Officialisation de nos langues nationales : La réflexion en cours

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Le soninké, le bamanankan, le booré, le dogon, le fulfuldé, le hasanya (maure), le mamara (miniyanka), le maninkakan, le songay, le syenaare (sénoufo), le tămašăɣt (tamasheq), le tyeyaxo (bozo) et le xaasongaxanvo (khassonka) sont les 13 langues nationales du Mali. L’officialisation de ces langues recommandée par les Assisses nationales de la refondation (ANR) a été consacrée par l’article 31 de l’avant-projet de la nouvelle Constitution.

Plusieurs organisations patriotiques et de la société civile ont initié, hier jeudi au Centre national des ressources de l’éducation non formelle (CNR-ENF), une journée de réflexion sur la question.

Le directeur du CNR-ENF Boubacar Tabouré a rappelé que l’officialisation de nos langues nationales est possible. Pour lui, il faut en amont travailler, faire des recherches approfondies, instrumenter et traduire tous nos textes du français à nos langues et des productions en outrance de matériels didactiques. Et d’ajouter que les réflexions seront consacrées aux lois, décrets et autres documents pour faire l’état des lieux de nos langues.

À l’issue des travaux, des recommandations fortes seront produites et remises aux autorités compétentes. Le directeur du CNRENF notera aussi que l’officialisation de nos langues nationales est un objectif qu’on peut atteindre.

Selon Boubacar Tabouré, les langues nationales peuvent être utilisées à coté du français. «Il est difficile de voir un Malien parler français pendant une heure sans introduire un mot de nos langues ou le contraire. Il faut corriger ces lacunes», constate le patron du CNR-ENF, qui propose la création d’un centre de terminologie des langues.

Quant au président de la commission d’organisation de la journée de réflexion sur l’officialisation des langues nationales, Dr Mahamadou Konta, il a déclaré que ces échanges consistent à donner la parole aux acteurs pour arriver à des conclusions. L’officialisation des langues est imminente.

Notre pays est prêt sur tous les plans à aller dans ce sens. Cela ne doit souffrir d’aucune contestation, dira Dr Konta, avant de dire que toutes les 13 langues nationales seront officialisées.

La fonctionnalité viendra progressivement assure le linguiste. Nos langues travailleront concomitamment avec le français avec les mêmes valeurs et possibilités. Dr Mahamadou Konta rappellera que cette journée de réflexion est l’une des recommandations des ANR.

Par Sidi WAGUE

 

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17 COMMENTAIRES

  1. L’Afrique Francophone souhaite remplacer le français par l’anglais et l’ Afrique Anglophone souhaite remplacer l’anglais par le français. Et de plus en plus de Canadien et d’Américains ( Louisiane, Mississipi,Idaho, etc…) se mettent au français.

    • Ce n’est pas cela le fond du problème. La priorité, c’est d’abord et avant tout d’assurer la survie de nos propres langues en assurant leur transmission à nos enfants. Ce qui importe avant tout c’est d’abord d’enseigner nos propres langues en mettant un terme à l’enseignement MONOLINGUE ET EXCLUSIVISTE du français. IL S’AGIT DE REMPLACER L’ENSEIGNEMENT MONOLINGUE PAR UN ENSEIGNEMENT MULTILINGUE PROPRE AU MONDE GLOBALISÉ DANS LEQUEL NOUS VIVONS. Nous ne pouvons pas enseigner seulement nos langues et ignorer les langues internationales. Nous ne pas non plus enseigner seulement une langue internationale et oublier nos propres langues maternelles, les langues qui font de nous ce que nous sommes en tant que groupes humains distincts. Donc, il faut choisir entre le français et l’anglais une deuxième langue, la langue la plus à même d’assurer le développement scientifique et les échanges commerciaux et diplomatiques à l’échelle internationale. De ce point de vue, L’ANGLAIS EST LA DEUXIÈME LANGUE CHOISIE PAR TOUS LES PAYS DU MONDE, Y COMPRIS LA FRANCE, une fois qu’ils ont assuré l’enseignement de leurs propres langues maternelles. Ce n’est pas une question de “haine du français” comme le disent de façon vulgaire et simpliste certains individus incultes. Sinon, pourquoi vous, vous enseignez l’anglais comme deuxième langue chez vous? C’est une question de bon sens que même des pays comme la Chine ou la Corée du Nord ou encore Cuba et l’Arabie Saoudite, en fait TOUS LES PAYS DU MONDE, ne se sont pas permis d’ignorer. Nous sommes les seuls à qui on dit: “Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais”.

