Scandale à l’Office Malien du Tourisme et de l’Hôtellerie (OMATHO) : Le ministre El Moctar bombarde un ex-garde de corps DGA par usurpation de titre

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    Ce maréchal de logis, après, seulement deux petites années de formation touristique en Tunisie, se prévaut de la qualité d’administrateur de tourisme. Ce que les recherches effectuées à la Direction nationale de la Fonction publique n’ont pas permis de confirmer.

    Depuis plusieurs jours des cadres supérieurs, à travers le Syndicat des travailleurs de l’Office Malien du Tourisme et de l’Hôtellerie (OMATHO) protestent et dénoncent vivement la nomination du Directeur Général Adjoint par les soins du ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Mohamed El Moctar.

    En effet, le fait qu’un gendarme du rang des sous-officiers, sans référence solide en tourisme, soit hissé à un poste de responsabilité hautement technique comme celui du DGA, a créé la frustration, le malaise et même la désespérance chez ces cadres.

    Mohamed Ag Abdou Salam, puisque c’est de lui qu’il s’agit, appartient au corps des Sous-officiers de la gendarmerie comme le montre son numéro matricule 8000 GRM et non à celui des Administrateurs de Tourisme, tel que mentionné à l’article 2 de l’Arrêté N°2011- 2661/MAT-SG du 07 Juillet 2011 portant nomination d’un Directeur Général Adjoint à l’OMATHO.

    Les cadres supérieurs ne s’y trompent pas car la Direction Nationale de la Fonction Publique a bel et bien confirmé que le sieur Mohamed Ag Abdou Salam ne figure pas sur la liste des Administrateurs de Tourisme recensés au Mali.

    Ancien garde de corps de l’ex-ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Mme Zakiatou Walet Halatine, il a bénéficié de l’appui financier dudit département pour aller apprendre les b-a-ba du tourisme pendant deux ans en Tunisie. Il est parti ensuite en France où il n’aurait obtenu aucun diplôme.Lorsque le syndicat de l’OMATHO a mené des investigations pour connaître son vrai profil auprès du Chef du personnel, celui-ci a fait savoir que l’intéressé a "retiré son dossier administratif". Histoire de se protéger, sans doute, de tout contrôle. Pourquoi cette dérogation à la norme, cette entorse au cadre organique de l’OMATHO ? Que faire pour que cette injustice soit réparée ? Les cadres supérieurs de l’OMATHO, derrière le syndicat, sont prêts à tout pour cela. Mais en toute légalité. En réalité, l’homme a été parachuté dans les sphères de l’OMOTHO par une décision de mise à disposition de son ministère d’origine : celui  de la Défense et des anciens combattants. C’est le ministre sortant, N’Diaye Ba, qui commettra le premier péché en le portant au poste de Directeur de l’Aménagement du tourisme et de l’appui aux entreprises. Et, comme il fallait s’y attendre, la moutarde ne pouvait que lui monter au nez.

    En outre, cette nomination scandaleuse dénoue enfin le mystère du limogeage précoce et non motivé du Directeur Général sortant, Mahamadou Kéita. Ce dernier ne serait-il pas victime d’une combine soigneusement préparée par le trio composé de Mohamed Ag Abdou Salam, Moussa Diallo, le DG entrant et le Ministre Mohamed El Moctar ? La question mérite d’être posée quand on sait que le torchon brûlait entre le DG sortant et ce jeune "cadre" à propos de son intrusion dans la délivrance des agréments d’exploitation touristique et hôtelière. Une prérogative qui n’est pas la sienne mais plutôt celle des directeurs régionaux. Une irrégularité administrative que le rigoureux DG  Keïta ne pouvait pas laisser passer. " Dans le cadre de la déconcentration de l’OMATHO, les bureaux régionaux du tourisme ont seuls la responsabilité de l’instruction des dossiers de demande d’agrément de projets relevant de leur juridiction. L’instruction se traduit par l’élaboration de la note technique dûment signée par le chef du bureau qui a l’obligation d’y donner son avis ", avisait-il l’ensemble des acteurs du tourisme dans une note de service datée le 23 mai 2011.  C’est la goutte d’eau qui fera déborder le vase. Il est convoqué d’urgence à deux reprises par son nouveau patron, le ministre Mohamed El Moctar qui, au lieu de le féliciter, lui instruit de " laisser le petit en paix, sinon il se verrait dans l’obligation de le  relever de ses fonctions". Chose promise, chose faite. Non seulement Mahamadou Kéïta, un professionnel sorti d’une des meilleures écoles de tourisme en France et un cadre chevronné est renvoyé sans ménagement, mais voici " le petit " promu au deuxième rang de la hiérarchie de l’OMATHO. Pour lui permettre de continuer à lécher ses babines ? Sans doute. L’ordre est venu d’en haut, a semble-t-il clamé le ministre El Moctar devant sa victime à qui il a eu l’outrecuidance de demander s’il n’était pas fâché. Il doit y avoir du vrai là-dedans puisque les démarches effectuées par celle-ci auprès du " en-haut des en-haut ", le président ATT pour ne pas le nommer, n’ont servi strictement à rien. Le malheureux a été débarqué sans autre forme de procès. Par la promotion d’un ex-garde du corps semi-analphabète (en tout état de cause son niveau de formation ne dépasse pas le brevet technicien à moins qu’il nous en fasse la démonstration contraire), ATT veut-il faire de la discrimination positive en faveur des jeunes issus des minorités du Nord ? El Moctar a-t-il été précisément nommé ministre de l’artisanat et du tourisme à la place de N’Diaye Ba, tout 2ème vice-président du PDES qu’il est, pour promouvoir cette politique de discrimination positive inavouée ? L’idée n’est pas mauvaise, si la paix et la stabilité dans le Nord-Mali sont à ce prix. Toutefois il s’agit de savoir garder raison et d’agir avec discernement. Aux cadres supérieurs les postes de conception et aux subalternes les postes d’exécution. L’appartenance ethnique ne saurait un critère de promotion économique et sociale. C’est le respect strict de ces principes qui peut garantir le bon fonctionnement de l’administration et assurer les bons résultats recherchés. Autrement c’est le chaos qui s’installe et, avec lui, la contre performance et l’échec. Vivement que la République, qui semble aller à vau-l’eau aux dernières heures du régime ATT, reprenne ses droits.

    Affaire à suivre.

    Mamadou FOFANA

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