Entrenous: Code des personnes et de la famille Pourquoi le sursis est nécessaire

0

‘’ La Commission des Lois constitutionnelles, de la Législation, de la justice et des institutions de la République a été saisie pour l’étude au fond du dépôt 2009-39/4L portant Code des Personnes et de la Famille.

A titre de rappel, le projet de code des personnes et de la famille, adopté le 03 août 2009, a été renvoyé à notre Auguste Assemblée pour une seconde lecture. C’est ainsi qu’une commission ad hoc comprenant l’Assemblée Nationale et les membres du Haut conseil islamique a été mise en place le 22 juin 2010 pour examiner les dispositions qui ont fait l’objet d’incompréhension. Pour parvenir à un texte véritablement consensuel, la Commission des lois doit, conformément à sa méthodologie de travail, concerter les confessions religieuses, les membres de la société civile et le gouvernement.
N’ayant pas eu le temps matériel d’épuiser toutes ces consultations et fortement préoccupée par l’obtention d’un compromis autour du projet de code des personnes et de la famille, la Commission  des Lois constitutionnelles, de la législation, de la justice et des institutions de la République demande le renvoi de l’examen dudit projet de loi à une prochaine session de l’Assemblée Nationale’’
C’est par ce rapport de renvoi, signé par la très respectable présidente de la commission des Lois constitutionnelles, de la Législation, de la justice et des institutions de la République, Mme Camara Saoudatou Dembélé, que l’Assemblée Nationale a renvoyé le très controversé code des personnes et de la famille à une prochaine session. Comme quoi, nos honorables élus de la nation se veulent prudents. Et très prudents.

En effet, le 23 juin dernier, la salle Modibo Keïta de l’hémicycle était quasi- déserte. De nombreux élus avaient tenu à boycotter la plénière par peur de représailles. De qui ? Allez-y les demander ! Seulement voilà : le compromis intelligent que les députés ont négocié avec les représentants du Haut conseil islamique du Mali dérange les organisations féminines et autres associations de défense de droits de l’homme qui estiment que le projet a été vidé de toute sa substance.

Dans le contexte actuel marqué par l’absence de tout consensus sur le projet, il est préférable, voire sage pour notre pays, de laisser ce projet en sursis. Donner le temps au temps pour préparer les esprits. Cela prendra le temps nécessaire qu’il faut. A quoi sert d’adopter un texte mal compris ? Ce n’est pas pour rien que le président Alpha Oumar Konaré a sagement caché le document dans son tiroir.

En août 2009, en amont et en aval de l’adoption de ce texte par les locataires de Bagadadji, les services spéciaux, entretenus pourtant à grands frais à la douleur du contribuable malien, ont failli à l’une de leurs missions essentielles, c’est-à-dire proposer des mesures d’anticipation pour prévenir une telle situation. Heureusement la sagesse du président ATT, que certains assimilent à une fébrilité ou faiblesse de son régime, a permis à notre pays d’éviter une crise sociale sans précédent. A l’époque, si le pouvoir et ses services spéciaux avaient sous-estimé la capacité de mobilisation des organisations et associations islamiques, ils ne doivent pas perdre de vue que notre pays entre dans une période extrêmement délicate pour notre jeune démocratie. Ah, oui, ‘’ C’est normal, il faut le dire’’. Il y a des élections à préparer sans oublier les réformes constitutionnelles si chères à Amadou Toumani Touré.

On assiste à une politisation excessive de la religion dans notre pays. Des associations religieuses sont devenues des mouvements politiques de contestation. Dans ce contexte, des éléments subversifs peuvent chercher à établir une connexion dangereuse et malveillante entre le code et les réformes constitutionnelles en cours, avec, en ligne de mire, une révision de la Constitution du 25 février 1992.
Donc, il ne faudrait plus donner à quelques énergumènes manipulés par des aventuriers politiques l’occasion de manipuler la conscience de nos compatriotes sur cette affaire de code. Car, à défaut de leur tenir un langage de fermeté, les députés devraient garder le silence qui, seul est grand’’, tout le reste étant faiblesse.

PARTAGER