Rébellion touarègue : Ces signes annonciateurs de la fin La paix, oui ! Mais pas à tout prix

29 Fév 2012 - 00:11
Mis à jour: 15 ans
40
Il est plus facile,  à l’état actuel des événements au Mali, de poursuivre la guerre contre la rébellion  plutôt que de parvenir à une  paix bancale…  Les précédentes négociations ont tout simplement péché  par manque de réalisme à Bamako. La technique, côté rebelle partout dans le monde, consiste à accentuer la pression sur l’opinion publique nationale et internationale en vue de faire admettre que le pays assiégé est au bord de la rupture.  Les plus petits faits de guerre anodins sont transformés en victoires éclatantes. Naturellement les médias, inconsciemment ou  non,  contribuent en grande partie à ces «victoires». La réalité est toute autre. La rébellion touarègue au Mali n’échappe pas à la règle.  Dans les faits et sur le terrain,  elle n’a remporté aucune victoire décisive. La seule dont elle se glorifie est sans nulle le massacre d’Aguelhok. Tous ses autres assauts ont été contenus et l’armée malienne est d’ailleurs passée à l’offensive en lui  infligeant de lourdes pertes. Et du coup, le rythme des attaques a fortement chuté. Les cibles ne sont plus les camps et garnisons désormais bien en posture de combat, mais de petits postes isolés sans réelle potentielle défensive. Et les sécessionnistes, pour leur part ressemblent beaucoup plus à des juifs errants qu’à de véritables combattants. Et par crainte des bombardements aériens, ils opèrent par petits groupes isolés, très souvent confrontés à des difficultés de ravitaillement en vivres et munitions. Mais bien entendu, il faut faire croire le contraire en menant des incursions sporadiques dans des zones à faible potentielle défensive, en s’attaquant tout simplement à des populations civiles ou en détruisant des infrastructures  de télécommunication. La presse nationale et internationale se charge du reste. Le tableau ainsi peint est loin d’être caricatural. C’est la réalité du terrain. C’est aussi le signe d’un essoufflement, voire d’un  affaiblissement  certain du mouvement. Au même moment, l’Etat malien s’organise au mieux. Les contributions pleuvent. Et les militaires sur le terrain ont désormais épousé l’état d’esprit de la guerre.  Ce concept, soit dit en passant,  est élément fondamental. La guerre reste avant tout un état d’esprit. Il peut s’installer dans la durée et rendre difficile le retour à la paix. Il est cependant indispensable à la victoire finale. Oui à la paix, mais pas à tout prix ! Une question essentielle est en passe d’être classée dans les oubliettes : pourquoi une rébellion touarègue seulement maintenant ? C’est, dira-t-on, à cause d’une convergence de d’événements: la guerre en Libye, le retour des combattants touaregs…  Peut-être bien ! Il faudra cependant rappeler que les premiers déserteurs de l’armée malienne ont rejoint le maquis avant même la guerre en Libye et la chute de Kadhafi. En clair, le coup était bien préparé avant le retour des combattants pro-Kadhafi. Et la période n’a pas été choisie au hasard. Elle devait coïncider dans la durée, avec les élections générales de 2012 et  la crise alimentaire dans le Sahel préalablement  annoncée, de longue date, par les organismes internationaux. Ces deux faits annoncés et programmés,  constituaient en eux-mêmes une source de pression sur l’Etat malien et susceptibles de le contraindre à capituler au pire, ou au mieux, à lui faire signer un autre accord de paix plutôt contraignant. Il en fut d’ailleurs ainsi lors de la rébellion des années 90. L’Etat malien dut faire d’importantes concessions à la rébellion juste pour tenir les élections présidentielles. Les insurgés s’attendent évidemment à un scénario identique. Mais les mentalités ont véritablement évolué depuis les années 90. Personne ne peut présager de ce qui adviendra après ATT  lequel ne fait le moindre mystère de ses intentions avec ou sans les élections présidentielles. Notons que ces insurgés peuvent s’estimer heureux avec ATT. D’autres va-t-en-guerre ne les auraient certainement pas laissé les