L’Office du Niger à l’heure de la diversification agricole L’Opération Pomme de terre lancée à Niono pour atténuer les effets du déficit pluviométrique

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Dans le cadre de la diversification  agricole, l’Office du Niger a lancé, le vendredi dernier, à Niono, considéré comme le poumon de l’entreprise, un programme spécial dénommé "Opération pomme de terre". Son objectif  est d’atténuer les effets de  la mauvaise pluviométrie. Toute chose qui ne menace pas pour autant l’atteinte des objectifs fixés à plus de 600  000 tonnes.

 

Niono, le vendredi 11 novembre 2011, la joie était la chose la mieux partagée entre population, producteurs agricoles, responsables de l’Office du Niger sous les auspices de son PDG, Amadou Boye Coulibaly et ceux du ministère délégué auprès du Premier ministre chargé du développement intégré de cette zone avec à sa tête le ministre Abou Sow. Et pour cause : l’Office du Niger a décidé de lancer un programme spécial de la culture de la pomme de terre afin de développer d’autres filières de diversification complémentaires au riz qui constitue la principale culture. 

 

Ce programme spécial vise à soutenir l’accroissement des revenus des producteurs et à la création de l’emploi en milieu rural et urbain. Dans cette perspective, il apparait comme une réponse à la sécurité alimentaire et aux exigences des changements climatiques, ainsi qu’à l’enjeu de la gestion de la problématique de l’eau.

Pour la mise en œuvre de ce programme, ce sont 300 ha repartis dans toutes les zones de production de l’Office du Niger qui sont prévus. Il concerne 120 villages.

 

 Ainsi, ce sont 1 200 productrices et producteurs pour encadrer 15 000 personnes. Afin de donner à l’opération toute la chance de réussir, 135 millions de FCFA sont engagés pour la main d’œuvre salariale et le chiffre d’affaire se situe à 1 837 500 000 FCFA pour un bénéfice net de 1 235 490 000 FCFA. Sur place, une remise symbolique des semences aux paysans a eu lieu par la société Yara, avant la visite du magasin de stockage desdites semences et celle des parcelles réservées pour la culture. 

 

Afin de coordonner les opérations du programme, une fédération des coopératives de productrices et de producteurs de pomme de terre en zone Office du Niger a été mise sur place pour la professionna-lisation de la filière.  Elle sera soutenue par des opérateurs fournisseurs d’intrants comme la société Yara dont le représentant n’est autre que le Colonel Moussa Diabaté, cet ancien commandant de cercle qui a dirigé l’Office du Niger du 2 août 1984 au 10 septembre 1985. La fédération des coopératives des productrices et producteurs de pomme de terre aura également le soutien des banques comme la BMS, ainsi que d’autres partenaires.

En perspective, l’Office du Niger entend réussir une meilleure organisation de la filière pomme de terre, produire de la semence de cette culture à court terme en zone Office du Niger, mettre en place un système efficace et fiable de contrôle et de certification des ses semences et de sa production à l’échelle nationale, installer des cases de conservation au niveau individuel, des chambres froides au niveau communautaire et chez des privés. Ce n’est pas tout.

L’Office du Niger entend également mettre en place des unités de transformation de la tubercule dont la production sera étalée de septembre à mars afin de couvrir les besoins nationaux et de faire face ceux de la sous-région.

La BMS et la société Yara sponsor de l’opération

Dans un premier temps, la BMS et la société Yara du Colonel Moussa Diabaté ont décidé de participer à la réussite de l’opération en investissant pour la semence et les intrants. Pour la commercialisation, qui constitue le nœud du problème, le PDG de l’Office du Niger a indiqué que des dispositions sont prises à ce niveau. Sa thèse fut corroborée par la société Yara qui se dit prête à investir, dans un premier temps, 180 millions de FCFA dans l’opération.