      • Le choix d’une langue étrangère dépend de l’environnement. Choisir l’anglais quand on est entouré de pays francophone va nous faire perdre des opportunités de collaborations et d’échanges économiques. Le Rwanda a choisi d’enseigner l’anglais non pas pour l’économie (le Rwanda ne décolle pas et doit piller la RDC pour avoir des devises) mais parce que ceux qui ont pris le pouvoir étaient anglophones. Il cherche maintenant a redévelopper le français pour des raisons économiques. Les chinois, russes, turcs qui viennent faire des affaires nous parlent en français. Nos échecs économiques dépendent de nous pas du français. Et l’anglais ne changera rien.

        • D’abord, les pays que tu appelles francophones ne sont pas des pays francophones puisque dans chacun de ces pays la majorité de la population ne parle pas un mot francais. Ensuite, peux-tu me citer un seul pays, je dis bien un seul pays, où la première langue étrangère enseignée aux enfants n’est pas l’anglais? Tous les pays du monde dont la première langue n’est pas l’anglais ont pour deuxième langue enseignée aux enfants l’anglais. Tous, Y COMPRIS LA FRANCE. Pourquoi nous on serait différent?

          A partir du moment où nous allons adopter nos langues maternelles comme premières langues enseignées aux enfants, nous allons devoir choisir entre le français et l’anglais comme deuxième langue. Donc, NOUS ALLONS FAIRE COMME L’ALGERIE, COMME LE MAROC, COMME LA TUNISIE, ETC. (QUI ÉTAIENT TOUS DES PAYS DITS FRANCOPHONES) ET TOUS LES AUTRES PAYS DU MONDE, PARTOUT DANS LE MONDE: NOUS ALLONS CHOISIR L’ANGLAIS.

    • Ah bon. La CI a dépassé le Nigeria. Le Sénégal est en pleine croissance et parmi les premières économies dAfrique nous trouvons de nombreux pays francophones.

  2. Merci beaucoup Kinguiranke. Il faut le dire et le répéter: l’enseignement effectif et généralisé de nos langues (et non la seule officialisation sans autre conséquence) est une question vitale, une question de survie de nos communautés en tant que groupes humains. L’enseignement monolingue du francais tue progressivement, de façon insensible, nos langues et nos cultures. Si dans des pays comme le Mali ou le Sénégal nos langues survivent encore et résistent tant bien que mal, c’est en raison des initiatives prises par nos gouvernements dans le passé et de leur enracinement communautaire, historique et démographique. Mais il est sûr et certain qu’elles sont en train de céder progressivement la place au français et qu’à moyen ou long terme, elles mourront de leur belle mort si nous ne réagissons pas dès aujourd’hui. Dans des pays comme le Gabon ou la Côte d’Ivoire, le génocide culturel est déjà en cours car une bonne partie des jeunes ne parlent aucune de leurs langues maternelles, ne parlent aucune autre langue que le français. Je pense qu’il n’y a rien de plus triste au monde car encore une fois, la transmission de sa langue et de sa culture à ses enfants est pour tout groupe un droit humain fondamental, un droit inaliénable. Priver un groupe de cette possibilité, sous une forme ou une autre, est un crime sans nom, un génocide culturel.

    Je l’ai dit ici à maintes reprises: le devoir premier de tout gouvernement est d’assurer la survie physique (c’est-à-dire la sécurité et la reproduction biologique dans le temps qui assure la permanence physique des individus qui composent le groupe) et la survie culturelle, en particulier de la langue (sans laquelle le groupe n’existe plus en tant que groupe distinct). En conséquence, c’est une stupidité sans nom et une démission inqualifiable que de promouvoir nous-mêmes le suicide culturel de nos communautés en maintenant l’enseignement monolingue du francais. C’est aussi un crime dont nous serons tenus comptables par les générations futures.

