Pour refus de se soumettre à une pratique dite coutumière : Bakary Tako Konaté séquestré par six jeunes

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Les faits se sont déroulés dans la commune de Ambidédi, cercle de Kayes, où un jeune du nom de Bakary Tako Konaté a fait les frais d’une séquestration par d’autres jeunes dans son champ, le 05 octobre 2019, à LanyMody. So crime : avoir refusé de participer aux travaux « mutuels », une pratique coutumière.

Suite aux hostilités entre des habitants des villages de Lanytounka, LanyTakoutalla et LanyMody sur des pratiques dites traditionnelles, nous nous sommes rendus dans les lieux pour nous enquérir de la situation. Au cours de nos investigations, différentes versions sur ladite pratique nous ont été expliquées par les protagonistes.

Selon les chefs des villages, ce qui se passe chez eux, c’est la tradition et la coutume, et non l’esclavage, comme beaucoup l’interprètent. « Il n’y a pas d’esclavage dans nos villages ici. Nous savons que l’esclavage est aboli », a laissé entendre Boubou Soumaré, porte-parole du chef de village de LanyMody. C’est une convention entre familles qui consiste à travailler mutuellement, ajoute-t-il. Demandé pourquoi cette violence autour de la question, M. Soumaré de dire que ce sont eux les propriétaires des terres. Ils les louent à qui ils veulent. Or, les terres qu’occupent ceux qui refusent de respecter la coutume ont été obtenues grâce à cette même coutume, explique-t-il. C’est pourquoi on leur a demandé de laisser les parcelles qu’ils cultivent s’ils ne veulent pas continuer avec la tradition, poursuit-il.

Mahamadou Bathily, fils du chef de village de LanyTakoutalla, d’ajouter que c’est de l’entraide. A ses dires, il n’y a rien entre eux. C’est juste la coutume. Pour lui, cette question d’esclavage a été orchestrée pour déstabiliser la cohésion sociale dans leurs villages. « J’ai reçu 58 convocations sur cette affaire, avec une peine de 12 mois de sursis et un million de FCFA », affirme-t-il.

Pour les « victimes », c’est de l’esclavage pur et simple. Sinon, pourquoi leur retirer les terres pour un simple refus de travail mutuel ?

« Même nos propres filles, on ne peut pas les donner en mariage. Ce sont les « maitres » qui les donnent en mariage », a révélé un membre de la communauté « esclave » qui a requis l’anonymat.

Quand nous avons décidé de ne plus faire les travaux des esclaves, c’est là qu’a commencé notre calvaire, dénonce un autre membre. On nous réprime pour qu’on reste sous leur contrôle.

En 2018, Seydou Ladji Kanouté a été agressé par Birama Kondjo Bathily, le frère cadet du chef de village de Lany Tounka, pour avoir célébré la salat. Suite à cette agression, les familles dites « esclaves » ont décidé d’arrêter l’exécution de certaines tâches qui leur sont destinés, selon les victimes. C’est là qu’a commencé les conflits car, les « maitres » étaient mécontents de notre position, racontent-ils. Des embargos de tous genres nous ont été imposés. Pire, nos terres nous ont été retirées, indiquent-ils. « En 2018, nous n’avons pas cultivé », nous confie l’un des jeunes de cette communauté « esclave » au cours de nos investigations à Kayes.

Aussi, avons-nous rencontré Bakary Tako Konaté au tribunal de Kayes, la dernière victime de la localité, dont l’affaire est devant le tribunal.

Selon ce dernier, il a été agressé par six jeunes parce qu’il est esclave. « C’est dans mon champ que Salia Kanouté, Antioumane Kanouté, Djiguinè Kanouté, Kaou Kanouté, Bilaly Kanouté et Djibi Kanouté sont venus m’agresser en me demandant de quitter mon champ. Et ils m’ont attaché, frappé et m’ont pris par mon sexe pour m’amener dans leur jardin, de 16 heures jusqu’à 21 heures », explique la victime. Aussi, ajoute-t-il, ils ont enlevé mon téléphone et les clefs de ma moto jusqu’ici je ne les ai pas eus.

