Sidy Bagayoko, président de la fédération malienne de cyclisme : “L’un de nos objectifs est de chercher à améliorer les conditions de travail des cyclistes”

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“J’exhorte nos membres à travailler davantage afin qu’au terme de notre mandat il y ait des résultats tangibles”

Dans cet entretien exclusif, le nouveau président de la Fédération malienne de cyclisme, Sidy Bagayoko, parle de l’état actuel du cyclisme malien, sa satisfaction sur l’organisation du championnat national de cyclisme et la participation du Mali au dernier Tour cycliste du Fleuve Sénégal qui s’est déroulé au Sénégal où le Mali a remporté le maillot jaune. Il évoque aussi les efforts de la Fédération afin de motiver davantage les cyclistes maliens.

Aujourd’hui-Mali: Il y a deux mois que vous êtes élu à la tête de la Fédération malienne de cyclisme. Comment se passe le travail avec votre équipe depuis votre installation ?

Sidy Bagayoko: Le travail avec mon équipe se passe très bien, dans la plus grande cordialité. Aujourd’hui, nous œuvrons à travers une gestion collégiale des affaires de la Fédération parce que c’est vrai que je suis président, mais il faut mettre au travail les autres membres du bureau. Chaque poste au niveau du bureau fédéral est attribué en fonction des compétences que chacun a dans son domaine. Nous pouvons dire déjà que les membres du bureau sont en train de travailler ensemble.

Vous venez d’organiser votre premier championnat national le 07 août dernier, à Ségou. Êtes-vous satisfait du déroulement de cette compétition ?

Effectivement, nous venons d’organiser notre premier championnat national dans la cité des balazans à Ségou. Le choix de cette ville peut s’expliquer par la vision de notre bureau à faire fonctionner les ligues régionales de cyclisme. Lors de notre campagne, nous avons décidé de faire fonctionner les différentes ligues régionales. C’est dans ce cadre que nous avons délocalisé cette première compétition à Ségou. En plus de cela, c’est pour que les Maliens de l’intérieur puissent également s’intéresser à la discipline.

Par rapport à la délocalisation de ce championnat, ma satisfaction est totale dans la mesure où les coureurs étaient très motivés à cause de la bonne organisation de la compétition. D’ailleurs, je profite de l’occasion pour féliciter et remercier l’ensemble les membres de la commission d’organisation, notamment la ligue régionale de Ségou. Ils ont tout mis en œuvre pour satisfaire les uns et les autres. Franchement, la satisfaction au niveau de l’organisation matérielle, à savoir l’accueil, l’hébergement, la restauration, était à hauteur du souhait.

Maintenant, s’agissant de l’organisation technique, les techniciens ont fait un travail remarquable puisse que nous n’avons pas eu d’incidence, chose qui est rare dans une compétition cycliste.

La sécurité était bien assurée afin que les cyclistes puissent bien rouler en toute quiétude. Quant aux officiels techniques, ils ont joué leur rôle parce qu’à la fin de la course, il n’y a pas eu de plainte et cela veut dire l’arrivée a été bien enregistrée par les officiels. Moi, en tant que président de la Fédération, je ne fais que remercier les uns et les autres pour la réussite de cet événement.

Mention spéciale à Madame le Maire de la commune rurale de Péléngana qui a mis à la disposition du champion, Bréhima Diarra, une parcelle à usage d’habitation au niveau de sa commune.

Au cours de ce championnat national, nous avons constaté une nette amélioration de la valeur des prix pour les cyclistes ? Alors, qu’est-ce qui vous a motivé à le faire ?

C’est vrai qu’un passionné ne regarde pas très souvent la motivation financière, mais s’il en trouve cela peut le motiver davantage et il y aura beaucoup de personnes qui vont s’intéresser. Vous savez, nous ne pouvons pas admettre que le vainqueur d’une compétition d’envergure nationale soit primé avec seulement 75 000 Fcfa. Dorénavant, nous chercherons les moyens financiers afin d’augmenter les primes des cyclistes. Désormais, nous n’allons plus accepter de donner des petites sommes aux cyclistes.

L’un des objectifs de notre bureau est de chercher à améliorer leurs conditions de travail. En plus d’augmentation des primes des vainqueurs, nous avons pris en charge le déplacement, l’hébergement et la restauration de cyclistes. Le championnat de l’année dernière, les cyclistes étaient à leurs frais.

