UNTM-Gouvernement : Coup d’essai, coup de maitre pour Katilé

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Katile-untm
Katilé, SG de l’Untm

L’intransigeance des syndicalistes aura payé, le gouvernement a capitulé par rapport aux points de revendication et a signé avec l’Untm un protocole d’accord. Une grande victoire pour le bureau syndical de la centrale dirigée par Yacouba Katilé.

Le bras de fer que le gouvernement avait inutilement engagé avec l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm), la plus grande centrale syndicale du pays, a finalement tourné à l’avantage des syndicalistes. Le 28 octobre, à l’aube, le gouvernement a dû capituler face à l’intransigeance de ses interlocuteurs. Si cette « victoire » est avant tout à mettre à l’actif du bureau syndical dirigé par Yacouba Katilé depuis quelques mois seulement, elle est aussi celle de tout le monde du travail. Les négociations ont été menées de main de maitre par le secrétaire général adjoint Maouloud Ben Kattra, en plusieurs rounds pendant d’interminables jours, sous la houlette de Yacouba Katilé, le secrétaire général. Ce qui a fait comprendre aux autorités que désormais elles auront fort à faire, parce qu’à chaque fois qu’elles tenteront de mener en bateau les travailleurs, ceux-ci seront dignement représentés. Par des délégués qui sont prêts à n’importe quel sacrifice, comme de veiller jusqu’à 4h du matin pour défendre leurs positions.

L’intransigeance avec laquelle les négociations ont été menées a également le mérite de sortir les syndicats du dénigrement dans lequel ils étaient tombés. En effet, dans le passé, des responsables syndicaux auraient été « achetés » (corrompus) par le gouvernement afin qu’ils lèvent leur mot d’ordre de grève alors que les travailleurs qu’ils sont censés représenter ne bénéficiaient d’aucune amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Les 21 et 22 juillet, quand l’Untm avait maintenu son mot d’ordre de grève, ces travailleurs ont compris que l’ordre ancien avait définitivement été balayé. Désormais, ils ont de solides raisons de croire que leurs intérêts seront défendus réellement et que ceux qui les représentent sont prêts à aller jusqu’au bout de leurs efforts pour l’aboutissement de leurs revendications.

Un bras de fer inutile

Ces revendications sur lesquelles Yacouba Katilé et ses camarades viennent de parvenir à un accord avec le gouvernement n’avaient rien de sorcier. Que veulent les syndicalistes ? Ce pour quoi ils ont été élus, à savoir l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs. Comment y parvenir? En contraignant le gouvernement à respecter ses engagements pris dans de précédents protocoles d’accord, à augmenter les salaires, à diminuer l’impôt sur les traitements et salaires, à baisser les tarifs d’eau et d’électricité. Ces mesures sont essentielles pour des travailleurs qui doivent faire face à l’augmentation sans cesse du coût de la vie. L’augmentation du taux des allocations familiales entre dans ce cadre.

L’Untm a également exigé et obtenu du gouvernement qu’il relève le salaire minimal interprofessionnel garanti. Il est inadmissible de verser un salaire de 28460 F Cfa à un travailleur. Qu’est-ce qu’il en fera ? Grâce à l’Untm, ce Smig sera à partir du 1er janvier 2015 de 35000 puis de 40000 F Cfa. C’est sans doute la plus grande avancée dans ce dossier car ceux qui étaient payés au Smig ou en dessous sont de loin les plus nombreux des travailleurs maliens. Il ne s’agit pas seulement de ceux que l’administration utilise comme agents subalternes mais aussi de ces nombreux employés de maison (vulgairement appelés boys, bonnes ou domestiques), ouvriers agricoles et même instituteurs de certaines écoles privées. C’est à tous ceux-ci que le groupe de Katilé vient de redonner espoir en gagnant ce bras de fer.