mêmes marges de manœuvre. Notons qu’avec la situation actuelle, ce sont des milliers de réfugiés touaregs (126.400 selon l’ONU) qui se sont déplacés… En somme, il faut craindre une catastrophe humanitaire au sein de la communauté touarègue  si la guerre devrait continuer. Et elle va continuer tant que les insurgés auront des velléités sécessionnistes ! Rien ne sera plus comme avant Un phénomène revient comme une litanie au gré des rébellions touarègues au Mali : après la signature d’accord de paix, les combattants reviennent, comme toujours, réoccupent leurs postes qu’ils avaient abandonnés  avec des avantages à la clef ; de nouveaux éléments sont, à titre exceptionnel, intégrés dans la fonction publique… Bref, on reprend les mêmes et on recommence ! La monotonie est,  à jamais, brisée. Aguelhok est passée par là. Pour rappel, l’Etat du Mali a dénoncé un acte de crimes de guerre suite aux tueries d’Aguelhok. Il ne serait, par conséquent, responsable, même au nom de la paix, de (ré)intégrer  des criminels reconnus comme tels dans une armée régulière. Et par ailleurs, le mécène de ces ex-combattants à l’origine du rituel n’est plus à mesure de leur étaler ses ailes protectrices. Il s’agit bien entendu, du désormais feu Mouammar Kadhafi lequel,  à la limite, contraignait l’Etat malien à résorber un nombre déterminé d’ex-combattants de la rébellion. Après tout, c’est le Guide lui-même qui payait la note! Pour le reste de la fonction publique malienne, les syndicats restent formels : pas question pour d’éventuels ex-combattants de venir réoccuper leurs fonctions et fauteuils ! En définitive, le choix ne revient à l’Etat seul. La société civile n’est plus consentante. Des indiscrétions font même état d’une éventuelle grève générale si l’Etat malien s’entêtait à les reconduire. Au regard de tout ce qui précède, la paix serait très  difficile à obtenir. Et c’est peut être mieux ainsi. Les belligérants surtout côté rébellion, sauront combien elle est précieuse et éviteront dorénavant de la mettre en péril pour un rien. B.S. Diarra

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (40)

User
arrêtez de berner les gens vous les journalistes, vous parlez des exploits militaires comme ci vous etiez le terrain alors que meme les militaires sont incapable de donner un bilan meme aproximatif des combats. quand vous dites: La rébellion touarègue au Mali n’échappe pas à la règle. Dans les faits et sur le terrain, elle n’a remporté aucune victoire décisive. La seule dont elle se glorifie est sans nulle le massacre d’Aguelhok. Tous ses autres assauts ont été contenus et l’armée malienne est d’ailleurs passée à l’offensive en lui infligeant de lourdes pertes. C'est de la désinformation tout simplement car nous savons tres bien qu apres Aguelhoc, il y a menaka ou une partie de l armée s'est refugiée au niger pardon je voulais dire replie tactique au niger, tinza meme cas que menaka sauf que cette fois replie tactique en algerie, l'occupation de léré, l attaque de la caserne de gomacoura, tessalit et amachach etc... toutes ses localités étaient des bases militaires et l'armée malienne a subi la défaite à chaque fois. Je suis tous les jours avec des amis militaires et croyez eux ne cachent la vérité sur les combats. Je propose que l'état face un appel aux volontaires pour aller defendre le pays, peut etre de cette facon nos pauvres journalistes aurons moins de monde à intoxiquer. Alors de grace soutenons notre armée sans nous mentir. Pour un Maliba INDIVISIBLE
Parfois on recule pour mieux sauter, cousin !!! Tous ces replis de l'armée (avec les soldats des petits postes de qq dizaines d'hommes qui se sont réfugiés dans nos pays voisins) ne veulent forcement pas dire abandon de position ou perte de bataille, non bien loin de là !!! D'ailleurs on a tous appris que depuis la lourde perte infligée au MNLAQMI à Aguelock, ils n'opèrent que par petits groupes et se livrent à des actes de banditismes et de terrorismes. Donc il est bien important que l'armée ordonne à ses petits postes de commandement d'abandonner leur position afin de concentrer les troupes dans les zones stratégiques de combats. Et puis tu n'es pas obligé de croire à tous ce qu'on te dis ici ! GOD BLESS MALI ! AMEN
