Les dessous du sous développement : Mali, un pays où l’emploi ne permet pas de faire face à la pauvreté

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Par le constat fait dans les pays en développement et se basant sur les conclusions de différents modèles de croissance, il est unanimement reconnu que la croissance démographique rapide est un frein au processus de développement. L’accroissement de la demande en services, particulièrement en santé et éducation, qu’elle engendre complique la situation des pays y faisant face et qui ne pouvaient même pas satisfaire leur demande initiale.

Outre, l’incapacité de faire face à cette hausse de la demande en services, la croissance démographique donne naissance à une main d’œuvre surabondante qui fait pression sur le marché du travail et qui ne fait qu’aggraver les disparités au niveau de l’emploi.

Les informations disponibles sur le Mali, montrent que ce pays, se retrouve dans une situation alarmante. Avec un taux d’accroissement naturel se trouvant parmi les plus élevés du continent (3.1%) et une population jeune (48% de la population a moins de 15 ans), le Mali présente une configuration où la marche vers la diminution de la pauvreté s’avère ardue.

Avec une population active estimée à 51.4% de la population totale, le Mali a une économie prédominée par le secteur informel et à forte concentration agricole. Dans ce secteur, on retrouve plus de deux tiers des actifs occupés.

Avec un salaire minimum de 29 882 FCFA (64 us) par mois, le Mali est un pays où les disparités salariales s’avèrent importantes. En effet, si dans le secteur formel, le revenu moyen est de 82 000 FCFA, dans le secteur informel il n’est que de 25 000 FCFA, montant inférieur au salaire minimum. On comprend bien, que le salaire minimum en tant qu’outil de protection sociale, ne joue pas son rôle au Mali. Qui pis est, le secteur agricole qui emploie 80% de la population active offre un revenu mensuel moyen de 9 000 FCFA seulement. Quelle discordance !

De plus, en comparant la demande de travail à la qualification de ceux qui cherchent un emploi dans le secteur formel malien, on constate, qu’il existe une divergence/inadéquation entre les qualifications des maliens et le besoin du marché du travail. En effet, dans bon nombre de domaines, certains entrepreneurs sont obligés de faire venir de l’étranger des techniciens spécialisés pour répondre à leur besoin. Cette pratique est très courante dans les domaines des mines, de l’énergie et des télécommunications. Ainsi, les ministères de l’emploi et de la formation professionnelle et de l’éducation ont intérêt à travailler de concert afin que la demande de travail puisse être satisfaite localement.

Somme toute, résoudre les défis que posent le marché du travail malien afin de garantir au peuple les moyens pouvant leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie doit être un des priorités du gouvernement malien. Sinon la fuite de cerveaux qui atteint déjà des niveaux exagérés (Plus de 4.000.000 de maliens à l’étranger) s’accentuera davantage et le décollage économique ne sera qu’une utopie.

 

 

Sidy Bagayoko

 

Spécialiste en économie internationale et du développement 


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