Au cours de cette cérémonie de lancement de l’opération pomme de terre où la joie était multicolore, des animations théâtrales du groupe Kabako et la mise en scène du célèbre thème de la Fontaine Fable : "le laboureur et ses enfants" par les élèves de Niono ont mis un accent particulier sur la nécessité pour un producteur de s’armer de courage et de détermination pour l’exécution de la noble tâche d’agriculteur. Sans oublier toute l’importance de la pomme de terre, aussi bien dans la gastronomie que dans la gestion efficace et efficiente de l’eau qui devient, de plus en plus, une denrée précieuse et rare.

Aussi, plusieurs témoignages dont ceux des productrices et producteurs, ainsi que des autorités et autres citoyens lambda ont apprécié et salué, à sa juste valeur, l’initiative de la direction de l’Office du Niger, avant de plaider pour sa pérennisation. Ainsi, l’assurance a été donnée par le PDG, Amadou Boye Coulibaly, qui entend intensifier la campagne de contre-saison à travers la diversification des cultures pour que  l’Office du Niger ne soit plus jamais victime des aléas climatiques. C’est pourquoi, il a indiqué que pour cette campagne 2011-2012, son entreprise, pour faire face aux conditions climatiques défavorables, ambitionne de mettre en culture 25 000 ha en riz de contre-saison plus des cultures maraîchères et autres cultures de diversification.

Convaincu que la culture de contre-saison a connu un véritable succès à l’Office du Niger, Boye, comme l’appelle affectueusement ses proches, a indiqué que "les superficies concernant cette contre-saison sont  passées de 5 430 ha en 2000-2001 à 12 958 ha en 2009-2010". Avant d’ajouter que "la contre-saison, tout en contribuant à la sécurité alimentaire du pays, a eu une incidence positive sur la vie économique et sociale de la population". Ainsi, a-t-il révélé que "pour la campagne de contre -saison riz en 2011-2012, les prévisions seront portées de 12 472 ha à 25 000 ha pour une production attendue de 125 000 tonnes de paddy". Avant de signaler qu’ "avec la prise en compte des cultures de diversification, la production attendues sera de 161 035 tonnes". Cette augmentation pour le PDG de l’Office du Niger "implique nécessairement la poursuite de la subvention de l’engrais du programme Initiative Riz, ainsi que certaines mesures d’accompagnement. Telles que la gestion conséquente du barrage de Sélingué, la réduction du taux de redevance-eau, la dotation des agents de terrain en moyens de déplacement complémentaires"

La réalisation du programme spécial de la contre-saison en riz et de la culture de diversification de la production pose aujourd’hui de sérieux problèmes de gestion de l’eau et d’environnement au regard des enjeux de changements climatiques auxquels l’Office du Niger va faire face. Pour cela, le PDG de l’entreprise, Amadou Boye Coulibaly, a indiqué la structure qu’il a l’honneur et le plaisir de diriger en tant que son pur produit, a formulé des recommandations afin de relever les défis. Ces recommandations s’articulent autour du  plan technique et de la politique agricole.

Le premier a trait au respect du calendrier agricole, à l’utilisation des variétés adaptées aux campagnes, au choix des parcelles appropriées (sols de double culture, regroupement des parcelles en bloc hydrauliques cohérents) gestion rigoureuse de l’eau en prenant en compte le système d’irrigation sans drainage et la défense des cultures : traitement des semences, pépinières, utilisation d’herbicides appropriés, sans oublier le traitement anti-aviaire.

Sur le plan politique agricole, un accent particulier a été mis sur la gestion conséquente du barrage de Selingué, la poursuite de la subvention d’engrais, la dotation des agents de terrain en moyens de déplacement complémentaires, ainsi que la prise en compte des mesures strictes pour éviter la divagation des animaux. Pour cela, Boye a déclaré pouvoir compter sur une synergie d’action entre ses cadres, les délégués des paysans, les syndicats et les comités paritaires avec l’appui de l’administration territoriale.

 

 

 

Alassane DIARRA

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