L’équipe nationale cycliste vient de se hisser sur la plus haute marche du podium lors du Tour cycliste du Fleuve du Sénégal. Quelle appréciation en faites-vous ?

Ces résultats sont les efforts de tout un chacun. Déjà, nous étions en compétition avec plusieurs pays que nous connaissons. À la différence de cette année, nous avons cherché à bien préparer nos cyclistes sur le plan psychologique, matériel et financier. Nous avons aussi augmenté la prime de voyage pour les cyclistes afin qu’ils soient à l’abri des petits soucis familiaux. Ensuite, en tant que président de la Fédération, j’ai accompagné les cyclistes au Sénégal et nous avons fait tout ensemble. C’était pour leur montrer que je suis avec eux et que nous sommes en famille. Franchement, nous avons fait tout ce que nous pouvons pour qu’ils puissent revenir avec le maillot jaune. Effectivement, ils ont prouvé qu’avec un peu d’accompagnement ils peuvent faire plus. C’étaient les mêmes coureurs, ils ont juste été mieux préparés cette fois-ci pour affronter les autres pays. Au cours de cette compétition, nos cyclistes ont remporté toutes les étapes, du début à la fin. A la dernière étape, nos cyclistes ont occupé les six premières places. Donc, nous pouvons dire avec aisance que nous avons réussi ce coup grâce au Bon Dieu. Déjà, nous avons établi un chronogramme pour les autres sorties africaines.

De façon générale, comment jugez-vous l’état actuel du cyclisme malien ?

Le cyclisme se porte très bien parce que si vous regardez les différents messages de félicitations depuis que nous sommes arrivés aux affaires, c’est vraiment encourageant et cela nous motive davantage. Vu les résultats enregistrés sur le plan national et international et la motivation des amoureux du vélo, c’est vraiment encourageant. Nous sommes là, nous travaillons pour les autres et si nous sentons qu’il y a une satisfaction derrière ce que nous faisons, c’est encourageant et cela nous pousse à aller de l’avant. Au début de ce mois, nous avons envoyé deux jeunes cyclistes au Caire en Égypte pour participer au Championnat du monde junior prévu du 1er au 5 septembre prochain. En prélude à ce championnat, la Confédération africaine de cyclisme, à travers son président, a décidé que nos deux jeunes participent à un camp d’entraînement de haute performance qu’il organise pour les cyclistes africains avant la compétition.

Que comptez-vous faire pour consolider les acquis et rehausser davantage l’image du cyclisme malien ?

Pour consolider les acquis, nous allons démarcher les partenaires afin d’avoir les moyens. Vous savez, le cyclisme coûte très cher, surtout les vélos qui sont excessivement coûteux. Ce n’est pas donné à tout le monde de dépenser plus de 7 millions de Fcfa dans un vélo. Nous sommes en train de mettre en place un plan de mobilisation de ressources financières, matérielles et d’équipement. C’est très difficile, mais nous essayons de voir avec nos partenaires comment améliorer les conditions de travail des cyclistes. En plus de cela, nous comptons organiser un grand prix cycliste dans toutes les capitales régionales et d’autres compétitions. Les compétitions existantes, nous les maintenons avec plus d’amélioration possible. C’est différentes compétitions vont donner plus de confiance aux athlètes afin d’aller affronter les autres pendant les sorties internationales.

Si vous aviez un message à lancer au monde du cyclisme. Lequel serait-il ?

Pour le message, je remercie les uns et les autres pour tout ce qu’ils font pour le cyclisme malien. J’exhorte les membres du bureau fédéral à travailler davantage afin qu’au terme de notre mandat il y ait des résultats tangibles. Cela ne saurait être réalisé sans l’engagement de tout un chacun. Je demande à tous mes collaborateurs d’être sereins et de travailler selon la vision et les objectifs du bureau. Je profite de l’occasion pour remercier nos partenaires comme le département de la Jeunesse et des Sports, le Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm), Moov Africa Malitel, Pmu-Mali, Petro Niéna Service, Wassa Mininng et Soufiana Diarra.

Réalisé par Mahamadou TRAORE

 

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