réconcilier tout en REFUSANT L’IMPUNITÉ ET LE TERRORISME et en garantissant à tous, la quiétude, la paix et la sécurité durables.

    Après une guerre entre Maliens, entre frères et sœurs, la réconciliation nationale sera difficile voire impossible.

    Sachant que la guerre contre le terrorisme, qui doit de toute façon être engagée, exige un front uni (national et international) et une cohésion nationale pour la remporter, ça serait dommage de la démarrer en ordre dispersé.

    Sans accepter l’impunité, le terrorisme, la charia et la scission du pays, les Maliens doivent ouvrir leurs cœurs et s’accepter pour créer un Mali nouveau où plus jamais ce qui s’est passé et ce qui s’était passé ne devront se répéter.

    Pour ce faire, l’engagement responsable de tous (respect des principes et conditions) est indispensable et il n’est jamais tard de changer d’avis pour sauver durablement la famille Malienne.

    J’ai proposé dans la lettre ouverte adressée, en ligne, au Président du Mali et à tous les Maliens, un guide et une plateforme de concertations nationales et de négociation pour une sortie durable et honorable de la crise Malienne, qui intègrent de tels principes et conditions pouvant constituer cet engagement responsable.

    Cet engagement responsable doit être signé par toutes les parties prenantes avant de commencer les négociations.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    Expert TIC et Gouvernance
    E-mail: [email protected]

  5. Il y a une triste realite= la division fait l’affaire a beaucoup: le Burkina de blaise, son enemi qui est le Mali sera definivement debilite, et en plus il aura resolu une potentielle rancune avec les touaregs et les terroristes qui pourraient aussi attaquer le !urkina, en plus les pays qui financent le MNla, ansar dine y aqmi auront une bonne portion d’or, de petrole etc…. Arretez! S’il y a encore une armee au Mali ne baissez pas les bras avant de lutter, on peut pas donner plus 800000 km carre sans lutter sans faire une guerre au moins. On accepera jamais donner ce territoire gratuitement s’il y a encore de compatriotes.

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