Aux dires de Bakary Konaté, les auteurs affirment n’avoir pas peur parce qu’ils ont un soutien au sommet de l’Etat. Ce soutien serait un conseiller à la primature, du nom de Sidi Kanouté. Et que cette affaire n’ira nulle part. Lors de nos investigations, des sources concordantes ont affirmé que ce dernier a appelé à plusieurs reprises concernant cette affaire. Même si elles ignorent dans quel but.

De toute façon, les agresseurs sont sous contrôle judiciaire, selon nos informations recueillies auprès du tribunal de Kayes.

Oumar SANOGO, envoyé

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5 COMMENTAIRES

  1. @wsr: Tres lamentable, comment le noir peut etre mechant pour le noir, aucune fraternite et aucune solidarite mais la domination comme la loi de la jungle, c’est pourquoi nous avons ete vendus comme du betail sur les marches de Saint Domingue et de la Louisiane! Conquis et colonises comme des animaux!

  2. Messieurs les Juges, prière ordonner aussi à ce qu’on prenne ces malfaiteurs-là par leurs S…. aussi, exactement comme ils l’ont fait à la victime. Courte queue se paye par courte queue! Dent pour dent; oeil pour oeil!

  3. ” … avoir refusé de participer aux travaux « mutuels », une pratique coutumière… ” … ///…

    :
    Dans la Région de Kayes, en Zones Rurales. Tout ce qui relève de travaux collectifs, de travaux d’intérêt collectif dans les Villages
    comme la construction ou la rénovation des miradors des PLACES PUBLIQUES des VILLAGES…,
    la construction ou la rénovation des routes dans les VILLAGES…,
    la construction ou la rénovation des Routes entre différents Villages des COMMUNES…,
    les creusements ou la rénovations des puits publics…, etc… !
    Tout ce qui est travaux d’intérêt général, se fait par ce qu’ils appelles les ” Djons “… !
    Les ” Niamakhala ” y participent modestement…, en encourager les braves ” esclaves ” à la tache.

    Ceux qu’ils appellent les ” horons ” ( les nobles ), n’y participent pas, d’aucune manière… !

    Un ” djon ” qui refuse de participer aux travaux, il est mal traité par ses propres Frères ” djons “.
    S’il persiste à refuser d’y participer, il est interdit d’usage des réalisations auxquelles il n’a pas participé.
    Mais les ” horons ” ( les nobles ), eux ils peuvent user des réalisations auxquelles ils n’ont pas participé.
    Cela doit changer… !
    S’il y a des travaux collectifs à faire, pourquoi ne pas faire payer ces travaux par les COMMUNES… ?

    On n’ qu’à donner de l’argent à des volontaires qui voudraient bien le faire contre rémunération… ?

    Ces travaux doivent être financés par les COMMUNES ou par les ASSOCIATIONS VILLAGEOISES… !

    Comme ça Personne ne subit… !

    Ou alors, si les villageois devaient le faire sans être rémunérés…, c’est tout le monde dans les villages, les djons,, les horons et les Niamakhala, qui devraient y participer… !

    Que tout le monde mette les mains à la pâte, sauf les Personnes âgées, les Femmes et les Enfants… !

    Le Mali n’est pas un pays démocratique dans le sens où on l’entend. Cela devrait changer…
    Nous devrions agir pour un ETAT de Droit égal pour tous… !

    Non au communautarisme.
    Non à l’ethnocentrisme.
    Non aux discriminations.

    Non à l’esclavage par ascendance…
    Non à l’esclavage sous toutes ses formes.

    Non au sectarisme.
    Non au racisme.
    Non à l’ostracisme.

    Non au séparatisme.

    Vivement le Mali pour nous tous.

    • Tres lamentable, comment le noir peut etre mechant pour le noir, aucune fraternite et aucune solidarite mais la domination comme la loi de la jungle, c’est pourquoi nous avons ete vendus comme du betail sur les marches de Saint Domingue et de la Louisiane! Conquis et colonises comme des animaux!

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