    Cette initiative est donc la bienvenue et il faut féliciter ses promoteurs. Toutefois, comme souvent en Afrique, il me semble que le chemin emprunté risque de remettre aux calendes grecques non pas l’officialisation formelle, mais l’enseignement EFFECTIF ET GÉNÉRALISÉ de nos langues. En effet, on semble nous dire qu’il faut d’abord que tout soit prêt, que toutes les conditions soient réunies avant de se lancer. Or, si on veut entreprendre quelque chose, on n’a pas toujours besoin d’attendre que toutes les conditions idéales soient réunies pour se lancer car les conditions ne se réuniront jamais d’elles-mêmes. A mon avis, il faut commencer et considérer l’enseignement généralisé de nos langues comme un processus qu’il faudra ensuite consolider tous les jours à la lumière de l’expérience acquise car nous ne saurons jamais ce qui marche et ce qui ne marche pas tant que nous ne nous serons pas lancés. De la même manière qu’on n’apprend pas à nager en lisant des livres mais en se jetant à l’eau, il faut lancer le processus, aussi imparfait soit-il, et travailler ensuite à le perfectionner tous les jours au regard des difficultés que nous aurons rencontrées ici et là. Le Mali dispose d’ailleurs de toute l’expérience et de toutes les leçons apprises au cours des décennies passées. Il faut aussi rappeler que la quasi-totalité des pays du monde sont comme nous des pays multiethniques et plurilingues où on enseigne aussi les langues nationales. Nous pourrons donc nous inspirer de ce qui se fait en Indonésie, au Pakistan, en Thailande, etc.

    Pour ce qui est du francais, je suis pour son abandon total et le plus tôt sera le mieux. La raison en est que personne, dans les reste du monde, en dehors de l’Afrique dite francophone, n’enseigne le francais à côté de ses langues nationales, sauf comme sujet d’études et comme langue étrangère. Partout, dans tous les autres pays du monde, la langue enseignée à côté des langues nationales est l’anglais. MÊME EN FRANCE, LA PREMIÈRE LANGUE ENSEIGNÉE A COTE DE LA LANGUE NATIONALE EST L’ANGLAIS. C’est aussi le cas en Chine, en Allemagne, en Thaïlande, en Corée du Sud, et même en Corée du Nord, etc. Partout, sur tous les continents, la première langue étrangère adoptée parce que reconnue comme langue de la science et des échanges internationaux est l’anglais.

    En conséquence, une fois que nous aurons accompli ce devoir sacré qui consiste à assurer la survie de nos langues et de nos cultures en rendant leur enseignement obligatoire, effectif et généralisé, nous devons nous donner pour mission de généraliser l’enseignement de l’anglais pour que nos étudiants puissent aller étudier partout dans le monde, que nos scientifiques puissent publier dans la langue dans laquelle 98% des publications scientifiques se font aujourd’hui et que nos dirigeants et nos hommes d’affaires se sentent à l’aise dans les échanges diplomatiques et le commerce international.

    Il faut le répéter: l’anglais est, à notre époque, la langue de la science et du commerce international. Ce n’est ni le francais, ni le mandarin, ni le chinois, ni l’hindi ou l’arabe. C’est l’anglais et il serait stupide de ne pas faire ce que tout le monde fait, y compris les Français qui nous disent: “Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais”. Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, sont tous en train d’abandonner progressivement le francais au profit de l’anglais. Tous les pays et tous les gouvernements du monde le reconnaissent et agissent en conséquence. Nous devons faire de même.

    Et puis, de toutes les façons si nous voulons exister en tant que pays distincts, nous devons abandonner le français car autrement nous ne serons jamais qu’un appendice ou un succédané de la France. Tout comme les adolescents “tuent le père” pour se forger une identité distincte, nous devons aussi nous débarrasser du français pour forger notre propre identité.

    • Pas d’inquiétude. Les terroristes qui gagnent du terrain interdisent le français et le remplace par l’arabe; Votre souhait se exhaussé et l’arabe sera votre langue.

  3. Wague yugo, bougeons et allons de l’avant pas de temps a perdre pour développer un Mali pluriel avec toutes nos langues nationales et un Mali dans un monde connecte, parlons toutes les langues possibles car parler une langue est un moyen de percer les secrets et les realisations scientifiques d’une culture ou d’un pays!. Sortons du Français seul comme l’Algerie et le Rwanda ont fait.

      • Sage réflexion devant la montée des périls comme nous le montrent ces contrées qui se livrent des batailles pour l’exploitation des mines d’or désaffectées par les compagnies minières.

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