xxPour avoir parrainé une association politique en vue de sa candidature pour la présidentielle de 2012 : Pourquoi Hamed Sow n’a pas connu les mêmes hostilités que Bittar au sein du PDES

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xxxY a-t-il deux poids, deux mesures au sein du Parti pour le Développement Economique et la Solidarité (PDES) ? C’est la question que se posent de nombreux observateurs et analystes politiques au regard de l’implication de la direction du parti dans le lancement, le 27 novembre dernier au CICB, de l’Association jeunesse citoyenne et responsable (AJCR), un mouvement politique de soutien à la candidature du président d’honneur du PDES, Hamed Sow. Et cela au détriment de l’Union des Mouvements et Association pour le Mali (UMAM), cet autre mouvement politique de soutien à la candidature du premier vice-président du parti, Jeamille Bittar. Où sont donc passé s le ministre-secrétaire général du PDES, Maharafa Traoré et le 2ème vice-président N’Diaye Ba, qui se sont livrés à une guerre sans merci contre Bittar pour avoir osé parrainer une association politique de soutien à son éventuelle candidature à la présidentielle d’avril 2012?

Association jeunesse citoyenne et responsable (AJCR), un mouvement politique de soutien à la candidature du président d’honneur du PDES, Hamed Sow, a été lancée, le dimanche 27 novembre dernier, au Centre international de Conférences de Bamako (CICB) dans une atmosphère de campagne électorale avec comme slogan favori "Hamed Sow, l’homme de la situation", appuyé par un diaporama savamment mis en scène.

Face à cette situation, la direction du parti a cautionné cette pratique, au lieu de déclencher une procédure disciplinaire contre les initiateurs de cette association politique à savoir l’AJCR et son parrain Hamed Sow, président d’honneur du PDES. Comme ce fut le cas avec l’Union des Mouvements et Associations  pour le Mali (UMAM), cette autre association politique de soutien à la candidature de Jeamille Bittar.

Le même motif évoqué dans le cas de l’UMAM est valable pour l’AJCR à savoir "l’implication dans la création d’une association en vue de soutenir une candidature autre que celle du parti et participation à la conception et à l’organisation du meeting de lancement de ladite association, tenu le 22 octobre 2011, au Palais de la culture, en dépit des directives contenues dans la lettre circulaire n°001/10/11 CDN-PDES", signée du Secrétaire général du parti, le ministre de la justice, Maharafa Traoré.

Au lieu de cela, le président du parti, Ahmed Diané Séméga s’est personnellement déplacé au CICB afin de rehausser l’éclat de la cérémonie. Même s’il a apporté un démenti cinglant à une légende très souvent répandue qui présentait  Hamed Sow comme le géniteur du Projet de Développement Economique et Social (PDES) sur la base duquel le président ATT a rempilé à la tête de l’Etat du Mali en 2007. Dans une réplique publique assez courtoise, mais très ferme à Mme Bello Rokia, Coordinatrice de l’ACJR, Ahmed Diané Séméga a soutenu que "Hamed Sow n’est pas le géniteur du programme PDES". Avant d’ajouter que ce titre ne revient qu’au président ATT qui en est son véritable concepteur.

Le silence coupable de Maharafa Traoré

Face aux images du lancement de l’ACJR relayées par l’ORTM, nombreux sont les observateurs de la scène politique qui se sont posé la question de savoir où se trouve le ministre-secrétaire général du PDES, Maharafa Traoré. Lui qui, à travers une lettre circulaire, n’a pas hésité à intimider les militants du parti à ne pas participer au meeting de lancement de l’UMAM, le 29 octobre dernier.

Les mêmes consignes ont été données aux militants PDES de Ségou lors du lancement de ladite association, le 19 novembre dernier. Elles seront, sans doute, également données, le 11 décembre prochain pour le meeting de lancement de l’UMAM à San, la ville natale de Jeamille Bittar.

Le silence du Secrétaire général du PDES, Maharafa Traoré, est incompréhensible et jette un sérieux doute sur son impartialité et sa crédibilité. Et, cela est d’autant plus inquiétant quand on sait que c’est le même Maharafa Traoré qui assume les lourdes charges de ministre de la Justice.

 

A l’instar de Maharafa Traoré, le silence du deuxième vice-président du parti, N’Diaye Ba est tout aussi incompréhensible. Lui qui, en violation de la hiérarchie au sein du parti, a osé convoquer son chef Bittar (premier vice-président) devant la Commission ad-hoc de discipline sous des prétextes fallacieux : "Implication dans la création d’une association dénommée Union des Mouvements et Associations pour le Mali (UMAM) en vue de soutenir une candidature autre que celle du parti et participation à la conception et à l’organisation du meeting de lancement de ladite association, tenu le 22 octobre 2011, au Palais de la culture, en dépit des directives contenues dans la lettre circulaire n° 001/10/11 CDN-PDES". Des pratiques considérées, au sein du parti, comme une violation grave des statuts et règlement intérieur, alors qu’au PDES, on évite la question sous prétexte d’offusquer le président ATT, guide spirituel du parti. 

Ainsi, pourquoi Hamed Sow n’a-t-il pas connu les mêmes hostilités que Bittar au sein du PDES pour avoir parrainé une association politique de soutien à son éventuelle candidature pour la présidentielle d’avril 2012 ?  

Le fair-play politique de Bittar apprécié au PDES

S’il y a une présence qui a surpris plus d’un lors du lancement de l’ACJR, l’association politique de soutien à la candidature du président d’honneur du PDES, Hamed Sow, le dimanche 27 novembre dernier, au CICB, c’est bien celle de Jeamille Bittar, premier vice-président du parti, potentiel concurrent, pour ne pas dire adversaire politique de taille et d’Ahmed Diané Séméga et d’Hamed Sow pour la candidature du parti à la présidentielle d’avril 2012. La présence de Jeamille Bittar aux côtés de Hamed Sow, parrain de l’association et d’Ahmed Diané Séméga, a été considérée comme un fair-play politique fortement apprécié par les militants du PDES, qui ont salué la grandeur d’esprit de l’enfant terrible de San toro ni karantéla. Toute chose qui devra doper son aura au sein du parti et peut-être au sein de l’opinion publique.

Alassane DIARRA

 

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