Une circulaire vise les opérateurs pétroliers nationaux : Pourquoi tout ce boucan M. le ministre Kamena ?

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Les opérateurs pétroliers maliens sont blancs comme neige, mais le ministre de l’Urbanisme, Bréhima Kamena veut les amener sur un terrain glissant à leur corps défendant.

Quelle mouche a piqué le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population pour s’en prendre aux installations de distribution de carburant à Bamako ? Depuis ce 26 avril 2022, en effet, une circulaire dans ce sens est adressée à tous les services de son département chargés de réprimer ce “fléau”.

Alors que l’encre qui a servi à faire les louanges des opérateurs nationaux, qui ont vaillamment pallier la grève des pompistes des multinationales (Shell, Total, Oryx, Ola…) afin de maintenir l’activité économique et sociale intacte dans notre pays il y a quelques semaines de cela, n’a pas séché, ne voilà-t-il pas l’Etat, à travers le département de l’Urbanisme, tenter de leur mettre les bâtons dans les roues ?

C’est du moins ce sentiment de manque de gratitude des pouvoirs publics à l’égard de bienfaiteurs qui taraude l’esprit de nombreux opérateurs pétroliers nationaux et observateurs, qui voient la main des “magnats” des hydrocarbures derrière cette nébuleuse tentative de moralisation de la vie publique.

De quoi s’agit-il au juste ?

“Dans le cadre de l’amélioration de la qualité de vie dans les villes, il m’a été donné de constater une prolifération des stations de distribution de carburant à travers le pays sans que la réglementation en vigueur ne soit respectée pour la plupart d’entre elles. Face à cette situation, je vous invite, en rapport avec les structures concernées, à prendre/appliquer les dispositions réglementaires qui s’imposent et m’en rendre compte mensuellement. J’attache du prix à l’exécution diligente des termes de la présente”, écrit le 26 avril 2022 le secrétaire du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population, certainement sous la dictée de son ministre, Pr. Bréhima Kamena.

Sans nul doute, cette circulaire cible principalement les “grands” opérateurs pétroliers nationaux, qui ne cessent de s’investir dans la construction de stations d’essence à Bamako et dans les villes secondaires, en vue d’assurer à notre pays une certaine indépendance énergétique.

Car, contrairement aux multinationales, qui investissent peu sur ce plan, les opérateurs locaux se sont lancés dans une vaste politique d’extension qui leur donne aujourd’hui une visibilité et une proximité avec les consommateurs à faire pâlir d’envie la concurrence.

Voulait-on casser cet élan qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Au demeurant, le traitement des cas d’installations anarchiques, qui sont tout aussi réels dans les quartiers, sur la voie publique ou autres sites inappropriés, relève normalement de la gestion des collectivités, du gouvernorat du district, des services de police et de la protection civile.

La libération de la voie publique, menée dans les règles de l’art comme du temps de la gouverneure de Bamako, Mme Sacko Aminata Kane, devrait permettre de résoudre cette simple équation, car on ne saurait soupçonner les grosses pointures d’entrave au plan d’aménagement, d’occupation anarchique ou illicite, encore moins de défaut d’autorisation de construction.

Alors, pourquoi chercher des poux sur un crâne rasé ? C’est à cette tâche, qui ressemble à s’y méprendre à compter les sauts de la puce, que voudrait visiblement s’atteler le ministre Bréhima Kamena qui n’est toujours pas parvenu à démêler les enchevêtrements que sont l’occupation anarchique de la zone aéroportuaire et l’attribution des logements sociaux.

Farniente !

      El hadj A. B. HAIDARA

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