Un bras de fer dont le gouvernement, avec le minimum de bonne volonté et de bonne foi, aurait pu faire l’économie. Mais les négociateurs gouvernementaux eux aussi étaient dans leur rôle mais ne parvenaient pas à résoudre cette équation : comment donner des salaires décents aux travailleurs et continuer en même temps à puiser dans les caisses de l’Etat ? L’incidence financière de l’augmentation des salaires et des allocations familiales est un manque à gagner considérable pour les poches et les caisses noires des dirigeants. Ils ne pourraient continuer à acheter des avions inutiles et relever le niveau de vie des travailleurs.

Cette équation, l’Untm l’a résolue à leur place. Katilé et ses camarades résoudront d’autres équations à chaque fois qu’il viendra l’envie au gouvernement de tergiverser.

Mais désormais la voie est ouverte et d’autres vont s’y engouffrer.

Cheick Tandina

 

 

UNTM-GOUVERNEMENT

Enfin un protocole d’accord

Après des mois d’intenses négociations entre l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm) et le gouvernement sur l’amélioration des conditions des travailleurs, un accord a finalement été trouvé par les deux parties sur tous les 17 points de revendication. L’information a été donnée par le Secrétaire Général de l’Untm, Yacouba Katilé au cours d’une conférence de presse, mardi dernier, dans les locaux de la centrale.

Dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 octobre 2014, vers 4 h du matin, les deux parties (gouvernement et Untm) ont paraphé un document faisant cas des 17 points d’accord.

L’on se rappelle que les responsables syndicaux avaient déposé un préavis de grève de 72 heures sur la table du gouvernement. Ainsi, après la signature du Protocole d’accord avec le gouvernement, le Secrétaire Général de l’Untm, Yacouba Katilé, a décidé de suspendre le mot d’ordre de grève tout en continuant à jouer pleinement son rôle d’alerte et de veille au sein du comité de suivi qui sera mis en place pour l’application effective de ces accords.

A en croire Yacouba Katilé, ce protocole est l’aboutissement d’un long processus rendu possible grâce à l’engagement et à l’endurance des militants qui ont crû à l’argument de la mobilisation jusqu’au bout, et des concessions faites de part et d’autre.

En faisant le point sur les 5 pierres d’achoppement, il dira que la question du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) est désormais un acquis. Car il devrait désormais passer de 28 600 à 35 000 F CFA à partir du 1er janvier 2015 et 40 000 F CFA à compter du 1er janvier 2016.

S’agissant de la baisse des tarifs d’eau et d’électricité, conformément à l’accord signé en juillet 2007, il a été convenu comme suit : «Les tarifs d’électricité, en ce qui concerne la basse tension, reviendront à leur niveau de juin 2014 pour compter de décembre 2014. Avant le mois de juillet 2015, date d’évaluation de la reforme tarifaire, les deux parties se concerteront sur les nouveaux tarifs à appliquer».

La question de la diminution du taux de l’Impôt sur les traitements et salaires (ITS) n’a pas été chose facile, selon le Secrétaire Général de l’Untm. Car il estime que ce dossier n’est pas vraiment maitrisé par le gouvernement. Toutefois, il dira que le gouvernement a consenti à une diminution d’au moins 5% avec la date d’effet le 1er  juillet 2015.  Et d’ajouter : «L’Untm a exigé 10% de réduction. Chaque partie a maintenu sa position. Compte tenu de la complexité de la question, les deux parties ont convenu de se retrouver, avant le 31 décembre 2014, pour la fixation d’un nouveau taux qui prendra effet pour compter du 1er juillet 2015».

Expliquant le relèvement significatif du taux de la valeur du point d’indice, Yacouba Katilé dira que le gouvernement consent à l’augmentation de 20% repartie comme suit : 10% pour compter du 1er juillet 2015, soit 364 F CFA avec effet rétroactif sur la période de janvier à juin 2015 ; 3% pour compter du 1er janvier 2016, soit 375 f CFA et 7% pour compter du 1er janvier 2017, soit 400 F CFA.

Le taux des allocations familiales a aussi connu une augmentation. Sur ce point, il a été convenu qu’à partir du 1er janvier 2015, le montant de l’allocation familiale sera de 3 500 F CFA par enfant et 4 000  F CFA par enfant vivant avec un handicap.

Ibrahim M.GUEYE 

 

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