Madani Amadou Tall à propos des réformes constitutionnelles : « On ne va pas laisser la place à ceux qui veulent faire de la contestation un fonds de commerce »

Au cours d’une conférence de presse qu’il a animée le lundi 5 septembre 2011 à la Maison de la presse, le président du parti Avenir pour le développement du Mali (ADM), Madani Amadou Tall n’a pas ménagé les opposants aux réformes constitutionnelles initiées  par le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré. Il dénonce une volonté des contestataires d’en profiter pour  en faire un fonds de commerce.

 

Le président de l’ADM, Madani Amadou Tall, entouré des cadres du parti dont le Secrétaire général Aboubacar Makanguilé, l’élue communale de la commune II, Fatou Méité, a clairement indiqué aux journalistes que sa formation politique « soutient sans réserve aucune la révision constitutionnelle ». Il a expliqué que 2 paramètres préoccupent aujourd’hui certaines personnes : l’opportunité de ces réformes et le timing.

Par rapport à l’opportunité de l’initiative d’ATT, Madani Amadou Tall se réjouit du fait qu’il y a deux points d’accord entre les protagonistes : la nécessité d’améliorer la constitution de février 1992, une constitution élaborée dans l’euphorie de la révolution de mars 1991. Le second point d’accord entre les acteurs, selon le président de l’ADM, est l’article 118 de la Constitution disposant clairement que le président de la République (ou les députés) a l’initiative de la révision. «ATT est alors dans son droit le plus absolu d’initier cette relecture». Ce constat amène donc le président Tall à conclure qu’ « il ne pouvait avoir mieux qu’ATT pour mener de telles réformes, d’autant plus qu’il est à la fin de son mandat ». Aussi, pense-t-il, « c’est le meilleur cadeau de fin de mandat qu’ATT puisse offrir aux Maliens, car, il va enlever cette épine de nos pieds et permettre à son successeur de se consacrer à la résolution d’autres problèmes comme l’école, le logement, la santé etc ». Il s’agit, selon Madani Tall, de permettre au futur président qui aura à faire à un environnement économique international difficile, de se consacrer à ce que les gens appellent aujourd’hui les urgences et de laisser la constitution en paix.

Par rapport au timing, le président de l’ADM a souligné que la constitution de 1992 a été ficelée en 4 mois alors que la présente reforme date de 2007. « Pendant ce temps, les gens étaient obnubilés par la question du 3e mandat d’ATT. Plus de fait démagogique, nous pensons que les contestataires sont dans une tentative d’en faire un fonds de commerce qu’une réelle volonté d’amélioration du cadre institutionnel au Mali et il ne faut pas leur laisser le monopole de la vérité. Ils disent, nous ne sommes pas d’accord sans pour autant faire de propositions. Le projet peut ne pas conquérir l’adhésion de tous, même à l’ADM on n’est pas d’accord avec tout, mais il faut reconnaître qu’il présente des avantages pour notre République. Je suppose que si le gouvernement s’est engagé dans l’adoption de ces réformes à 8 mois des élections, c’est que les ressources financières doivent être disponibles et que cela ne doit pas entraver l’équilibre social. C’est aussi important d’investir en même temps dans le social que dans les réformes constitutionnelles. C’est une question d’arbitrage» a martelé le président Tall. A l’endroit de ceux qui pensent qu’on fera du président de la République un monarque, Madani Tall répond que le renforcement des pouvoirs de ce dernier n’est pas synonyme de monarchie ou de dictature. « Notre constitution est dérivée de la constitution française de 1958. Là il est écrit que c’est le chef de l’Etat qui désigne le président du conseil constitutionnel et cela ne fait pas de la France une monarchie ou une dictature. Aussi, le fait que le président de la République ne va pas au parlement pour défendre la politique du gouvernement, est fait pour maintenir l’indépendance des institutions », a précisé l’élu de Docombo avant d’ajouter qu’ « on ne va pas laisser la place à ceux qui veulent faire de la contestation un fonds de commerce. Il faut s’interroger sur les réels motifs de ceux qui ont attendu 3 ans avant de venir occuper aujourd’hui le pavé ».

 

Abdoulaye Diakité


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