arrêtez de berner les gens vous les journalistes, vous parlez des exploits militaires comme ci vous etiez le terrain alors que meme les militaires sont incapable de donner un bilan meme aproximatif des combats. quand vous dites: La rébellion touarègue au Mali n’échappe pas à la règle. Dans les faits et sur le terrain, elle n’a remporté aucune victoire décisive. La seule dont elle se glorifie est sans nulle le massacre d’Aguelhok. Tous ses autres assauts ont été contenus et l’armée malienne est d’ailleurs passée à l’offensive en lui infligeant de lourdes pertes. C'est de la désinformation tout simplement car nous savons tres bien qu apres Aguelhoc, il y a menaka ou une partie de l armée s'est refugiée au niger pardon je voulais dire replie tactique au niger, tinza meme cas que menaka sauf que cette fois replie tactique en algerie, l'occupation de léré, l attaque de la caserne de gomacoura, tessalit et amachach etc... toutes ses localités étaient des bases militaires et l'armée malienne a subi la défaite à chaque fois. Je suis tous les jours avec des amis militaires et croyez eux ne cachent la vérité sur les combats. Alors de grace soutenons notre armée sans nous mentir. Pour un Maliba INDIVISIBLE
timbuktu ( source kidal info) dernières nouvelles du front. Posté le 29/22/2212 à 22H35 Combats entre AQMI et Armée Malienne Etant donné que le MNLA est disqualifié et que les masques sont baissés on peut l'affirmer sans manquer de respect à personne : L'Armée Malienne longtemps qualifié de maillon faible a lancé deux attaques contre AQMI le matin et l'apres midi de ce mercredi 29 fevrier 2212. AQMI a résité et s'est éloigné de 12 km. La violence des combats est reelle mais le Mali ne denonce pas encore de victime. Il est important que la communauté internationale comprenne que le Mali se lance tout seul dans le combat contre AQMI. Cest le moment attendu par la Mauritanie peut etre depuis quelques annees, alors Monsieur Le President de la Mauritanie c'est le moment du combat reel on attend vos hommes à nos cotés comme on attend l'Algérie et le Niger. La France aussi devrait assister le Mali dans cette phase difficille contre AQMI. Nous les remercions pour les images satellites mais maintenant c'est l'occasion de donner un sacré coup à AQMI. Au risque de calmer les ardeurs de tout le monde ce sera un long combat, car la zone est difficille et AQMI y est bien installé et se bornera à se defendre. Le MNLA jetera certainement l'éponge ces quelques jours et demandera la protection du Mali contre AQMI, il semble que les defections ont déjà commencé au sein du MNLA. Mais AQMI se battra jusqu'au dernier combattant mais le Mali avec l'aide de toute la communauté Internationale vaincra AQMI aussi. Tout le monde s'attendait ces combats de Tessalit par contre personne ne s'attendait à une si rapide clarification des parties en conflit. A ce rythmeil n y aura meme pas d'accord de paix et encore une fois le MNLA a raté l'occasion de deposer les armes et leur combat sera noyé dans celui de AQMI. Toutefois nous devrions tous nous battre pour que quelque soit le scénario un debat national sur la question du nord ait lieu et que les bonnes conclusions soient tirées. Salutations Vous ne pouvez ni répondre ni participer aux forums
barry 15 ans
LE MINISTRE ET TOUS LES CONSEILLERS A LA COMMUNICATION DE L'ETAT MALIEN DOIVENT DEMISSIONER. S'ils sont sourds, muets et incompetents, ils ne meritent plus un sous du tresor publique...Les guerres se gagnent par la communication que par les armes.
barry 15 ans
Mr. B.S. Diarra, bonne analyse. Mais il ne faut pas contribuer a la politique de mediatisation des rebelles:1) C'est pas une rebellion touaregue, mais plutot une rebellion des bandits et vagabonds de la sous region (sous le non AQMI=NMLA); 2) Tous les 126400 refugiers ne sont pas des touregues.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (114)
  • Nfp (90)
  • Kankan (52)
  • Sissoko (32)
  • Coulibaly Yacouba (19)