Rentrée des cours et tribunaux : La famille judiciaire face aux défis environnementaux

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Le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita, président du Conseil supérieur de la magistrature a présidé, lundi dernier, l’audience solennelle de la rentrée des cours et tribunaux sur le thème «justice et protection de l’environnement». C’était en présence de la grandefamille judiciaire et des représentants des institutions judiciaires du Niger de la Mauritanie, de la Guinée- Bissau et de l’UEMOA, etc.

L’audience solennelle de la rentrée  des cours et tribunaux a été marquée par l’intervention du président de la Cour suprême,  du rapporteur général de l’audience,  le réquisitoire du Procureur général près la Cour suprême, le plaidoyer du Bâtonnier de l’ordre des avocats du Mali et l’intervention du président du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Au cours de cette cérémonie, tous les intervenants ou presque  s’accordent sur un constat : la protection de l’environnement au Mali souffre de la non-application de la panoplie de textes nationaux et internationauxratifiés par le Mali. Mais aussi,de la technicité et de la complexité du secteur de  l’environnement.

Le président de la Cour suprême,NouhoumTapily a indiqué que les défis environnementaux constituent, aujourd’hui, une préoccupationmajeure pour l’humanité. Avant d’ajouter qu’outre la constitution du 25 février 1992 qui dispose en son article 15 que «toute personne a le droit de vivre dans un environnement sain…», la protection de l’environnement au Mali  est régie par une trentaine de textes. A ceux-ci s’ajoutent les textes internationaux relatifs à l’environnement ratifiés par le Mali. Mais le hic est que leur application a toujours fait défaut  au Mali.Face à cette situation, leprésident de la Cour suprêmeen appelle à une synergie d’actions entre la justice  les acteurs de la protection de l’environnement, pour uneapplication effective des textes nationaux et internationaux. Aussi, il invite les victimes des nuisances environnementales provoquées par les sociétés minières à s’organiser afin que justice leur soit rendue.

Le rapporteur général de l’audience indique, pour sa part,  que la panoplie de textes élaborés pour  protéger l’environnement au Mali,contrastent avecles réalités socioculturelles des Maliens. D’où, la difficulté de leur application. Il recommande, en lieu et place de ces «textesépars», un Code de l’environnement et la formation des magistrats sur le droit de l’environnement.

Le Bâtonnier de l’ordre des avocats  met l’accent sur les grandes catastrophes naturelles qui ont affecté le monde. Des catastrophes dues essentiellement à la dégradation de l’environnement  et au réchauffement de la planète, lesquels sontprovoqués par  l’homme.

Me Seydou Sidiki Coulibaly a rappelé que la législation environnementale n’est pas chose nouvelle au Mali. Elle remonte depuis le 13è siècle avec la Charte du Mandé ou Charte de Kurukan-Fuga.Il déplore le fait que le Mali soit un champion dans la ratification des textes sur la protection de l’environnement,mais dernier dans  leur application.

Me Coulibaly a profité de cette audience solennelle pour interpeller le président de la Républiquesur la corruption érigée, dit-il, en mode de vie et en système de gouvernance, sur l’école malienne  à l’article de mort et sur la justice malienne désavouée par les justiciables.

Pour le Bâtonnier, ces nombreux défis à relever, mettent le président de la République en situation de «débiteur» vis- à vis des Maliens.  IBK n’avait-il pas promis, lors des campagnes présidentielles, de relever les défis de la corruption, de l’école,  de la sécurité dans toutes ses formes ? S’interroge le bâtonnier.

 

Le président de la République dit avoir pris  bonne note de son interpellation.Il invite tous les acteurs impliqués dans la protection de l’environnement à une synergie d’actions. Aussi, il a demandé à la famille judiciaire de prêter  une attention particulière aux dossiers relatifs à l’environnement. Avant de conclure que nul ne doit plus se permettre de violer, impunément, les règles élémentaires de protection de l’environnement.

Abou Berthé

 

 

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